Cap-Sénégal

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Les finales de tennis


Pat Cash - 16/4/2021

Le Club le plus célèbre de tout Cap Skirring et de toute la Méditerranée a organisé les finales de son tournoi de tennis dans les infrastructures d’Espace Sport Cap-Sénégal (c’est trop d’honneur, merci !)
Les amateurs de raquettes et moi-même (qui suis également amateur de roquette dans un saladier d’argent), s’étaient déjà régalés du show “à l’américaine” proposé par les moniteurs de tennis lors du match-exhibition en journée d’ouverture du tournoi.
La centaine d’enfants participants accompagnés par quelques (trop rares) parents avaient assisté à ce premier événement.
Un mois plus tard, ils s’étaient tous donné à nouveau rendez-vous dimanche 11 avril pour encourager les finalistes des différentes catégories (débutants, confirmés et stars).
De but en blanc, on peut affirmer que les débutants ont fait de bons débuts. Cela s’est confirmé avec les confirmés. Mais ce sont surtout les stars, Jean-Philippe et Sylvanis, qui ont brillé avec une finale du niveau d’un Federal-Nader à Flushing-Garros.
Un duel de costauds qui ponctuaient chaque lourde frappe d’un souffle ahanant…
Coup-droit de Jean-Philippe :
— Eh-EEEEhhhh !
Revers de Sylvanis :
— Ah-AAAAhhhh !
“Eh-EEEEhhhh - Ah-AAAAhhhh” leur renvoyaient de jeunes spectateurs narquois.
En s’appuyant sur un service aussi puissant qu’une explosion nucléaire flashée à 299.792.458 m/s (vitesse de la lumière), Jean-Philippe, dont la coiffure ressemble aussi à une explosion nucléaire sur sa tête, est venu à bout d’un très accrocheur Sylvanis sur le score de 6-4 / 6-4… ce qui fait donc un.
Je sèche en math ?
6-4 = 2 et 2 / 2 = 1…
Jeu, set et match !

Tennis à Cap-Sénégal

Tournoi de tennis

Jean-Philippe le vainqueur

Bananes vs. Poules


Pat Bolo - 12/4/2021

Samedi dernier, Banana Split a culbuté la Poule de Boucotte.
Réfrénez tout de suite vos arrières pensées lubriques car derrière cette introduction, qui pourrait faire référence à un film d’après-minuit sur Canal+, se cache une de nos dernières inventions : une Journée Olympique, organisée par notre sympathéquipe, qui a vu s’affronter bosseurs et boss de ces deux symbiotiques associations établies en plein coeur du village de Boucotte, situé à quelques encablures de Cap Skirring.
Bien entendu, il n’était pas vraiment question de rencontres de haut-niveau (du moins du point de vue sportif car pour ce qui était de la bonne humeur et de l’ambiance, on atteignait les sommets) mais plutôt d’organiser un événement de type “Team Building” afin de resserrer les liens entre les personnes collaborant à :
- La bananeraie “Banana Split” qui produit et distribue bananes, fruits et plantes cultivés en permaculture (100% bio) > http://www.banana-split.bio/
- La Poule de Boucotte qui vend des poulets fermiers élevés en plein air et des oeufs de qualité bio > Facebook : Pouletdeboucotte
A l’issue d’une journée particulièrement chargée en épreuves sportives (une grande première pour de nombreux participants), les “Banana Fighters” ont vaincu les “Chicken Warriors” sur le fil en renversant la situation au terme de l’ultime discipline : un homérique match de foot qui vit les futurs vainqueurs menés et malmenés pendant la moitié du match.
Voici quelques photos-souvenirs de cette belle Journée Olympique…

J.O. Beach-Volley

J.O. Squash

J.O. Le public découvre le squash

J.O. Tennis

J.O. Natation

J.O. Pétanque

J.O. Ping-Pong

J.O. Basket

J.O. Football

J.O. Les équipes de Banana Split et de La Poule de Boucotte

J.O. Banana Split soulève le trophée du vainqueur

C'est pas un peu fini à la fin ?


Pat Brapatchocolat - 8/4/2021

Tout a une fin.
Le début a une fin, une journée aussi, une semaine (c’est le weeeek-end !), un mois, les vacances, une carrière, une vie, les temps, le monde, le mot, des haricots, le tourisme balnéaire à Cap Skirring, les pandémies.
Tout a une fin.
Donc, fin de l’histoire !…
(silence)




(silence)




Naaan, j’décooonne !
Car nous ne sommes pas finis. Entendons-nous bien, je parle de l’être humain en général, hein… pas de Marie et moi.
Ou plutôt, entendons-nous rien, puisqu’on demande aux êtres humains de s’enfermer, de la fermer et de fermenter dans le ferme sentiment qu’on nous prend pour de la volaille de ferme !
Ce n’est pas un problème pour moi car ma patience est infinie, surtout quand il s’agit de sortir de mon lit… même si comme dans cette phrase, je saute du coq à l’âne (de la volaille au sot du lit).
Il est vrai qu’il est plus facile de rester zen par rapport à la situation actuelle lorsqu’on vit au fin fond du Sénégal au moment même où la plupart des habitants de la planète doivent rester confinés chez eux.
Certes, il n’y a quasiment personne à Cap Skirring mais le virus n’y circule pas non plus.
On peut encore se balader sans masque, serrer des mains, donner des bisous à celles ou ceux qui l’acceptent (enfin, plutôt celles dans mon cas), ne pas se faire regarder de travers quand on tousse et on peut même se réunir en groupe… du moins, s’il y avait un peu plus de monde (parce qu’il n’y a quasiment personne à Cap Skirring… mais je crois vous l’avoir déjà dit).
Ici, on profite encore d’un climat extra-doux, on nage dans la mer ou dans la piscine, on fait du sport à gogo, on mange pour moins de 7 € dans les restaurants du coin, on fait la fête au village quand quelqu’un naît, se marie ou meurt, on assiste à des concerts live sur la plage, on regarde un chouette film tous les lundis soir au cinéma de Cap-Sénégal.
La vie, quoi ! Alors que vous, dans le reste du monde, mettez le présent en pause et craignez autant l’avenir que la mort.
Vu du fin fond du Sénégal, on dirait que l’humanité coule aussi lentement mais sûrement que le Titanic et qu’on demande à tous les passagers de rester confinés dans leurs cabines en attendant que l’équipage donne l’ordre de monter sur le pont pour avoir accès aux canots de sauvetage.
En sachant bien que tout le petit personnel (moi, toi, lui, elle) sera sacrifié. Seuls quelques gros possessifs (nos, vos, leurs) échapperont au naufrage !
Ou bien alors, vous attendez que l’orage passe.
Patience, patience disent nos voleurs…
Mais vous qui n’en voyez pas la fin n’êtes plus aussi patients que moi.
Si vous en avez marre d’attendre, le seul petit conseil que je me permets de vous donner est de laisser tomber le côté obscur de cet univers carcéral et de nous rejoindre à Cap-Sénégal. Vous y serez chaudement accueillis puisqu’il n’y a quasiment personne à Cap Skirring (Quoi ?… Je l’ai déjà dit ?… Vous êtes sûr ?)
Mais non, ce n’est pas possible parce que “les voyages non-essentiels sont interdits“ vous expliquent les fonctionnaires qui collaborent avec nos voleurs.
Ah ouais ? Et depuis quand se déplacer n’est plus essentiel dans la vie des êtres humains ?
Si vous hésitez toujours à bouger pour faire face à cette tyrannie infantilisante du risque zéro que nos voleurs imposent, je pense que vous n’avez pas fini de déprimer ni moi de patienter vu qu’il n’y aura toujours quasiment personne à Cap Skirring (Hein ?… Mais non, je ne rabâche pas… C’est l’écho des savanes !)>

L'important est de participer


Pat Inageartistick - 22/3/2021

L’important étant de participer (devise Olympique), nous avons invité vendredi dernier la Fondation Club Med, renforcé par Casamasanté et La Casamançaise (qui nous a gracieusement ravitaillé en bouteilles d’eau minérale), à participer aux J.O. de Cap Skirring.
J.O. comme Journée Olympique, et pas comme Jeux Olympiques bien entendu, puisque ceux-ci auront lieu à Tokyo… en espérant qu’ils ne se fassent pas couler par une vague pandémique supplémentaire liée à l’introduction du surf en tant que nouvelle épreuve admise au programme.
— “Car ces p§/+$∞¿ de b*%@^ de m¨£#! de versatiles variants de virus varient vraiment vite” vocifèrent virilement de virulents virologues en découvrant que le variant anglais traversait la manche quand on toussait dans le coude !
L’objectif de notre association “Espace Sport Cap-Sénégal” était de présenter le déroulement d’une journée-type à de potentiels partenaires régionaux en vue d’obtenir leur soutien dans la mise en place d’activités sportives pour des enfants.
Une compétition pour du beurre donc, mais avec à la clé un magnifique trophée en bois, sculpté de main de maître par Mamady à qui nous décernons la médaille d’Art.
A l’avenir, ces Journées Olympiques verraient s’affronter des sélections d’enfants d’une localité aux enfants d’une autre pour disputer, avec sportivité et dans une bonne ambiance (nous l’espérons du moins), les compétitions suivantes dans le stade de Cap-Sénégal :
- Natation
- Beach-Volley ou Net-Ball pour les plus petits
- Squash
- Ping-Pong
- Pétanque ou Golf (… pas la voiture, le sport !)
- Tennis
- Basket
- Football
Les enfants locaux pourraient ainsi avoir une large vision des possibilités sportives qui s’ouvrent à eux et se faire une meilleure idée de ce qu’ils aimeraient développer plus tard (en même temps que leurs tablettes abdominales qui font la fierté de nombreux sénégalais adultes, alors que les toubabs adultes se satisfont plus modestement de mousse abdominale !)
Même si quelques adeptes sportifs diffusent une image négative de hooligans ingurgitant des pots et régurgitant des rots, le sport enseigne avant tout des valeurs positives telles que l’équité, le travail d’équipe, l’égalité, la discipline, le respect et la persévérance. Et qui plus est, il rend intelligent, car dans “culture physique”, il y a “culture” et il y a “physique” comme disait Einstein, ce physicien par ailleurs très cultivé.
Mettre en place un projet nécessite aussi un budget, car il faudra bien prendre en charge le transport, les repas et l’encadrement des enfants pendant toute une journée.
Si vous aussi, dans un élan de générosité aussi élevé qu’un saut de Tia Hellebaut en 2008, souhaitez nous aider à faire de ces mini-Olympiades (de Cap Skirring) un projet pérenne (de Cabrousse), envoyez un mail à en indiquant que vous allez participer en donnant du matériel sportif (ballons, balles, raquettes, chaussures de sport, etc.) ou du matériel matériel (des soussous, quoi) en précisant le montant de votre choix - même modeste puisque l’important est de participer (devise Olympique). Dans ce cas, vous recevrez ensuite une demande via Paypal qui n’a rien à voir avec une boîte de pâtée pour chiens, mais qui se rapproche plutôt d’une banque en ligne permettant de verser vos soussous dans la devise (Olympique) de votre choix au moyen de votre carte de crédit, même si vous ne possédez ni compte Paypal ni chiens.
Parce que la solidarité est aussi une valeur Olympique… En effet, si ta jambe droite est solidaire avec la gauche, Citius, Altius, Fortius* tu seras !

* Plus vite, plus haut, plus fort (devise Olympique).

Beach-Volley à Cap Skirring

Ping-pong à Cap Skirring

Repas de groupe pendant la Journée Olympique de Cap-Sénégal

Honte sur nous


Pat Tankonaivivan - 15/2/2021

Pour que les chiffres du connardevirus puissent enfin baisser, puisqu’on vous a bien fait comprendre que vous n’êtes finalement qu’une petite statistique au milieu d’un vaste monde rempli d’experts supérieurs à vous et qu’eux savent comment faire pour rabaisser les statistiques, vous voilà obligés depuis des mois à rester en pris… à la maison, avec votre conjoint qui, à force de rester tout le temps enfermé en sa compagnie, vous semble de plus en plus con et de moins en moins joint.
A statistiques statiques, directives imposées : si vous ne les suivez pas, vous le payerez quand même parce que quand on est imposé, on finit toujours par devoir payer !
Parmi ces directives, il y en a une qui nous concerne directement : finies les vacances, il est interdit de voyager !
Honte sur nous, car pendant cette période, Marie et moi avons pris douze jours de vacances au soleil, à l’étranger.
“Wé mais bon…” nous direz-vous avec cet accent qui fleure bon le terroir et qui vous caractérise si bien, “… z’êtes toute l’année en vacances, au soleil, à l’étranger !”
Ce n’est pas tout à fait exact parce qu’on travaille quand même un peu à Cap-Sénégal, et qu’on n’y est en tout cas pas en tant que touristes, même si on pourrait toujours débattre de ce sujet avec les gens du terroir qui prétendraient le contraire.
Marie et moi nous sommes donné rendez-vous à l’aéroport de Dakar, même jour, même heure, même porte…
Une fois la porte ouverte et ma femme libérée (qu’il ne faut pas laisser tomber parce que c’est pas si facile de l’être), nous sommes sortis de l’aéroport héler un taxi (les taxis de l’aéroport, on les hèle, ainsi que le suggère la pub Red Bull… et puis d’ailleurs hèle-là Ella hou-hou-hou-hou hou hou-hou, ainsi que le psalmodie Sitting Bull !)
Les ohé ohé capitaines abandonnés ont mis les voiles loin de Cap-Sénégal : cap sur Saly Portudal, station balnéaire de la Petite-Côte à 80 km de Dakar où j’avais réservé, honte sur moi, un séjour royal à l’hôtel “Royal Saly“.
Le village de Saly est, comme le village de Cap Skirring en ce moment, déserté par les habituelles légions de touristes, obligées de rester en pris… à la maison.
Seuls quelques irréductibles “Sénégaulois“ résidents résistent encore et toujours à l’envahissant virus.
Honte sur nous, car malgré l’ambiance anxiogène des actualités et l’évolution dystopique de notre civilisation, nous nous sommes bien plu dans ce palais “Royal” en compagnie du gratin du gotha vivant dans un gai ghetto.
Honte sur nous, car nous avons goûté de savoureux moments de détente et de loisirs dignes des plus belles vacances d’avant la troisième guerre mondiale que ce connardevirus nous a déclarée voici un an.
Honte sur nous, car nous avons fait travailler le personnel chaleureux et souriant de l’hôtel, prêt à se couper en quatre pour satisfaire les moindres caprices (c’est fini) de rares touristes, alors que la raison des experts leur imposerait plutôt de rester enfermés chez eux en combinaison étanche pour éviter de faire remonter les statistiques pandémiques à cause de notre lamentable insouciance.
Honte sur nous, car nous avons traversé des zones rouges qui, par chance pour nos amis de Casamance, ne recensent quasi aucun malade du corona… mais attention, ces zones sont quand même dangereuses parce que les experts ne se trompent jamais.
Honte sur nous, car en ne restant pas enfermés en pris… à la maison pour partir à l’étranger, nous allons à l’encontre des exigences des experts et devenons de vils complotistes que nos voisins doivent s’empresser de dénoncer pour nous faire envoyer à la mais... en prison.
Honte sur nous, car nom de nom, nous ne regrettons rien de rien.
Honte sur nous, car nous avons même pris des photos de notre forfait (all inclusive)…

Coucher de soleil à Saly

Saly plage

Piscine de l'hôtel Royal Saly

Restaurant de l'hôtel Royal Saly

Bar de l'hôtel Royal Saly

Petit tour d’horizon en photos


Cat Pat - 2/2/2021

A Cap Skirring en ce début d’année 2021, il n’y a pas de coronavirus mais, avec la fermeture du Club Med, il n’y a pas de touristes non plus.
Les plages sont vides. Les hôtels sont vides. Les restaurants sont vides.
Et pour la plupart des villageois qui vivent du tourisme, les poches sont vides aussi.
Heureusement, de vie, la nature est pleine.
D’étoiles la nuit, le ciel est plein.
Et de belles images de Casamance, la tête est pleine.
En voici donc quelques-unes de Cap-Sénégal qui rappelleront des souvenirs à tout ceux qui y sont passés pour qu’ils puissent, de nostalgie, faire le plein….

Piscine vue de l'escalier

Piscine de Cap-Sénégal

Bananeraie face aux chambres

La nouvelle pizzeria devant le bar du Sassanbon

Terrasse devant les chambres la nuit

Solarium de Cap-Sénégal la nuit

La plage de Cap Skirring

Fin de jour à Katakalousse

Mariage-express


Pat Rémoral - 26/12/2020

Du temps d’Obélix, les Romains étaient fous. De nos jours, avec la pandémie, c’est le monde entier qui est fou...
Je vais encore vous raconter un truc qui sort tellement de l’ordinaire que vous allez peut-être croire que mon ordinateur a été infecté par un virus inconnu et qu’il faut le confiner de toute urgence avant que je ne m’en débarrasse sur le marché des pangolins à Wuhan !
Alors voilà… Il était une fois, l’histoire d’un belge… bon, c’est vrai que là, des français vont encore se gausser du terme “une fois” lié aux histoires belges et il faudrait donc que ma phrase débute par autre chose.
Il était une frite… non, ça ne va pas non plus !
Il était un petit navire... oui, c’est ça, un petit navire qui n’avait jamais navigué et qui coula avant de prendre l’eau.
Il était un naufrage...
Il était un mariage.
Signe des temps mondialisés, lui vivait en Belgique et elle au Sénégal.
Signe des temps virtuels, ils s’étaient croisés sur Facebook, où la vie est si facile qu’il suffit de cliquer sur un bouton pour aimer et partager.
Ils ne s’étaient jamais vus dans la vie réelle et avaient malgré tout décidé de se marier à Cap Skirring. Aussi simplement qu’un clique de bouton Facebook.
Lui sans rien connaître de sa future femme et de l’Afrique et elle sans rien connaître de son futur mari et de l’Europe.
Sans rien connaître de leurs histoires, de leurs familles, de leurs goûts, de leurs croyances, de leurs coutumes, de leurs désirs, de leurs espoirs.
Se forgeant des volutes de convictions au travers de quelques conversations échangées sur ces fumeux réseaux sociaux qui grillent les esprits comme des Gauloises sans filtre ou des Sénégauloises sans flirt.
Il envoie de l’argent pour les besoins de la famille de sa future épouse qui lui promet monts et merveilles en retour, puis s’envole de Bruxelles et arrive à l’aéroport de Dakar où elle l’attend.
Signe des temps grouillant de fausses informations, il croit débarquer sur le continent de la débrouille où la vie ne coûte rien.
Signe des temps regorgeant de manipulations d’opinions, elle croit qu’il débarque avec une valise remplie de billets de banque tombés du ciel et ramassés à la pelle comme les feuilles mortes signées Montand.
Mais il ne lui reste que quelques euros pour rallier Cap Skirring dans le nuit du vendredi au samedi, après avoir cuit pendant des heures à l’intérieur d’un inconfortable four et taxi.
Le mariage est programmé lundi matin à la mairie de Diembéring.
Dimanche soir, coup de théâtre : la future mariée sort de la chambre, une valise à la main, et prévient qu’il n’y aura pas de mariage. “Quelle honte ! Je n’ai jamais vu un toubab qui arrive avec 17 € en poche pour se marier. Il va me payer ça“, crie-t-elle à la cantonade.
Lundi matin, le marié a sans doute payé ça d’une manière ou d’une autre, puisque les ex-futurs mariés se retrouvent tout de même devant le maire de Diembéring, devenant ainsi des ex-futurs mariés néo-mariés, si vous me suivez bien.
Lundi soir, une fête est organisée au restaurant Sassanbon en compagnie d’une trentaine d’invités. Comme il n’y a ni argent, ni quoi, ni caisse, les justes noces se convolent à crédit.
Mardi matin, “après la fête, la défaite”, comme dirait Mamady le philosophe : ceux qui ont prêté de l’argent pour le mariage viennent dare-dare réclamer le remboursement des dettes, des intérêts desdites dettes et des dédommagements dus de la dot. Les “d” sont jetés et il s’avère ‘ur et ‘ifficile de rembourser qui que ce soit, dès lors que les paiements à l’international n’ont pas été activés dans la banque belge du mari juste avant son départ.
Les prêteurs enragent et menacent de porter l’affaire à la gendarmerie. La mariée fulmine et veut lancer des cailloux à la figure de son époux qui envisage de les intercepter à l’aide d’une raquette de tennis. Mais elle doit viser sous la ceinture car le mari crie pour qu’on arrête de lui casser les c… On vire au règlement de compte à OK Corral / Cap-Sénégal.
Il n’est plus question d’amour. On ne parle plus que d’argent. Cygne d’étang : les cygnes prennent l’eau quand l’étang pète !
Les ex-futurs mariés néo-mariés veulent à présent divorcer. Les ex-futurs mariés ex-néo-mariés néo-séparés tentant probablement d’établir un double nouveau record du monde : celui de l’union la plus courte et celui de la locution mariant “ex” et “néo” la plus longue.
Comme quoi, lorsqu’il y a tension, c’est à nouveau de longueur des ex qu’on parle !
Mais l’histoire s’allonge elle aussi, alors que chacun sait pourtant bien que les plus courtes sont les meilleures...
Quand ce couple belgo-sénégalais particulier se sépara pour vivre chacun de son côté, il fut aussitôt remplacé par un couple sénégalo-britannique, tout aussi singulier, qui ne mit pas plus d’une journée à s’engueuler. Lorsque la femme jeta dans la piscine les affaires de son mari, celui-ci la boxa en retour et il fallut faire preuve de sang-froid pour jouer les arbitres. Afin d’éviter encore une fois le chaos, et même le KO à OK Corral / Cap-Sénégal, comme il n’y avait pas de clients, on fit refroidir le sang chaud de Cassius Clay en lui remettant les clés d’une seconde chambre gracieusement offerte par la maison pour sauver son mariage. Le lendemain, sans rien dire à personne, le boxeur fit tout aussi généreusement don de nos Cassius… euh non… de nos clés à un de ses potes qui resta loger à l’oeil (au beurre noir) la nuit suivante.
Pendant ce temps, monsieur réintégrait le nid familial pour que madame lui pardonne son coup... en le tirant probablement... ou en justifiant que tout vient à poing à qui est sa tendre !
Des pains et des jets (de pierre). Quel cirque ! Rome antique !
La morale de cette histoire est qu’elle est plutôt amorale cette histoire...

La priorité, c'est la santé...


Pat Riot - 18/9/2020

Novembre 2020 marque le début d'une nouvelle saison touristique à Cap-Skirring en Basse-Casamance.
Mais ce qui a marqué 2020, c'est le début d'un nouvel horizon épidémique à Cap-la-Terre en Galaxie-les-Étoiles.
Alors, où en est-on maintenant avec ce coro%§*&∞!¿rus qui nous sort par tous les ports et aéroports ?
Mi-juillet, nous étions retournés en Belgique pour un petit trimestre, le temps de vérifier qu'il restait encore quelques personnes debout dans ce monde de malades... avant de retourner au Sénégal vérifier si tout le monde n'est pas couché en attendant que nous revenions de ce monde de malades.
Et force est de reconnaître qu'il n'est pas simple de voyager en ce moment. Les frontières étant tétanches (c'est tentêtant), seuls quelques vols de rapatriement restent topérationnels.
Heureusement, nous avons pu trouver une place sur un vol Brussels Airlines, la compagnie belge, juste au moment où Lufthansa, la compagnie allemande qui venait de racheter Brussels Airlines, menaçait de laisser tomber la compagnie belge si le gouvernement belge n'intervenait pas dans le renflouage des caisses de la compagnie allemande. Hein ? Mais c'est du vol ?! Ben, oui... A 30.000 pieds d'altitude le vol de ligne !
Un transporteur aérien qui menace de laisser tomber ses passagers pour offrir un parachute doré plus conséquent à ses actionnaires, voilà encore une belle leçon de morale financière bien révélatrice de notre temps !
L'État belge a payé. On ne nous a donc pas largué de 30.000 pieds. Et nous voilà à Bruxelles-les-Masques.
Masqués. Démasqués. Remasqués. Remarqués quand on ne portait pas de masques. Marqués quand nous étions démasqués. Soldés quand nous étions démarqués. Solidaires avec ces quelques solitaires masqués qui se démarquent en faisant les soldes.
Et pour courser l'ambiance et réchauffer l'audience, les journaux télévisés belges nous noient chaque jour de statistiques en balançant les bilans déprimants de l'OMS. Les journalistes deviennent des comptables et les êtres humains deviennent des chiffres (seul avantage : au moins, les chiffres ne mentent pas !)
Cette pandémie tue l'humanité et mue la société en développant le virtuel à grande vitesse : visioconférence, cours à distance, commerce en ligne... et on l'accepte parce que la priorité, c'est la santé.
L'isolement devient une norme. Mieux vaut rester chez soi. On ne peut plus s'embrasser/se toucher et il faut garder une certaine distance parce que la priorité, c'est la santé.
Comme il est interdit à bon nombre de travailleurs de travailler, les gens n'ont plus d'argent. Mais le monde se fout bien des petits problèmes matériels parce que la priorité, c'est la santé.
Il est interdit de se réunir... à moins d'être séparé (ce qui est contradictoire avec l'idée même d'une réunion) et de porter un masque (ce qui ne s'avère pratique que dans le cadre d'une marche silencieuse) parce que la priorité, c'est la santé.
Tous les États s'endettent bien au-delà du raisonnable, sur le dos du contribuable actuel et sur le dos des générations suivantes, parce que la priorité, c'est la santé.
On nous impose des visites médicales, des analyses coûteuses, des tests invasifs et bientôt des vaccins obligatoires (peut-être fabriqués par ceux-là même qui sont à l'origine du virus) parce que la priorité, c'est la santé.
Et ceux qui pensent que seuls l'OMS, les GAFA, les services de sécurité, les puissantes multinationales, les pouvoirs politiques, les labos pharmaceutiques et les spéculateurs tirent profit de notre santé si prioritaire, sont catalogués “visionnaires” par les uns, “complotistes” par les autres.
Bref, si on n'est pas malade du virus, on le devient vite d'autre chose parce que la priorité, c'est la santé.
Courage !... Fuyons !
Il est temps de revenir à Cap-Skirring. Là-bas, il n'y a pas encore de crise sanitaire. “Pourvou que ça doure” comme disait la mère de Napoléon et ce distributeur italien de préservatifs dont j'ai oublié le nom !
Cela ne nous pose pas trop de problèmes pour y aller puisque nous résidons et travaillons là-bas : un petit passage à l'ambassade de Sénégal à Bruxelles pour recevoir un laisser-passer et un petit test anti-Covid, on peut le faire les deux doigts (ou les écouvillons) dans le nez !
Malheureusement, pour tous les amis qui veulent nous rejoindre en vacances à Cap-Sénégal, c'est plus compliqué à l'heure où tous les pays ont à nouveau recours au profilage discriminatoire en attribuant des zones de couleurs aux uns et aux autres.
Compte tenu du fait que la Belgique place le Sénégal en zone rouge, alors qu'il y a là-bas 30 fois moins de décès liés au coronavirus (???), en interdisant l'arrivée sur le sol belge de voyageurs venus du Sénégal, ce dernier applique le principe de réciprocité et interdit aux voyageurs belges d'y aller aussi longtemps que la mesure restera en place.
Mieux vaut donc attendre avant de réserver quoi que ce soit pour venir boire l'apéro avec nous au bord de la piscine... Nous, on y sera puisque nous sommes prioritaires mais, soyez rassurés, on lèvera notre verre à votre santé !

A l'eau


Pat Allo - 25/6/2020

Ça y est, on se déconfine peu à peu...
Il y a de plus en plus de coronavirés dans le monde, mais finalement, plutôt que d'emprisonner la population mondiale à double tour et à domicile, on nous dit d'accepter de vivre avec ce nouveau fléau sorti d'on ne sait quelle machiavélique manipulation en laboratoire ou d'on ne sait quelle mutation virales de crottes de chauves-souris dans le tube digestif d'un pangolin puis dans l'appareil respiratoire d'un chinois qui, sans paraître condescendant avec leur très réputée cuisine, s'avèrerait vraiment capable de bouffer n'importe quoi quand on voit à quoi ressemble un pangolin.
Le coronavirus aura fait le buzz planétaire durant trois longs mois, alors qu'à côté de ça, des gens continuent à mourir de maladies cardiaques, d'AVC, de cancer, de diabète, de tuberculose.
A mourir à cause d'une mauvaise alimentation, d'abus de tabac ou d'alcool.
A mourir à cause de la guerre.
Et maintenant à mourir de peur en restant (en)terrés chez eux.
On prend vraiment les gens pour des nazes mais il faut aussi dire que tout se met en place pour qu'on le devienne...
Car comment arriver à démêler le vrai du faux quand nous sommes assaillis d'informations qui courent dans tous les sens et qui se contredisent sans cesse ? Comment distinguer l'info de l'intox ? Le bon grain de l'ivraie ? Le faux du vrai ? L'info de l'ivraie ?
A la télé, on dit blanc. Sur Facebook, on dit noir. Le professeur Raoult dit vert chloroquine. Et l'OMS voit rouge...
La masse de nouvelles en continu démultipliée par internet écrase toute volonté de discernement. Je ne sais pas vous mais moi, en tout cas, je suis incapable de comprendre et reste obligé d'avancer. Je deviens pareil à une bête de somme qui traîne sans réfléchir son lourd fardeau de charges. Et si la finalité n'était pas de nous rendre plus bêtes que nous sommes ?
Je me vois à présent contraint de faire le tri dans un océan de “vérités” et de “contre-vérités” pour cultiver mon libre arbitre. Et la culture, c'est comme le confinement. Moins il y en a, plus c'est létal !
Avec tout ça, le déconfinement de Cap-Sénégal tourne à la déconfiture !
Après trois mois de haute saison sans rien gagner parce que tout le monde est resté enfermé, on peut enfin rouvrir quand l'hivernage est là, c'est-à-dire pendant six mois de basse saison quand il n'y a plus personne à Cap Skirring et qu'on ne gagne toujours rien.
Autre souci : au moment même où les touristes fuyaient le coronavirus inexistant à Cap Skirring pour se précipiter dans celui bien présent en Europe, la piscine de Cap-Sénégal fuitait sans qu'on arrive à en trouver l'origine.

Tranchées autour de la piscine

Fuites d'eau introuvables

Il faut creuser

Des tranchées ont été creusées de tous côtés sans laisser apparaître de dégâts dans les canalisations. Nos tuyaux sont donc bons (c'est un scoop !) et on a donc cassé le beau coquillé pour des quetsches. Mais dans ce cas, pourquoi le niveau d'eau baisse-t-il aussi fortement chaque jour ? Où s'écoule cette eau ? Mystère !... Sans doute encore un coup de ce foutu maraboutage datant de l'achat du terrain voici 13 ans. Depuis le temps, il pourrait tout de même aussi se déconfiner un jour, celui-là !

Toitures du squash

Dégâts des eaux

Toits effondrés

Et pour ne rien gâcher de l'accumulation de tuiles, celles du toit des squash ont été emportées par une grosse bourrasque de vent et de fortes pluies. Les toutes premières de l'hivernage. Le vent a aussi déchiré nos grandes toiles décoratives autour du resto et de la salle de cinéma et a dévasté les toitures en bambous tressés que Stéphane, Thomas et Serge avaient si patiemment installées.
Il faudra un jour que je règle son compte à l'esprit maléfique qui cherche à nous couler...
Non mais à l'eau, quoi !

Le cinéma dévasté

Il pleut dans le jardin

Boom !


Pat Atras - 11/4/2020

Imaginez...
On est en 2020.
Les gens restent chez eux. Les magasins sont fermés. Il n'y a plus d'avions dans le ciel. Les mains n'ont jamais été aussi propres.
Le monde entier est à l'arrêt.
Un adversaire invisible nous attaque et la seule réponse qui vient d'en haut est : “tous aux abris !”
Nage-t-on en pleine science-fiction ?
Hélas, vous ne rêvez pas. Tout ça est bien réel. Le coronavirus est arrivé. Il faut rester cloîtré ou on va tous y passer.
Comme Marie et moi sommes sages et obéissants, nous nous sommes abrités à Cap-Sénégal en refermant la porte derrière nous et en attendant que ça passe.
Et nous voilà reclus à l'intérieur d'un espace de 10.000 mètres carrés avec piscine, bar, restaurant, bibliothèque, cinéma, tv, wi-fi, tennis, basket, volley, foot, squash, ping-pong, pétanque, potagers, bananiers, papayers, 30 degrés, et tout, et tout...
Cela aurait pu être pire comme confinement, nous direz-vous. C'est vrai. On ne se plaint pas. Si ce n'est qu'il manque tout de même une chose... vous !
Ben ouais... Comment profiter d'un petit coin de paradis s'il n'y a personne dedans ? Dieu seul le sait... c'est sûrement pour ça qu'il a créé Adam, Eve, Eden et Messi.
Et surtout, Dieu seul sait combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Un mois ? Deux ? Trois ? Plus ?
Tout ce qu'on sait, c'est qu'il y aura des conséquences à un confinement planétaire forcé : baby-boom, divorce-boom, dépression-boom, faillite-boom ! Ça va sauter un peu partout !
Et pour le Cap-Sénégal-boom, il faudra encore attendre...
Une chose est sûre (boom) : une fois la surprise partie, on sera déconfit. Surtout lorsque la facture nous explosera à la figure.
Les gens resteront chez eux par manque de travail. Les magasins seront fermés par manque de clients. Il n'y aura plus d'avions dans le ciel parce qu'il n'y aura plus de compagnies. Les mains seront toujours aussi propres parce que nous serons tous lessivés !
Si le confinement perdure, le monde se casse la figure et notre paradis se muera vite en enfer.
Mais que faire pour ne pas que tout explose ?
Dans le passé, le monde a essayé le communisme mais il est allé droit dans le mur. Le monde a essayé le fascisme mais il est allé droit dans le mur. Le monde a essayé le capitalisme et cela a bien fonctionné pendant tout un temps, mais aujourd'hui, on s'aperçoit qu'un monde basé sur le marché, la finance et la croissance infinie va s'écraser contre un mur de dettes.
Alors, quand le déconfinement viendra, que restera-t-il comme option autre qu'abattre tous les murs ou tous les maçons ?
Imaginez...
Si on comprenait enfin qu'il n'y a ni paradis, ni enfer.
Si on vivait juste dans le présent.
Imaginez...
S'il n'y avait pas de frontières (ce n'est pourtant pas difficile à mettre en place).
Si on n'inventait plus de raisons de tuer ou de causes pour lesquelles mourir.
S'il n'y avait pas de religion non plus.
Imaginez...
Si tout le monde vivait en paix.
Sans avidité, ni possession.
Sans faim.
Imaginez...
Une fraternité humaine où chacun se partagerait le monde.

On peut toujours dire que ce sont des paroles d'un rêveur et qu'on connaît la musique...
Pourtant, on est capable de réaliser des objectifs concrets avec des “Yoko”... euh, pardon... avec des “Y a qu'à...”
Mais le monde n'a jamais essayé de rendre bien réel le rêve que John Lennon imaginait voici 50 ans.
Or, cela ne demanderait pas d'efforts surhumains.
Y a qu'à :
- Transférer dans l'éducation et la santé ce qu'on dépense pour fabriquer des armes.
- Redistribuer les gaspillages alimentaires afin que chacun puisse manger à sa faim.
- Cesser d'épuiser les ressources précieuses et limitées de notre planète.
- Privilégier la solidarité à l'individualisme, la gentillesse à l'aggressivité, les gens à l'argent.
Mais tout ça, vous le saviez déjà et vous êtes bien tous d'accord, hein ?
— “Oui”
— “Oui”
— “Oui”... répondent en cœur les trois zoufs qui lisent cet article (Marie, vous et moi) !
Alors, pourquoi est-ce que ce monde-là, pourtant à portée de main demain, on ne fait toujours rien d'autre que se l'imaginer ?

Confinement à la piscine

Kinding-Kandab


Pat Hologick - 5/3/2020

Au palmarès des arbres les plus exploités de Casamance, la palme revient sans conteste aux palmiers qui, dans cette région, foisonnent à profusion.
Des graines de palmier, les Diolas extraient l'huile de palme. Cette huile de couleur rouge est fréquemment utilisée dans la cuisine locale. Une cuisine locale qui se prépare rarement dans un local de cuisine, mais plutôt en plein air sous les palmiers et qui, je crois ne vous l'avoir jamais dit, se compose traditionnellement de riz et de poisson ou, à défaut, de poisson et de riz... Même si pour faire la sauce, les Diolas préparent quelques légumes (comme des petits pois par exemple), ils ajoutent de l'huile de palme... Et rient parce que les petits pois sont rouges... On reste dans le traditionnel !
Savez-vous que les graines de palmiers sont aussi décortiquées pour extraire l'huile de palmiste qui est employée dans l'industrie pour fabriquer du savon ? Et bien maintenant, vous savez et nous savons !
Et qu'avec les troncs et les feuilles de palmiers, on fait les toits ?
Et bien maintenant, tu le sais toi !
Et les branches de palmiers sont employées pour construire les palissades qui servent de clôtures.
Et bien voilà une lapalissade pour clôturer !
Comme toujours par ici, rien ne se perd, tout se transforme (et on n'est pas dans la m...)
Mais l'usage ultime du palmier pour le Diola reste le vin de palme (le “bunuk” en langage local) qui se récolte en faisant une incision dans l'arbre et en laissant la sève s'écouler goutte-à-goutte dans des bouteilles en plastique placées sous les entailles. Le liquide glané se révèle boisson sucrée au matin (le “bunukab balélim” destiné aux femmes et aux enfants... les “klettes”, quoi !) avant de fermenter et de s'alcooliser au soir (le “bunukab bankum” pour les mecs, les vrais !)
Le breuvage obtenu est reversé dans un pot en terre cuite appelé “Kinding” afin de pouvoir trinquer à la santé des klettes, des mecs et de tous ceux qui ne se tournent pas vers La Mecque !
Somme toute, le palmier est un arbre multi-fonctions.
Mais telle l'imprimante multi-fonctions, il faut aussi l'entretenir régulièrement en enlevant les mauvaises feuilles.
Ça tombe bien, il y a au moins vingt palmiers à nettoyer sur notre terrain ! Il ne nous reste plus qu'à trouver un gars qui a l'habitude de faire ça, c'est à dire un gars qui récolte le vin de palme et qui ne passe pas trop de temps à le déguster bien fermenté, ce qui pourrait entraîner un bourrage... un ange* / djinn* / poulet*, passe… (* selon que vous soyez chrétien, musulman ou animiste).
Il faut dire que c'est un métier acrobatique et dangereux, puisque le récolteur grimpe au palmier à pieds nus, seulement aidé de son “Kanda-bak”, simple câble réalisé en feuilles de palmier tressées et gainé de peau de vache (non, non, pas votre belle-mère), maintenu en cerceau autour de sa taille et de celle du tronc par une fermeture quelque peu bancale : un gros noeud dans une des extrémités que l'on glisse dans l'anse tressée à l'autre bout du bazar.
Comme on peut l'imaginer, il arrive que la partie de cerceau qui frotte le tronc cède et... “Bardaff, c'est l'embardée !”
Quelques intrépides récolteurs finissent donc en piteux état ou se retrouvent carrément de l'autre côté du sol à déguster les palmiers par la racine en compagnie de tous leurs ancêtres.
Buvons donc un coup et versons une rasade par terre en leur mémoire... et rappelons-nous : Kinding = pot en terre cuite et Kandab = le cerceau pour grimper au palmier.
Alors, “Kinding-Kandab” ! En français : “A votre santé !” (cela dit, pour un ancêtre décédé, la santé n'est plus une priorité !)

Chef Roland


Pat Tisserie - 2/3/2020

Roland, c'est le chef cuisinier actuel du restaurant "Sassanbon” qui s'écrit Sassanbon avec les premières lettres de SAveur, SANté, BONheur et qui se prononçe “ça sent bon” parce que ça sent bon au Sassanbon et ça rend con ceux qui oseraient affirmer le contraire !
Même si certains chefs se montrent parfois cruels (ils battent les oeufs et fouettent la crème), ce n'est pas du tout le cas de Roland qui a tout du gentil bon gars... et même bon gars, bon gars bis repetitaterait Silvio Berlusconi en repensant à ses anciens petits travers (de porc).
En bon cuisinier, Roland savoure la vie, nourrit des projets et aime alimenter les conversations.
Et lorsqu'il quitte son tablier de travail, Roland prend modestement part au repas de son personnel en justifiant : “il faut bien les suivre puisque je suis le chef !”
Il y a quelques années, Roland avait dirigé la cuisine de l'hôtel Hibiscus au temps de Solange puis d'Armand. Il avait ensuite rejoint l'équipe de “Casa Resto” avant d'ouvrir “Chez Loulou”. A présent chez “Sassanbon” et toujours aux commandes de “Loulou”, il aimerait trouver un nouvel espace de restauration du côté de Ziguinchor pour créer une chaîne baptisée “Cap d'Or” qui regroupe sous sa supervisation plusieurs restaurants-pizzerias. Pour y parvenir, il voudrait former d'autres cuisiniers à travailler avec ses propres spécialités en utilisant les mêmes recettes qui ont fait sa réputation (langue de boeuf, canard confit, poisson au four, etc.)
Ce n'est pas évident à réaliser (surtout financièrement, en considérant le manque de fréquentation actuel des restaurants à Cap Skirring) mais l'envie de croître est bien là. Ne dit-on pas que “l'appétit vient en mangeant“ ?
Car il n'est rien de meilleur pour un restaurateur que d'avoir des rêves plein la tête et des étoiles Michelin dans les yeux !

Les jeux “sympathéquipes”


Pat Riarche - 1/3/2020

Dimanche, on a organisé un nonathlon (neuf sports) avec la “sympathéquipe” de Cap-Sénégal. L'ambiance amiviale et convicale était au rendez-vous pour voir s'affronter pendant toute la journée deux équipes de cinq participants dans différentes disciplines : natation, tennis, squash, ping-pong, volley, sprint, basket, pétanque et foot.
D'un côté, il y avait les noirs représentant les coachs sportifs de Cap-Sénégal : Raoul (basket), Diego et Jérôme (tennis), Picasso (foot) et Roland (yoga).
De l'autre, les rouges de l'administration d'Espace Sports : Alfred (président), Charles (secrétaire), Patrick (trésorier), Marie (comptes), renforcés par Ahmad (tennis) puis par Cheikh (wolof).
Tous les sports collectifs se jouaient entre les deux équipes à cinq noirs contre cinq rouges. Les sports individuels se disputaient en trois ou cinq parties : chaque team sélectionnant les joueurs qui s'affrontaient de manière à ce que tout le monde participe.
En principe, les équipes choisissent leurs représentants par ordre croissant de force, mais peuvent aussi manoeuvrer stratégiquement pour tenter de gagner plus de parties.
Après un début tonitruant des noirs, qui se montraient plus performants au matin (normal, ils étaient plus jeunes), les rouges égalisèrent dans l'après-midi après avoir atomisé les noirs au basket et remporté la pétanque grâce à... ô surprise (même pour elle)... Marie.
Suspense total ! Le match de mini-foot de 15 minutes allait désigner l'équipe vainqueur...
Là encore, les noirs menèrent rapidement 3-0. Contre toute attente, les rouges égalisèrent 3-3 et prirent même l'avantage 4-3, sur une grossière erreur adverse bien exploitée par Alfred. Alors que le match consacrant la victoire finale des rouges devait se terminer depuis belle lurette, l'arbitre du match (désigné par les noirs), trop occupé à discuter avec un spectateur à propos du dernier modèle de smartphone, ne faisait plus du tout attention à son chrono et oubliait de siffler la fin du match !
Complètement à l'ouest, il siffla même un penalty imaginaire en voyant le gardien de but rouge prendre le ballon en main dans son rectangle...
Tollé ! Tohu-bohu ! Discussions ! Négociations ! Les esprits s'échauffèrent...
Comme souvent, dans ces cas-là, c'est la loi de celui qui crie le plus fort qui est d'application et Raoul, le coach des noirs, s'appropria le droit de tirer lui-même le penalty qu'il botta en force... au-dessus.
Comme tout le monde braillait, plus personne ne faisait attention au score... Le 4-3 initial qui offrait la victoire aux rouges se mua comme par miracle en 4-4, par la grâce de Raoul le Messi, qui avait sans doute le Saint-Esprit trop échauffé par son penalty manqué pour être encore capable de compter convenablement.
Bien que ce match devait déjà être fini depuis une bonne demi-heure, l'arbitre arbitraire annonça qu'il restait encore 5 minutes à jouer et Diego inscrivit un magnifique dernier but pour offrir la victoire finale aux noirs dans une ambiance de feu.
Heureusement, la troisième mi-temps vint à point pour tempérer le fin de match particulièrement chaude : un bon rafraîchissement et, comme à l'Ecole des Fans, tout le monde était gagnant, tant il est vrai qu’aux Jeux, l'essentiel est de participer !
Si vous êtes, vous aussi, intéressé à participer à cet événement et que vous connaissez cinq sportifs volontaires pour un jour défier Cap-Sénégal, n’hésitez pas à contacter Alfred au n° 77.424.89.50 pour organiser avec lui d'autres Jeux “Sympathéquipes” !

les sympathéquipes des jeux Cap-Sénégal
Ci-dessus (de gauche à droite) : les noirs : Picasso, Diego, Raoul, Jérôme et Roland et les rouges : Charles, Ahmad, Marie, Patrick et Alfred.

Facebuzz


Pat Terrible - 28/2/2020

Evoquant la difficulté de lier tradition orale et transmission des savoirs, Amadou Hampâté Bâ disait : “en Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.”
On remarque au passage qu'il avait bien saisi le sens de cet autre proverbe “les paroles s'envolent, les écrits restent" parce qu'il est à présent mort mais grâce à son métier d'écrivain, cette citation a trouvé sa place dans des bibliothèques ignifugées.
Au Sénégal, pays où la parole est dominante, le savoir s'envolerait donc en fumée...
Mais ce qui s'envole surtout est le fumeux chiffre d'affaires des opérateurs téléphoniques car ici, tout le monde a un portable. Il y a même plus d'utilisateurs actifs de portables que de Sénégalais (plus de 18 millions pour une population de plus de 16 millions d’habitants).
Près de la moitié de la population sénégalaise surfe sur internet et un peu moins d'un quart dispose d'un compte Facebook.
Tous ceux qui me connaissent bien (donc ma femme et moi) savent que Facebook ne fait pas partie de mes sites favoris.
Je ne like, ni ne share guère avec mes chers amis laïques !
Pas parce que je trouve sans intérêt l'idée originale de mettre des relations en relation. C'est plutôt sympathique (et même doublement, comme aurait dit le Saint-Patrick africain qui ne prononce pas les “R”).
Plutôt parce que je trouve que les gens font souvent n'importe quoi d'une idée originale et je ne voulais pas passer plus de temps à me laisser distraire par d'incessantes sonneries de portable rappelant que :
- Mamadou je ne sais plus qui, que j'ai connu je ne sais plus où, m'envoie une photo de sa nouvelle montre/moto/femme qu'il a acheté pour trois fois moins cher au marché de Boucotte
ou
- que cette charmante jeune slave totalement inconnue et à large décolleté m'invite à rejoindre son réseau (de quoi d'abord ?)
ou
- que Paul ne se sent pas très bien mais que ça ira mieux lorsqu'il aura avalé l'elixir parégorique qu'on trouve en promo sur Amazon à US$ 79,99 (livraison gratuite en point-relais).
Je m'étais inscrit sur Facebook (comme sur d'autres réseaux) juste pour y être, en sachant bien qu'il fallait rester visible un peu partout, pour garder des contacts ou faire sa promo... mais sans imaginer, ni le pouvoir, ni le succès, ni l'intérêt qu'il aurait. Et puis d'abord, comment un site où l'on échange tellement d'infos futiles pouvait avoir de l'intérêt auprès de personnes aussi subtiles que mes chers amis laïques ?
Une fois de plus, j'avais tort (“comme toujours” souffle ma femme derrière moi) de ne pas avoir senti l'empreinte pérenne qu'aurait Facebook, pas plus que je n'avais saisi le fait que, pour exister au jour d'aujourd'hui, il fallait durablement aimer :
- placer “au jour d'aujourd'hui” dans une phrase pour faire croire qu'on est plus malin que tout le monde ;
- la télé-réalité ;
- lever le bras en sautant sur de la house music ;
- les tweets ;
- Donald Trump ;
- la BD manga ;
- la spéculation boursière ;
- l'intégrisme religieux ;
- percer son corps ;
- ces pantalons qui tombent trop bas pour laisser voir les caleçons.
Tous ces progrès qui font tant avancer l'Humanité.
Et que je n'avais pas vu venir (à ma décharge, je suis myope).
En attendant, mes amis Sénégalais sont plongés sur leurs portables et déversent sur Facebook quantité de selfies, accompagnés de commentaires aussi essentiels pour l'Humanité que "slt C moi lol :-)”

La pêche aux infos


Pat Rimoine - 24/2/2020

En Casamance, le thiéboudienne (en wolof, ceeb = poisson, jën = riz) est le plat traditionnel national par excellence.
Avec le riz, le poisson est à la base de l'alimentation locale. On en trouve dans les bolongs et en mer avant qu'il ne se retrouve dans les assiettes.
Pour tous ceux qui aiment se fendre la pêche, la région est unanimement appréciée pour moult poissons exotiques qu'on y trouve : perroquet (Belles Oreilles), capitaines (Flamm) ou raies (Charles), et pour maintes techniques qui sont utilisées pour les attraper : surfcasting (de rêve), traîne (d'Angleterre), palangrotte (de Lascaux).
Mais de nos jours, pêcher ici serait devenu une luxur... non... un luxe ! Si naguère, la Casamance était un paradis pour les pêcheurs (elle leur donnait une pêche d'enfer), nombreux sont aujourd'hui les pêcheurs qui se plaignent du manque de poissons en mer... et dans les assiettes aussi par conséquent !
Nostalgiques, ils clament que la pêche, c'était mieux avant.
Un pêcheur témoigne :
— “Dans les années 80, j'allais souvent pêcher du côté de l'hôtel Cabrousse. De la plage, on pouvait voir de gros barracudas de 15 kg sauter au-dessus de l'eau, à la recherche de mulets. Moi-même, j'ai pêché mon dernier capitaine de 15 kg en 2016. Maintenant, je vais jusqu'à Boudediette d'où je ne ramène plus que de petits poissons faméliques.” En cause, la surpêche en mer : de gros chalutiers industriels sont accusés de piller les fonds marins du Sénégal par Greenpeace et les pêcheurs artisanaux.
Mais ces petits pêcheurs artisanaux sont eux aussi responsables de la situation en respectant de moins en moins les règles de pêche. Par exemple, en utilisant des mailles de filets plus étroites qui capturent les gros poissons mais qui ne laissent pas filer les petits. Sans intérêt, ces derniers sont rejettés en mer et leurs cadavres échouent par centaines le long des plages de Cap Skirring. Or, laisser vivre et se reproduire les petits poissons, c'est l'épargne du futur !
A présent, ils utilisent aussi des filets de nylon, moins coûteux mais plus fragiles, qui se déchirent et qui, tels les plastiques, saucissonnent les poissons qui s’y empêtrent.
Cela fait peu de bruit mais ceraines espèces, comme le poisson-scie fièrement représenté sur le logo de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, ont disparu des eaux au point de ne plus en trouver qu'au zoo... Et si cela ne fait pas de bruit, un poisson sans son... et bien, c'est la poisse !

A Eloubaline en pirogue


Pat d'Oie - 3/2/2020

Aujourd'hui, notre ami Sikobane nous emmène à Eloubaline.
Sikobane vit depuis des lustres à Cabrousse et prend plaisir à nous faire découvrir la culture Diola qui l'a imprégné et qu'il a maintenant complètement assimilée. Eloubaline est un de ses points de chute préféré parce qu'on y vit en autarcie. La culture et les traditions Diola sont ancrée depuis toujours et ce n'est pas près de changer... car là-bas, on est loin de tout.
Comme l’île se situe au beau milieu des bolongs, il faut voyager 1h30 en pirogue au départ d'Edioungou pour y parvenir.
En chemin, Sikobane nous fait découvrir une multitude d'oiseaux. A la vitesse de Buzz l'éclair, il repère hérons, aigrettes et cormorans avant qu'ils ne prennent le large à la recherche d'espaces moins fréquentés par les humains vers l'infini et au-delà !
Arrivé à Eloubaline, le guide Conackry, propriétaire d'un restaurant où on peut manger riz et poisson en bord de bolong (avec quelques chambres où digérer), nous accueille et nous fait visiter le village qui compte environ 600 personnes.
La particularité de cette île est qu'il n'y a pas d'eau potable... et par conséquent, pas d'arbres non plus (donc, pas de vin de palme, ce qui est un gros problème pour tout Diola qui se respecte !)
Par contre, même si on n'y trouve que de l'eau salée, la terre est bonne pour cultiver le riz (car tout Diola qui se respecte est aussi riziculteur !)
Quand il pleut, l'eau ne pénètre pas dans le sol mais reste en surface, ce qui produit un respectable riz Diola.
On le cultive en hivernage, pendant la saison des pluies. Le riz est repiqué en août et récolté en décembre/janvier.
De décembre à avril, les habitants d'Eloubaline travaillent dans les bolongs : cueillette des huitres et récolte du sel pour les femmes, pêche (poissons ou crevettes) pour les hommes. Les anciens confectionnent des tissus traditionnels : les mamas filent, les tontons tissent. Autre singularité du village : il compte encore de nos jours 7 cases à impluvium. La case à impluvium est une bâtisse typique des Diolas surmontée d'un toit de chaume ouvert en son centre par un entonnoir permettant de recueillir l'eau à domicile en saison des pluies. Eloubaline est le village où il reste le plus grand nombre de cases à impluvium dans la région de Basse-Casamance. La construction des habitations se fait avec des matériaux locaux, comme la terre, le bois de palétuviers et de rôniers et la paille. Quand une maison s'effondre après plusieurs années de bons et loyaux services, les villageois récupèrent tout et en remontent une autre. Objectif zéro déchet !
Pour leurs besoins en eau potable, les villageois avaient creusé en 1972 une large citerne bétonnée dans le sol. Malheureusement, des fissures étaient apparues et l'eau salée des bolongs s'y était infiltrée. En 1991, une ONG est revenue construire des cuves servant à recueillir et à stocker l'eau des pluies. Mais hors sol cette fois-ci et non plus terrassée.
Comme les pluies sont insuffisantes pour avoir de l'eau toute l'année, il a fallu installer tous les 6 jours (la durée d'une semaine diola) un système de répartition d'eau qui accorde 30 litres d'eau à chaque père et à chaque mère de famille.
A eux de se débrouiller avec ce qu'ils reçoivent. Si le quota d'eau potable est épuisé, il leur faudra aller remplir des bidons d'eau au village le plus proche : Edioungou (5 heures de pirogue aller-retour).
Depuis quelques années, le gouvernement a pris des mesures pour palier à ce problème et l'eau potable (payante) arrive au travers de canalisations depuis Nyambalang.
Hélas, comme ce réseau couvre une grande surface, il y a fréquemment des fuites dans les conduits.
Pour fêter l’installation des nouveaux robinets (et ce n’est pas une vanne), les villageois ont fait la fête en consommant de l'eau sans modération (ce qui est quand même plus sain que de consommer du vin de palme sans modération). Ils faisaient couler l'eau du robinet ET ils la puisaient aussi dans les cuves... qu'ils ont fini par vider.
A la première fuite dans les canalisations, il n'y avait plus une goutte d'eau dans tout le village et il a fallu en rechercher à Edioungou. Après la fête, la défaite, comme dirait Mamady le philosophe ! Depuis lors, les habitants d’Eloubaline ne touchent plus à l’eau des cuves qui leur sert de réserve d’eau potable en cas de pénurie.
Les meilleures leçons sont celles qu'on se donne !

Mise au vert


Pat Urage - 25/1/2020

Promenons-nous dans les bois, de Diouloulou à Nyassia...
Et nous constaterons que des pans entiers de forêts ont disparu !
— “Où sont passés ces tonnes de bois ?” s'étonnent les boas...
Difficile de le voir depuis la route, mais lorsqu'on regarde un peu plus loin que le bout de son nez et un peu plus loin que Boudediette, derrière les rideaux de végétation bordant les voies, on déboule sur de vastes clairières vierges de forêts vierges (qui ne sont donc plus vierges parce que ce sont les clairières qui le sont !)
En Casamance où, comme toujours, rien ne se fait comme ailleurs, ce n'est pas l'arbre qui cache la forêt. Ici, l'arbre cache plutôt la déforestation !
Une déforestation de plus de 10.000 hectares, ce qui représente quand même 1/3 de la forêt de Casamance... On est peut-être loin des 13 millions d'hectares de forêts qui disparaissent chaque année dans le monde mais continuons comme ça et la verte Casamance va vite devenir la vide Casamance !
L'ampleur du trafic du bois dans la région précipite la désertification au Sénégal et impacte sur le réchauffement climatique. C'est l'ancien ministre sénégalais de l'Environnement Haidar El Ali qui, le premier, s'attaqua à l’abattage illégal et au trafic de bois à grande échelle dans la région en dévoilant des prises de vue aérienne de drone. Les photos montraient des montagnes de troncs empilés en bordure de la frontière gambienne, prêts à partir à destination de Banjul et de la Chine.
A présent, après avoir mis toute son énergie à reboiser la mangrove, la nouvelle mission d'Haidar El Ali est de restaurer les forêts du Sénégal. Et par-dela, en collaboration avec tous les pays du Sahel, lutter contre la désertification en plantant des millions d'arbres. C'est le projet GMV dont l'objectif est de faire une Grande Muraille Verte qui relie l'est et l'ouest de l'Afrique sous le Sahara.
Et Donald Trump de twitter :
— “Une meilleure solution serait plutôt de construire un mur de briques en collaboration avec nos glorieuses entreprises US et exiger que ces bouseux de Mexicains financent les travaux” *
* Encore une “fake news”... mais pas si “fake” que ça !

La forêt de Casamance

Essoukolale met le feu dans la salle


Pat Atartiner - 25/1/2020

Officieusement cinquantenaire (officiellement, il en a 45), Joël Malainy Bassène baigne dans la musique depuis toujours. Il est le chanteur et claviériste d'Essoukolale (qui signifie “notre village”). Essoukolale est un groupe de musiciens qui accompagnent Joël six soirs par semaine pour mettre l'ambiance dans plusieurs hôtels et restaurants de Cap Skirring. On trouve Henri Coly à la guitare, Zakaria Badji à la basse, Jean-Paul Diatta à la batterie, Denis Diatta et Isidore Diédhiou aux chants et percussions. En plus de ses propres compositions, Joël chante des reprises de variétés en anglais, espagnol, italien pour satisfaire un public de touristes et il collecte les paroles sur internet.
Joël se caractérise des autres membres du groupe par ses dreadlocks rasta qui lui donnent une grosse tête (... qu'il n'a pas, même si cela fait la réputation des artistes). Par rapport aux autres, il est plutôt petit. Probablement parce que dans son do-mi-si-la-do-ré originel d'Enampor, lorsqu'il annonça à sa mère qu'il sera chanteur quand il sera grand, elle a du lui répondre “non, mon fils, tu ne pourras jamais faire les deux” !
Après avoir étudié pendant sept ans à l'Ecole Nationale des Arts (une autre ENA où les artistes prennent la place des hauts-fonctionnaires... le rêve !) et suivi des études supérieures d'harmonie moderne et des classes d'impro au Conservatoire de Dakar, il est devenu directeur de l'Académie des Arts Sédar Senghor de Yoff.
A présent, Joël, qui est un des rares musiciens de Casamance à connaître le solfège, donne des cours de musique à l'Alliance Française de Ziguinchor. Au programme : batterie, basse, piano, guitare et chant.
A son actif, Joël a réalisé trois albums, dont il a composé paroles et musiques, et a déjà publié trois clips vidéo, dont le dernier “Jamm Casamance” aux accents reggae réalisé par un certain Max Sterno, connaît un beau succès sur Youtube avec près de 15.000 vues.

Essoukolale en concert

Un stade pour les jeunes du Cap


Pat Repos - 21/1/2020

Basée à côté de Sara, dans le domaine Cap-Sénégal, l’association sportive et culturelle Espace Sport soutient les jeunes (et moins jeunes) sportifs de la région pour les aider à s’épanouir dans la pratique sportive.
Plusieurs activités sont proposées : basket, mini-foot, tennis, beach-volley, badminton, squash, ping-pong, pétanque... sans oublier les cours de natation, de mise en forme, de yoga ou d’aquagym. A l’avenir, on pourra aussi pratiquer des sports de combat, de la danse et de la Zumba.
L’objectif de l’association est de promouvoir mais aussi d’organiser et d’encadrer les activités sportives en inculquant toutes les valeurs propres aux activités sportives : le respect des règles, le fair-play, l’esprit d’équipe et la volonté de se surpasser.
Des cours collectifs sont organisés pour les jeunes dans trois disciplines : le basket, le mini-foot et le tennis.
L’abonnement comprend :
- un droit d’inscription annuel de 2.000 F par personne.
- une cotisation mensu­elle de 1.000 F pour les enfants de moins de 16 ans (2.000 F pour les plus âgés).
Alfred Diatta, le Président de l’association sportive, a la volonté de créer un espace de rencontres en­tre la population locale et le reste du monde.
Par le biais du sponsoring, il attend aussi un soutien des entreprises qui veulent associer les valeurs positives du sport à leur mar­que et reste à l’écoute de toutes suggestions vi­sant à véhiculer l’image dynamique de la zone grâce à ses jeunes talents sportifs.
Contact : Alfred Diatta, Président de l’association Espace Sport Cap-Sénégal - 774248950

Espace Sports à Cap Skirring

A l'Ouest, du nouveau...


Pat Demainlaveille - 20/1/2020

Les présidents français et ivoiriens l'ont annoncé : en 2020, le franc CFA va disparaître de l'UEMOA et sera remplacé par l'ECO qui deviendra la monnaie unique dans la CEDEAO.
En outre, la BCEAO ne sera plus obligée de déposer ses réserves de change auprès de la DGT du ministère français des Finances et la France n’aura plus de représentants à la BCEAO.
Vous n'y comprenez rien ? Normal ! Ces vagues mots formés par des initiales sont justement en vogue pour que vous n'y compreniez rien ! Et il faut croire que leur exploitation devient capitale pour nos SA (“Sociétés acronymes”) afin que personne ne pige ce qui se cache derrière !
Alors, rien de tel qu'une FAQ (un acronyme qui n'a rien à voir avec les “fake news” de Trump, LOL) pour décoder tout ce que vous avez lu ci-dessus...
CFA : “Colonies françaises d'Afrique”
UEMOA : “Union économique et monétaire ouest-africaine”
ECO : “Economic Community of African States”
CEDEAO : “Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest”
BCEAO : “Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest”
DGT : “Direction générale du Trésor”
CπG : “C'est pigé ?”
CQFD : “Cette question fait désordre !”
Précision : l'Afrique de l'Ouest s'étend du Nigeria au Sénégal et comprend huit pays francophones, mais n'inclut pas le Maroc, l'Algérie, la Tunisie ou la Mauritanie qui font partie de l'Afrique de l'Oued... (un ange passe)... Maiiiis noooon... de la Ligue arabe.
Alors, à première vue, on peut se dire que l'ECO rencontrera un écho (si !) favorable en Afrique dès lors que la France décide enfin d'en finir avec son emprise sur ses anciennes colonies. Le franc CFA, créé en 1945, représentant la dernière monnaie coloniale qui circule encore sur le continent africain.
Donc si le franc CFA s'en va, c'est pour que le Français s'en aille lui aussi d'Afrique de l'Ouest.
A deuxième vue (celle qui nous laisse voir plus en détail), les réformes sont loin de matérialiser une indépendance financière totale des pays Ouest-Africains...
Puisque d'une part, Macron déclare "larguer les amarres” alors qu'on laisse l'ECO arrimé à l'Euro.
Et d'autre part, la France joue le rôle du FMI et garde un statut de garant pour assurer les paiements extérieurs en cas de difficultés financières, alors que, soit dit en passant, la France elle-même n'arrive déjà pas à respecter ses engagements budgétaires européens. Il n'y a donc pas à s'étonner que le président Macron ait choisi son homologue (qu')ivoirien pour annoncer une importante mesure dont les contours restent flous !
Car, à l'exception de la portée symbolique d'un nouveau nom, rien ne changera dans l'absolu : 1 Euro vaudra toujours ± 650 ECO, la France tiendra toujours les cordons de la bourse et le Sénégal émergent sera toujours prévu pour demain sans faute (inch'Allah !)
Oui mais comme Mamady dit (encore l'écho comme l'ECO), “demain n'existe pas dans le calendrier !”

Apprendre le Wolof


Pat Agonie - 18/1/2020

Le Wolof est la seconde langue du Sénégal après le Français, la langue officielle. Avec les touristes, les Sénégalais parlent le Français. Entre eux, ils utilisent le Wolof ou un dialecte local, tel le Diola en Casamance. Surtout quand il s’agit de ne pas laisser comprendre tous les tours nécessaires pour rouler un “toubab” (blanc) dans la farine, histoire de le pâlir un peu plus...
Mieux vaut donc connaître certaines expressions et plus encore, apprendre la langue. Et pour vous faire saliver, puisqu’une langue sert aussi à ça, en attendant de bien la pendre, voici un petit échantillon :
Dama... Je suis, j’ai...
Danga... Tu es, tu as...
Dafa... Il est, il a, il fait...
Nô toudou ? Comment t’appelles-tu ?
Lan mooy sa tour ? Quel est ton nom ?
Mangui toudou... Je m’appelle...
Yow nak ? Et toi ?
Fô deuk ? Où est-ce que tu habites ?
Mangui deuk Cap ! J’habite à Cap !
Loy liguey ? Quel travail fais-tu ?
Maçon lâ / Môl lâ : Je suis maçon / je suis pêcheur
Loy def ? Que fais-tu ?
Défou ma dara : Je ne fais rien.
Fô diogué ? D’où viens-tu ?
Mangui diogué Dakar : Je viens de Dakar.
Nieuweul fii / Kaï fii ! Viens ici !
Demal ! Va-t-en !
Mangui dem : Je pars / je m’en vais.
Mangui gnibi : Je rentre.
Dama hiif / marr : J’ai faim / soif.
Dama sonn ! Je suis fatigué !
Dama fèbar ! Je suis malade !
Dama diakhlè : Je suis inquiet.
Dama dioûm : Je me suis trompé.
Dama contane : Je suis content.
Dama merr : Je suis fâché.
Dama rérr : Je suis perdu.
Comprendrou ma : Je ne comprends pas.

Africartistes


Pat Chwork - 15/01/2020

1. Mamady Kourouma - Sur le bout des bois !
C’est à l’âge de 7 ans que Mamady commença à travailler le bois en famille avec son père et son oncle, à Bouaké en Côte d'Ivoire. A 12 ans, il vendit ses premiers objets d'art (des petits animaux sculptés) par l'intermédiaire avisé de sa maman qui les proposait à des voyageurs de Guinée Conakry. C’est quand son père déménagea au Mali pour ouvrir un premier atelier de sculpture dans le centre artisanal de Bamako, qu’il se perfectionna à ses côtés. Son travail attira l’attention de l’organisateur d’une manifestation culturelle au Burkina Faso qui l’invita à Ouagadougou pour le faire participer à sa première exposition d'art. Il y travailla ensuite pendant plusieurs années en tant qu’artiste sculpteur.
En 2003, son ami Jean-Marie lui proposa de venir travailler à Cap Skirring. Il construisit un atelier à Cabrousse et exposa ses oeuvres à l'hôtel Hibiscus avant de débarquer à Cap-Sénégal où il exhibe désormais toutes ses créations et celles de sa famille dans sa “Galerie de Mamady“.
Artiste éclectique, il travaille aussi bien le bois d'ébène, “bois qui n'est pas raciste” (parce qu'il est à la fois blanc et noir), que la dent de phacochère. Il décore aussi les portes de villas de résidents et est l’auteur de tous les bas-reliefs en argile du restaurant Sassanbon.
Contact : Mamady Kourouma - 774514934

La Galerie de Mamady, artiste sculpteur à Cap Skirring

2. Didier Zingan - L’union sacrée peinture/sculpture
Didier Yaovi Zingan est un jeune peintre sénégalais né le 7 mai 1985 et originaire de Pikine (Dakar). Malgré un bref séjour en Allema­gne, ce peintre innovateur, aux dimensions mul­­ti­ples liant habilement peintures et matières, est toujours resté artistiquement fidèle à ses origines africaines. Très réputé à Dakar au temps de l’ancien Président Sénégalais Wade, à qui il a vendu l’une de ses toiles, Didier Yaovi Zingan a aussi convaincu l’ancien Premier Ministre Soumaré, l’homme d’affaires Racine Sy et l’Agence nationale chargée de la Promotion de l'Investissement (APIX) d’acquérir une de ses oeuvres originales. Après avoir exposé à Dakar, au Musée d’Art Africain, au Musée du Tourisme, à la Fondation Sonatel puis à Cap Skirring, au Club Med, aux Alizées et à Cap-Sénégal, l’artiste rêve à présent de créer sa propre galerie d'Art baptisée “Kourcouran”. Car ses oeuvres méritent assurément une galerie digne de ce nom pour inciter des touristes à découvrir les richesses culturelles et créatives du Sénégal.
Contact : Didier Zingan - 773253172

Une oeuvre originale de Didier Yaovi Zingan

3. Escargot - Artiste recycleur.
Agé de 25 ans, Escargot est sorti de sa coquille pour devenir artiste en 2011.
Artiste autodidacte, ouvert, tout à la fois généreux et plein de modestie, il jouit d'une belle réputation de doux rêveur qui trouve son inspiration quand il dort. Comme son pseudonyme, Escargot s'exprime lentement. Sa voix est calme et posée. Son attitude est zen et cool. "Mon père cultivait dans les rizières. Un jour que ma mère arriva en retard pour le déjeuner, il lui jeta un escargot trouvé par terre et jura aussitôt d'affubler son fils de ce surnom" explique-t'il pour justifier l'origine de son nom d’artiste, “... mais ce n’est rien d’autre qu’une légende pour amuser les touristes” s'empresse-t'il d'ajouter !
Escargot travaille avec des objets aussi variés qu’une chaîne de vélo, un robinet, un pommeau de douche, une tasse ou des ciseaux qu'il récupère puis transforme en oeuvres d’art. Chaque création est donc unique puisqu'elle est réalisée au moyen d'objets trouvés puis recyclés. En tant qu’artiste, il est très fier de redonner une nouvelle vie aux détritus jetés et de participer à sa manière au nettoyage de la nature.
Ses principales sources d'inspiration sont tous les animaux : oiseaux, girafes, singes, éléphants, canards, crocodiles, tortues, girafes, papillons, hiboux, hérissons et... escargots (mais oui) ! Mais il fait aussi des miroirs en bois flottés ou encore des danseuses en métal noir dont il peint le visage en papier mâché. Une prise usb en guise de boucle d'oreille et des bouts de tissus récupérés complètent les vêtements. Son travail sur un objet nécessite deux jours de fabrication : un jour pour la création et un autre pour les collages. Parmi ses clients, on retrouve bon nombre de “toubabs” (dont un certain Jacques Attali) particulièrement sensibles à sa gentillesse et à son savoir-faire.
Contact : Abdoulaye Dieme dit “Escargot” - 777504934

Une oeuvre originale d'Escrgot

Le cocon


Pat Touchamonpote - 05/01/2020

“Qui sont ces enfants ?... Les enfants du Cocon !... Mais qui sont ces enfants ?... Les enfants du Cocon !... Tout le monde se demande / Tout le monde / Tout le monde... Tout le monde se demande qui sont ces enfants ?... Qui sont ces enfants ?... Les enfants du Cocon !... Mais qui sont ces enfants ?... Les enfants du Cocon !...”
C'est la rengaine chantée joyeusement et à tue-tête par 32 enfants sur le petit sentier qui mène au Bar de la Mer. C'est dimanche et Le Cocon de Cabrousse est de sortie à la plage.
Le Cocon de Cabrousse, c'est un orphelinat fondé par Michel Duffour dont la tenacité a fini par briser les bâtons que quelques-uns s'obstinaient à lui mettre dans les roues.
Et dans ces quelques-uns, on retrouve... Devinez qui ?... L'administration !
Dites, si quelqu'un sacrifie une vie facile et dorée de retraité au soleil pour bosser et aider des enfants en détresse... aidez-le en retour, les gars ! Ne l'intimidez pas pour lui soutirer plus d'argent qu'il n'en faut.
Il faudrait quand même un jour expliquer à certains fonctionnaires que l'administration est au service des citoyens et non pas l'inverse. Un fonctionnaire, c’est un employé payé par l'Etat.
Or, dans toute démocratie qui se respecte (et le Sénégal en est une), l'Etat, c'est le peuple. Dès lors, messieurs les fonctionnaires, trouvez-vous normal d'être arrogants vis-à-vis de votre patron ? Mais je m'égare... Revenons à nos cocons...
Bref, persévérant, Michel l'est mais père sévère, il en est loin !...
Car cela fait maintenant sept ans que le Cocon suit, héberge, nourrit, soutient, protège, élève, éduque et soigne seize filles et seize garçons qui y ont été accueillis parce qu'ils avaient perdu leurs parents ou parce que la famille ne disposait pas des ressources suffisantes pour les élever ou parce que certains étaient victimes de violence. Pas glop ! Pas glob !
A l'origine, tous ces enfants vivaient donc une situation plutôt précaire dans une région démunie que le monde entier dédaigne avec un sourire condescendant (effectivement, des sans dents avec mon dentier, ça donne un sourire con).
Leur avenir ne s'annonçait guère gai. Michel s'est dit qu'il fallait agir et... devinez quoi ?... Et bien, il l'a fait !
Comme un grand, il s'est retroussé les manches, a négocié avec l'administration et avec le chef du village, construit le bâtiment pour abriter tout ce petit monde, sélectionné un tas de “tatas” (aides ménagères) pour s'occuper des enfants sous la direction de notre amie Emilie, sollicité le soutien financier ou logistique du Lions Club de Gégé et Jojo et des bénévoles du village de Cotignac qui ont lancé une association qui s'appelle... Devinez comment ?... Le Cocon de Cabrousse... Si !... Et puis après, comme ça ne suffisait pas, il a reconstruit des bâtiments supplémentaires parce que les petits grandissent, renégocié avec d'autres administrations, resollicité le soutien de nouveaux bénévoles, etc. Tout ça maintenant, c'est fait ! Et devinez quoi ?... Et bien, ça marche ! Les enfants sont heureux, en bonne santé, bien élevés, leur avenir s'annonce rose et ils peuvent fredonner avec fierté la chanson du Cocon : “Qui sont ces enfants ?...”

P.S. : si vous voulez soutenir cette association non-lucrative composée de généreux et besogneux volontaires plutôt que de donner votre argent à toutes ces organisations humanitaires de réputation internationale qui vont le dilapider en frais de fonctionnement afin d'organiser des séminaires dans des hôtels de luxe ou de se pavaner au volant de 4x4 flambant neufs (si, si, c'est comme ça que ça se passe), rappelez-vous qu'en tant que Français, les dons versés à une association française loi 1901 ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 66% de leur montant.
Et ça tombe bien, parce que... Devinez quoi ?... le Cocon de Cabrousse, 5064 Chemin de Correns, BP27, 83570 Cotignac, France, Iban : FR76 1910 6000 0343 6267 4015 591, Bic-Swift : AGRIFRPP891, est justement une association habilitée à recevoir des dons en application des dispositions des articles 200 et 238 bis du Code Général des Impôts permettant une réduction d'impôt... beaucoup, passionnément, à la folie et... Devinez quoi ?... Tout à fait !

Clair-obscur électrique


Pat Treclair - 01/01/2020

La Sénélec (société nationale d'électricité du Sénégal) l'a annoncé en novembre :
le prix de l'électricité va augmenter de 10% en moyenne. Bienvenue dans le monde réel !
10% à payer en plus, c'est un (électro-) choc pour le pouvoir d'achat de nombreux ménages sénégalais.
Selon l'État, principal actionnaire de la Sénélec, cette augmentation est liée à la hausse des prix du pétrole.
Parce que dans le monde réel, quand le cours du baril augmente, les prix augmentent et quand il baisse, les prix augmentent aussi bien souvent !
Pour la Sénélec, cette croissance du prix de l'électricité, ajoutée à la dette de plusieurs milliards que lui doit l'État - tiens, mais n'est-ce pas son principal actionnaire ? - nécessite une hausse qui devra finalement être répercutée sur le citoyen consommateur - tiens, tiens, mais un ensemble des citoyens, n'est-ce pas aussi ce qu'on appelle un État ?
Une entreprise d'État ferait donc payer l'État plus cher pour rembourser ce que l'État doit... ?
Encore une affaire de famille, ou plutôt une affaire d’État, que personne ne comprend !
État soeur ?
État doit... donneur.
Enfin bref, dans le monde réel, malgré la hausse annoncée des tarifs, les coupures intempestives sont toujours bien d'actualité à Cap Skirring, principalement les jours de congé. Sans aucune explication préalable car, et c'est un comble, force est de constater que la Sénélec ne tient personne au courant !
Parce que si on est au courant qu'une coupure de courant arrive, on pourrait prendre des dispositions pour s'enfuir en courant ou, et c'est plus courant, pour ne pas laisser un appareil en marche !
Il est notoire (et même un notaire le note aussi) qu'en cas de coupure de courant, les fluctuations d'intensité subies par un téléviseur ou un ordinateur peuvent les endommager, voire même finir par les rendre inutilisables.
Idem pour un frigo ou un congélateur et le risque d’interruption de la chaîne du froid comme dommage collatéral. Néfaste pour les denrées alimentaires, et par conséquent pour la santé et le portefeuille d'une famille.
Idem pour un lave-linge ou un lave-vaisselle : si la panne intervient pendant un cycle, la cuve endommagée peut provoquer une fuite d'eau. Suite à quoi, après l'intervention de l'électricien, il faudra aussi demander l'intervention du plombier.
En résumé, la Sénélec plombe l'électroménager !
Est-il utopique d'envisager dans un monde réel que le responsable de dégradations paie pour ça ?
Avec l'installation du compteur, la Sénélec pourrait aussi fournir une alimentation de secours. Comme par exemple un onduleur qui protège les appareils des fluctuations de tension.
Hélas non, la Sénélec ne propose pas de mesures contre les coupures.
On reste dans le monde réel...
Ou plutôt dans l’obscurité !
Pour d'obscures raisons...
Peut-être pour permettre de distribuer des indemnités compensatoires à quelques hauts responsables qui déclarent travailler dans l'ombre avec beaucoup d'énergie pour faire rétablir le courant à la vitesse de la lumière...

Histoire de reine


Pat Riot - 20/12/2019

Aline Sitoe DiattaAline Sitoé Diatta est le nom donné au bateau qui relie Dakar et Ziguinchor. Mais qui était-ce au juste avant de devenir un moyen de transport maritime ?
Originaire de Cabrousse où elle passa plus que probablement son enfance à dessiner sur le sable son doux visage qui me souriait, Aline quitta très jeune son village pour aller travailler à Ziguinchor sur les docks, puis à Dakar comme bonne du cu... non, bonne de colon.
Mais chacun sait que tout ce qui sort du colon n'est pas bon (le colonialisme reposant sur la peur ne serait-t-il d'ailleurs pas à la base du syndrome du colon irritable ?)
Toujours est-il qu’Aline entendit une voix qui lui commanda de revenir à Cabrousse bouter les colons hors du Sénégal.
Se présentant comme prophétesse divine de retour au village, elle remit au goût du jour le respect des anciennes coutumes, de la religion traditionnelle (incluant les sacrifices) et de la semaine diola (6 jours au lieu de 7).
En outre, elle demanda à son peuple de résister aux colons en refusant toutes leurs ordonnances, comme payer des impôts, cultiver l'arachide au lieu du riz ou se laisser enrôler dans l'armée française pour faire la guerre à Hitler. Parce qu'il n'y a pas de croyance sans foi, on lui attribua quelques miracles qui vinrent renforcer son aura auprès de la population : faire tomber la pluie après une grande sécheresse, guérir des malades, changer l'eau en bunuk, etc.
Sa réputation se fit si grande que les villageois la proclamèrent reine.
Sentant gronder le vent de la révolte, l'administration coloniale la proclama rebelle avant de l'arrêter et de la laisser mourrir en prison. Elle n'avait que 24 ans (ou peut-être plus, sa date de naissance restant mystérieuse).
L'histoire nous répétant que celle qui commence par entendre des voix doit consulter d'urgence un rhino (en Afrique, on ne trouve ni oto, ni laryngologiste), sinon ça finit mal !
Et Aline Sitoé Diatta devint ainsi une reine rebelle de légende à Cabrousse... (cela dit, mieux vaut être belle et rebelle que moche et re-moche !)

Aux rames, citoyens !


Pat Papier - 06/10/2019

Chers z'amis Cabroussais ou Cap-Skirriens...
Il est probable que ce ne soient pas les bons gentilés - noms donnés aux habitants d'un lieu géographique comme Parisiens, Bruxellois, Carolorégiens, Couilletois, Bonnychons, Bellecombaises - et nous sommes d'ailleurs preneurs si quelqu'un connaît le nom des gentilés des villes et villages du Sénégal. A part les Dakarois, nous n'avons pas trouvé comment s'appellent les autres habitants du coin, qu'ils soient originaires de M'bour, Thiès, Ziguinchor, Cabrousse ou Cap Skirring* ? Peut-être qu'il faut appeler ces gentilés “Galériens”, car pour beaucoup de Sénégalais...
Tu cherches un travail bien rémunéré ? Galère !
Tu envisages de monter ta propre affaire ? Galère !
Tu aimes faire bouger les choses ? Galère !
Tu espères un peu de soutien des autorités ? Galère !
Tu souhaites partir à l'étranger ? Galère !
Mais c'est aussi une chance car avec toutes ces galères, beaucoup de Sénégalais ont maintenant appris à ramer !!!
Ramer en équilibre sur une situation précaire ou ramer à travers les méandres des pouvoirs publics qui, depuis là-haut, les mènent en bateau (et ils ne pourront jamais tout quitter, s'en aller...)
Si les Belges n'éprouvent aucune difficulté à partir en vacances au Sénégal, pays accueillant et chaleureux, l'inverse est à l'inverse !
Obtenir un visa pour un séjour de vacances en Belgique lorsqu'on est Sénégalais ressemble à un parcours de combattant, aussi long et pénible qu'un service militaire de rameur dans la marine !
Malgré tout, les demandes doivent être nombreuses puisque l'ambassade belge les fait sous-traîter à Dakar via la platte-forme sénégalaise VFS Global.
Un bon point pour cette organisation ouverte aux applications technologiques modernes : cela peut se faire très facilement sur internet et un numéro de dossier est automatiquement attribué après avoir rempli un questionnaire détaillé.
C'est après que cela se corse (comme disent les Sardes), car il faut ensuite se rendre sur place chez VFS à Dakar (à 600 km de Cap Skirring), faire la file et... attendre (le verbe préféré de l'administration).
Cette attente s'avère aussi longue et pénible qu'une liste des sévices des militants de Marine. Et les mines s'allongent aussi en constatant qu'un nouveau numéro de dossier est attribué. Le temps passé à répondre au questionnaire sur internet ne servait finalement à rien. La modernité touche donc bien le Sénégal : là où la technologie peut simplifier la vie, ça bugge !
Enfin soit !... Pour ouvrir un dossier, il est demandé de venir avec une brouette de documents originaux et de copies (pour être sans doute bien sûr de ne pas pouvoir refermer un dossier ouvert !)
En détail, il faut :
- 2 formulaires de la demande de visa ;
- 1 copie recto-verso de carte d'identité ;
- 2 photos d'identité couleurs (... bon, jusque là, c'est pas trop compliqué) ;
- 1 passeport valide, qui sera conservé par l'administration pendant toute la durée d'analyse de la demande (inutile donc d'envisager partir en vacances ailleurs) ;
- 1 lettre d'un garant belge prouvant le bienfondé et le caractère touristique du voyage (“Le garant s’engage à couvrir les frais de séjour, les frais de santé, et les frais de rapatriement supportés par l’État belge ou par un centre public d’aide sociale. Le garant et la personne prise en charge sont solidairement responsables du paiement de ces frais pendant 2 ans, à compter de la date d’entrée dans Schengen”) ;
- 1 justificatif des moyens de subsistance, d'hébergement et de prise en charge par le garant pendant le séjour ;
- 1 annexe 3bis retirée par le garant à sa maison communale, remplie et signée par ce dernier, cachetée par son administration communale et envoyée au Sénégal par la Poste (2 mois de délai pour arriver à Cap Skirring) ou par DHL (plus rapide mais beaucoup plus coûteux) ;
- 1 réservation du billet de vol aller-retour ;
- 1 assurance voyage qui couvre de frais de rapatriement ;
- 1 lettre de l'employeur autorisant le congé et le séjour ;
- les 3 dernières fiches de salaire (ce qui est assez rare à trouver dans la région de Cap Skirring, la majorité des habitants ne vivant que de petits boulots non-déclarés) ;
- 1 relevé bancaire des 3 derniers mois du demandeur (les habitants de Cap Skirring qui disposent d'un compte en banque sont tout aussi rares à trouver), avec en compte l'équivalent de 40 mois de salaire pour un employé local de Casamance / 6 mois de salaire pour un haut responsable (un habitant de Cap Skirring qui conserve autant d'argent sur un compte est, quant à lui, quasiment impossible à trouver).
Et pour couronner le tout - puisque le Royaume de Belgique est un Etat souverain (... et plus une terre d'accueil comme bon nombre de personnes persiste à croire) - il faut payer l'équivalent d'un mois de salaire moyen d'employé à Cap Skirring pour juste pouvoir introduire une demande. Juste fais-le et on te Nike, car ce montant, quelle que soit la décision, ne sera pas remboursé.
Ensuite, c'est comme à l'hôpital de Ziguinchor “asseyez-vous et patientez...”
Pas d'explications. Silence radio. Aucune idée si la réponse sera donnée dans la minute, l'heure, la semaine, le mois, la quatrième dimension ! Rien !
Aux dernières nouvelles, il paraîtrait que le délai de réponse validation / invalidation pourrait durer au maximum 3 mois. En principe, car au final, l'administration belge est tout à fait libre de refuser l'octroi du visa sans explications.
Notre amie sénégalaise Gnima qui travaille à Cap-Sénégal vient d'en faire l'expérience alors qu'elle était invitée à venir séjourner chez nous avant que ne recommence la saison. Pour faire toutes les démarches, elle est restée le temps qu'elle pouvait à Dakar où tout coûte bien plus cher que dans son village et, découragée par le manque de suivi et de communication, a refait les 600 km en sens inverse pour revenir auprès de ses gentilés. Elle retournera une prochaine fois à Dakar (soit 1.200 km en bus) pour venir rechercher son passeport confisqué.
Pour ne pas jeter d'emblée la pierre sur les services belges d'immigration (qui n'ont plus de patron depuis qu'il n'y a plus de gouvernement en Belgique... pour des mois et peut-être pour des années... une situation surréaliste typiquement belge... il faut bien dire que nommer un nationaliste à l'immigration est un autre exemple de surréalisme... un peu comme demander à des indépendantistes de gouverner un pays alors qu'ils veulent l'annihiler pour réclamer l'indépendance de leur région... ou bien organiser un grand débat national Jambon - Daerden sur les droits des végans), on aimerait bien savoir combien de Sénégalais ont réussi à obtenir un visa touristique pour aller en Belgique depuis deux ans.
Puisque ce que vous lisez ici est publié sur un réseau social et que les réseaux sociaux servent aussi à ça, on attend une réponse des gens qui connaissent les gens qui connaissent les Jean qui connaissent les gentilés. Mais bon, ne rêvons pas, on sait bien que les cas sociaux des réseaux préfèrent plutôt partager les blagues à la con ou les vidéos de chatons !...
Pourtant, ce genre de difficultés devrait bien pousser les gens à réfléchir et à agir, non ?...
Si en suivant les règles, un Africain a autant de chances d'obtenir un visa que de gagner le jackpot au loto, il n'est pas étonnant que certains essaient de passer illégalement et viennent renforcer l'immigration clandestine au risque de faire monter les eaux en Méditerranée... où l'agitation fait tant de vagues aujourd'hui que même les poissons migrent vers le Nord !
On se rend bien compte que le repli identitaire se renforce un peu partout autour de nous, poussant de puissants pays à s'emmurer pour se renfermer.
Eeeuuuhhh... pardon mais, comme la langue française le suggère, ne se pourrait-il pas que l'issue évidente à trouver soit plutôt l'ouverture ?... Ben oui, si on n'ouvre pas une issue, ce n'en est plus une... sauf vot' respect !
Si quelqu'un l'ouvre pour affirmer le contraire, c'est qu'il n'est pas assez mûr !... Ou alors, qu'il est trop mur !... Dans ce cas, qu'il la ferme !!!
Après avoir conduit le monde à l'envers (à l'enfer ?) pour revenir au temps des guerres en laissant tous les Trump faire, il ne restera plus personne ! On ira droit dans le mur que ces immatures ont bêtement bâti.
A notre toute petite échelle, nous ambitionnons de faire tourner le monde du bon côté, là où il y a de la place pour tous.
Et cela, même si nos moyens sont limités puisque Cap-Sénégal ne reçoit pas de subsides d'Etat (... si, si, il paraît que les aides d'Etat, ça existe, mais comment faire pour en recevoir ? Faut-il coucher ?), d'investisseurs ou d'associations. Seules les économies tirées d'une dure vie de galère traversée à la rame ont permis à notre projet de prendre le large.
Comme la plupart des Européens qui entreprennent en Afrique, nous avons également connu des creux de vague. Nous avons croisé des requins et des crocos qui n'ont pas saisi l'intérêt à long terme de voguer la galère à nos côtés (c'était surtout voler la galette qui les intéressait !)
Heureusement, nous avons aussi navigué en compagnie d'un bon équipage qui nous aide et nous soutient encore.
Mamady, Romaric, Aliou, Suzanne, Gnima, Seynebou, Ousmane, Lionel, Jonas, Badadia, Babacar, Viviane, Ibou, Ablaye, Clédor, Salif, Sébastien, Pape, Charles, Francis, Bouba, Roland, Fred, Michel, Lucette, Gilbert, Babette, Serge, Luc, Vincent, Gilles, Nelly, Kathy, Demba, Jean-Philippe, Alfa, Olivier, Raoul, Famara, Moussa(illion) et tant d'autres fiers moussaillons que nous remercions pour leur indéfectible soutien et leur capacité de partage. De même, nous n'en attendons pas moins de vous, gentilé lecteur...
Maintenant que le cap des 5 années d'existence a été franchi et que nous n'avons pas coulé, nous avons besoin que les activités, tant sportives que culturelles, aient le vent en poupe. Alors, ouvrez les frontières... comme chante Tiken Mamady !
Et donc vous, chers z'amis Cabroussiens ou Cap-Skirringais, soyez gentilés, mouillez-vous un peu et prenez part à tout ce que nous essayons de mettre en place.
N'allez pas chercher quelconque espoir de bonheur ailleurs. Il est ici et maintenant ! Juste à côté de chez vous ! Débarquez au restaurant, à la piscine, au cinéma, au stade...
Contribuez ! Adhérez ! Venez ! Participez !
C'est important pour nous dès lors que c'est aussi pour vous qu'on a ramé comme des galériens... Et la rame en Afrique, vous le savez, c'est pagaie !

* Tout compte fait, il vaut mieux ne pas connaître le nom des gentilés des villes et villages du Sénégal. Appelons-les Sénégalais puisque gentils, ils le sont bien !

Un personnage


Pat Derreur - 04/05/2019

Si vous fréquentez la route qui relie Cabrousse à Cap Skirring, il y a de fortes chances pour qu'un jour, entre deux vaches pelées et trois moutons tondus, vous y croisiez, un marcheur atypique à l'allure dégingandée d'un grand échalas, âgé de plus de soixante-dix ans et dont le visage rougeaud, adouci par des yeux bleu clair, est surmonté d'un chapeau “panama” mou.
Il porte une ample chemise blanche, dont il a retroussé les manches afin de laisser entrevoir les quelques taches de rousseur qui parsèment ses bras, et un pantalon sombre ajusté sur d'épais godillots.
Ce gars-là est un drôle de personnage... Son parcours est étonnant. C'est rock. C'est épique. C'est d'époque. C'est à Pâques. C'est à Cap ! Que dis-je, c'est à Cap...? C'est un préambule de péninsule !
Entendez par cette auxèse parodique de Cyrano que c'est quelqu'un qui a eu et qui mène toujours, une existence qui sort de l'ordinaire.
Au passage, et cela me permettra de me sentir au moins utile à quelque chose, ouvrez un dictionnaire pour découvrir ce qu'est une “auxèse” et, grâce à moi, vous serez un peu moins bête aujourd'hui que si vous ne l'ouvrez pas (je parle du dictionnaire... quoique vous pouvez aussi fermer la bouche pour paraître moins bête !)
Bref, ce gars-là est un cas, quoi !
Autodidacte et autonome, il s'auto-nomme Essamaye et s'autoproclame Dieu, Allah, Bouddha, Lucifer ou Otto von Bismarck selon sa bonne autosatisfaction.
Parce qu'il est soixante-huitard, anar et un brin iconoclaste sur les bords, ce qui automatiquement lui permet de tout s'autoriser... Ou alors, c'est parce qu'il aime les autos !
Sa culture est aussi grande que les rizières qui s'étendent de Cabrousse à Boudediette.
Si vous le rencontrez en bord de route, arrêtez-le... sauf si vous êtes policier (car il n'a plus de papiers !)
Comme il aime la liberté que lui offre la vérité, laissez-le vous raconter son histoire pour découvrir ce que pourrait bien nous réserver l'avenir quand celui-ci commence par dépersonnaliser tous rapports humains et finit par vous priver de tous vos biens.
Tel un nouveau messie (l'autre joue au foot), il annonce une nouvelle dictature mondialisée rendue possible et acceptable par l'essor électronique imposé dans chaque foyer de la planète.
Son histoire débute peu avant qu'il ne prenne sa pension aux Pays-Bas (en réalité, son histoire a débuté lorsqu'il est né mais ça, on s'en fout !) après avoir perdu un procès, contre sa corporation d’habitations bon marché, qu'il était absolument certain de gagner parce que la fraude était évidente et le Droit de son côté. Malheureusement pour lui, le Droit est parfois tordu !
Dégoûté d'avoir été débouté par une Justice injuste toute acquise à l'emprise des gens qui ont l'argent, il est parti en 2012 se réfugier en Afrique, à Dakar, puis au Burkina Faso, où il scella l'irrévocabilité de sa décision de ne plus retourner dans un pays dont le siège du gouvernement, La Haye, se permet de juger des crimes contre l'humanité commis dans les nations ayant ratifiées l'autorité du Tribunal Pénal International, c'est-à-dire la moitié la plus pauvre de l'humanité et qui, de fait, absout la moitié la plus riche parmi laquelle figurent la Chine, la Russie et les Etats-Unis.
Cela dit, une moitié, c'est toujours mieux que rien...
D'autre part, Dieu a dit qu'il fallait partager !
Il a demandé que sa tutirikikie pension de retraite hollandaise lui soit versée dans une banque de Bobo (Bobo-Dioulasso, capitale économique du Burkina... pas une banque de BOurgeois BOhèmes, les fameux Bobos qui avaient inspiré Renaud dans une chanson qui n'a rien à voir avec “Allô ! Maman, Bobo” de Carlos Ghosn... et si vous croyez bêtement que je ne suis pas capable d'orthographier Alain Souchon parce que vous ne savez pas qui est Carlos Ghosn et ne voyez donc pas le rapport avec le chanteur Renaud dont le nom a la même consonance que la voiture Renault, lisez le journal et vous serez encore une fois un peu moins bête aujourd'hui grâce à moi !)
Cette banque à Bobo, c'est la BICIAB, une filiale de Paribas au Burkina, dont le site internet met en avant toutes les facilités généreusement accordées à disposition du client : accès au compte par internet, contact par téléphone, contact par e-mail, contact postal.
Toutes les informations dignes d'une entreprise sérieuse, compétente et efficiente. Mais contrairement à ce qui se passe sur les sites de banques européennes, les opérations sur les sites bancaires africains sont limitées. On ne peut par exemple pas y faire de virement vers un autre compte. On peut juste vérifier l'état de son compte.
En outre, il a reçu une carte de crédit Visa au logo de la BICIAB. Ce précieux sésame électronique lui permettant de retirer l'argent partout dans le monde.
Suite à un séjour de quatre ans au Burkina, il a décidé de changer d'air pour débarquer au Sénégal, à Cap Skirring.
Peu après son arrivée au Cap en 2016, son passeport périmé lui cause des problèmes avec les autorités des frontières et il n'a pas assez d'argent pour en demander un nouveau à son ambassade à Dakar.
La police locale parle d’expulsion possible et lui suggère de déclarer la perte du passeport à la gendarmerie.
Pour les remercier du conseil, il fait un don à la fondation d’aide aux veuves et orphelins de la gendarmerie (fondation qui siège au fond d'une poche de pantalon !)
Il brûle alors religieusement son passeport en entonnant l’hymne national. Mais il ne craint que dalle !
Que peut-on lui faire puisqu'il ne possède rien et que cela coûterait plus cher à l'état Sénégalais de l'enfermer ou de le renvoyer aux Pays-Bas que de le laisser vivre en paix ?
Pendant plus d’un an, même s'il est connu auprès des habitants de sa petite communauté pour ses actions sociales, il ne dispose d'aucun papier. Au final, il devra se contenter d'un certificat de résidence de la Mairie locale.
Bien évidemment, il s'avère hautement improbable de passer les frontières avec ce genre de document imprimé sur un papier qui n'a d'autre certification que son format DIN A4, sans photo et “authentifiée” au moyen d'un cachet illisible qui ressemble plus à une tache de pompon de Tampax qu'au tampon d'une administration.
Depuis, il se promène à longueur de journée le long de la route, s'essayant à quelques petits boulots de-ci, de-là.
Mais son incorrigible rigorisme “toubab”, qui cherche à rendre un travail plus facile pour y gagner en temps et en rendement, se heurte à la mentalité locale qui privilégie l'inverse : compliquer les choses pour garder son emploi le plus longtemps possible.
Il a même essayé de bosser à Cap-Sénégal mais cela n'a duré que quelques jours avant qu'il ne s'accroche avec Touka et qu'il décide d'aller voir ailleurs.
Alors il invente des outils pour grimper aux palmiers en toute sécurité ou un grand râteau pour nettoyer les déchets sur une grande surface de plage ainsi que le long des routes.
Il redonne vie aux vieux ordinateurs laissés à l'abandon dans les placards poussiéreux d'écoles.
Il répare les smartphones abîmés ou surchargés de professeurs.
Il prend des photos des vieilles ruines de l'hôtel Cabrousse et convainc les jeunes de Mossor de tout nettoyer pour y organiser la fête “Undo Mayo” qui se révèle un énorme succès de foule.
Vivant au rythme des habitants locaux, il se contente de peu.
Un peu de riz, un peu de poisson, un peu de légumes, un peu de fruits, un peu de soleil, un peu de chaleur, un peu de marche, un peu d'internet.
Lorsqu'il a besoin d'un peu d'argent, il le prélève sur sa carte Visa BICIAB au distributeur de la CBAO de Cap Skirring les rares fois où où cet antique cracheur de billets fonctionne.
Mais un jour, sa carte Visa arrive à expiration et l'écran du distributeur indique qu'il ne peut plus retirer de billets : “voyez votre banque”.
Arrivé lui aussi presque à expiration de retour chez lui, il se branche sur le site internet de la BICIAB et constate qu'il a encore accès à son espace e-banking dans lequel s'affiche toujours ce qu'il y a sur son compte. Le pognon est toujours là. Ouf !
Il envoie des mails à l'adresse générale indiquée sur le site de la banque. Envois systématiquement refusés.
Il remplit plusieurs fois le formulaire en ligne en demandant qu'on le contacte par écrit ou par mail. Une réponse automatique "No Reply" lui est renvoyée précisant que la banque prendra contact avec lui dans les 48 heures... Tintin (comme on dit chez moi quand on n'a pas ce qu'on veut), il n'en est rien.
Il appelle la BICIAB au Burkina. Pas de réponse.
Il rappelle tous les numéros des agences disponibles sur le site de la banque. Cela sonne. Parfois il entend un bip sonore puis la communication s'interrompt : appel terminé !
Il renvoie des mails expliquant la situation à toutes les agences disponibles sur le site de la banque. Pas de réponse.
Il envoie un fax au numéro pêché sur internet mais la fameuse tonalité “shrrrr... wiiii... shrrrr...wiiii...shrrrr... plong plong” ne se fait pas entendre. Il n'y a ni Burkinabais, ni même de Gabonais au numéro demandé !
La banque burkinabaise ? Oui mais qui ?
Il demande à la CBAO de Cap Skirring d'intervenir pour y rapatrier son compte (car entre banques, on doit pouvoir s'entendre) mais ce n'est pas possible.
Il se demande pourquoi ces institutions financières portent un nom composé de quelques mystérieuses initiales. Pas de réponse. Finalement, il se dit que le monde ne s'est pas plus ouvert avec la mondialisation.
Car s'il veut une réponse, il doit retourner au Burkina ou aux Pays-Bas... or ce n'est pas possible sans argent et sans passeport. S'il voudrait se rendre au Congo, en Amérique ou au Tibet, ce serait tout aussi tintin pour lui ! Tintin le crétin sans butin !
Entretemps, l'Office des Pensions Néerlandais continue à lui verser sa pension de retraite au Burkina et ce versement apparaît toujours sur le web, dans son espace personnel e-banking de la BICIAB.
Son argent s'est tapi (volant) dans le “cloud” (nuage) virtuel de la banque à (Ali) Bobo (et ses 40 voleurs).
Le compte grimpe toujours mais demeurera inaccessible ad vitam, jusqu'à ce que la bande à Bono de Picsou ne lui pique tout.
Alors il continue de se promener le long de la route Cabrousse-Cap Skirring en se contentant d'un peu de soleil, d'un peu de chaleur, d'un peu de marche...
Et d’un peu de soutien financier d'amis et autres connaissances solidaires au Sénégal, le pays hospitalier qui ne vous ne laisse pas tomber ! Car ici, on a la sagesse de se rappeler ce vieux proverbe pygmée : “si toi, tu es dans la merde jusqu'au cou, dis-toi bien que moi, je suis dans la merde jusqu'aux yeux”.

Un mariage princier


Pat Témoin - 27/04/2019

Mardi 23 avril. Notre ami belge "Vince The Prince" s'est marié avec "Thioti", originaire de Cabrousse et fille d'Ibou, l'ancien cuisinier du restaurant "Sassanbon".
Le coup de foudre, qui frappa la tourterelle et le tourteril (nos deux tourtereaux) voici quelques années, avait laissé suffisamment d'électricité dans l'air ce jour-là pour faire face aux coupures fréquentes et intempestives de la Senelec (le nom officiel de la "Sénébougie").
Vincent (le nom officiel de "Vince The Prince") que nous connaissons depuis des lustres avait eu l'éblouissante idée de demander à Marie et Patrick (le nom officiel de "Marie et moi") d'être les témoins lumineux de leurs noces et de les célébrer là où Vincent avait flashé sur Thérèse-Marie (le nom officiel de "Thioti") : à Cap-Sénégal... mais de ça, vous étiez déjà au courant !
C'est donc autour de 10 heures que nous fûmes tous réunis autour de l'adjoint au maire de Diembering pour légitimer leur néon… leur union. Toute l'équipe de Cap-Sénégal, à l'exception des cuisiniers qui préparaient le buffet du soir au restaurant Sassanbon, était au rendez-vous et au garde-à-vous en uniforme, portant une tenue spécialement créée dans un tissu sénégalais multicolore, afin d'en mettre plein la vue.
Vincent, en concurrence vestimentaire avec le traditionnel boubou diola, avait plutôt opté pour le sobre costume-noeud-pap' de cadre d'entreprise, tandis que Thérèse, la mariée, était en blanc dans une robe de style haute-couture, ornée de belles arabesques de perles, strass et dentelle.
Quelques minutes plus tard, après avoir enregistré les documents contenant toutes les signatures légalement tamponnées, les ex-futurs mariés furent déclarés mariés et l'adjoint au maire autorisa le mari à embrasser la mairie... la mariée.
Les devoirs administratifs clôturés, l'assistance prit la route de Cabrousse en cortège, faisant beaucoup de tapage et tournant trois fois autour des potes assis en face des ronds-points de Cap Skirring et Nialou, avant de rejoindre le quartier de Kadiakaye, où vivent les parents de Thioti.
Kadiakaye et Ibou étaient en ébullition (c'est fréquent pour les fêtes de quartier et c'est constant quand on s'appelle Ibou).
Ibou avait installé un grand chapiteau près des manguiers de son jardin. Des brins de riz, symboles d'abondance, étaient suspendus à côté des fanions colorés, au-dessus d'une grande tablée sur laquelle étaient dispersées toutes sortes de boissons : cana, bunuk, canettes de bières, briques de vin et sodas.
Les zheureux zépoux posèrent comme des stars face à la meute de paparazzis locaux et à leurs smartphones activés en mode photo pour immortaliser l'événement sur Facebook.
Pendant que des femmes dansaient au rythme de la musique guinéenne, d'autres s'activaient pour cuisiner le boeuf et le cochon fraîchement zigouillés la veille pour l'occasion (c'est bien connu en Casamance : l'occasion fait le lardon !)
Les hommes, quant à eux, préférèrent rester assis à discuter et consommer la bière ou le bunuk servis à volonté.
La fête du village continuerait à battre son plein jusque tard dans la nuit, mais une fête “bis” attendait les mariés pour la soirée au restaurant Sassanbon où les 60 convives triés sur le volet avaient été invités à venir partager le buffet de mariage.
Et oui... parce qu'une seule fête, c'est petit... Alors il en faut bien deux ! De toute façon, c'est Vincent qui paie tout... Merci toubab !
A 20 heures, le jeune couple fit sa royale entrée en musique devant le parterre d'hôtes endimanchés et sous les vivats de la foule. On se serait cru au palais des mille et une nuits. Pour l'occasion, Thioti avait enfilé sa septième toilette neuve de la journée (un record) : toute en bleu-lagon, dans une sublime robe de princesse brodée de strass et de perles que n'aurait reniée ni Lady Di, ni Lady Gaga, ni les dix gars de la marine quand une fille les chagrine !
Le somptueux buffet se termina par le traditionnel découpage du gâteau nuptial et la soirée dansante avec ses tournages de serviettes comme des petites girouettes d'usage.
Et dès que les invités furent partis, quand le marié porta la mariée pour la dernière photo sur le seuil de la chambre, ce fut au tour de la Senebougie de tirer sa révérence.
Coupure de courant pour la nuit de noce !
Ô bonheur, c'est pile à la bonne heure pour une fois...

Les époux a Mairie de Diembering

Vincent et Thiothi

Badadia, Seynebou, Jacqueline, Mamita, Suzanne, Gnima

Gâteau

La lutte finale


Pat Découragement - 18/04/2019

On entend souvent, que ce soit en Casamance ou ailleurs, que “la vie est une dure lutte”. C'est une expression traditionnelle courante qui pousse parfois les esprits narquois à remplacer le “d” par un “t”...
Alors nous, on s'est demandé pourquoi ne pas proposer un tournoi de lutte traditionnelle au milieu de notre beau stade “Espace Sport”. de Cap-Sénégal.
La lutte traditionnelle, c'est le sport-roi au Sénégal et, puisqu'on on parle du roi, parlons aussi de l'arène puisque c'est là que nous avons transvasé, pour l'occasion, le contenu de deux camions remplis de sable brut munis de nos pelles et brouettes. Et bien, croyez-moi bien, soulever du sable brut à la pelle pour le mettre dans les brouettes, ce n'est pas de la turlute !...

Une fois l'arène exécutée dans le stade, nous avons demandé à Jean “Chocolat” qui vit à Cabrousse, un ancien lutteur aux tablettes du même surnom, de nous aider à mettre l'organisation du tournoi en place.
Il a fait jouer ses relations afin qu'une vingtaine de lutteurs ainsi que trois arbitres professionnels répondent présents.

De son côté, notre ami Alfred, également surnommé “Badadia”, “Yessaï”, “Jahbless”, “Empagaille”, “Avolonté” ou “Goodjob”, a sillonné tous les cercles de lutte du coin (et c'est aussi dur qu'une vie de lutte, les coins de cercles n'étant pas faciles à trouver) pour faire la promotion de l'événement.
“Avec Rapidité, Efficacité et Assurance !” (sans doute son surnom à la prochaine saison, puisqu'il en trouve un nouveau tous les ans), Alfred a aussi entrepris de nombreuses démarches auprès des autorités et demandé le soutien du sous-préfet, de la gendarmerie et des sapeurs(et sans reproches)-pompiers qui, je l'espère pour eux s'ils sont fidèles à leur devise, nous sauvent plus souvent qu'ils ne périssent.
En passant, il s'est adjoint les services d'un journaliste de la radio RTS4 de Ziguinchor pour couvrir les rencontres sportives, ainsi que de l'animateur coutumier de lutte traditionnelle locale pour faire chauffer l'ambiance dans le stade.

Tout était parfaitement calé pour accueillir les africains en très grand nombre (comme toujours lorsqu'il y a une compétiton de lutte dans un village). Une équipe d'une dizaine de pompiers et plusieurs gendarmes étaient bien présents le jour J.
La musique et les danses traditionnelles invitaient à la fête.
Les participants aux noms aussi pittoresques qu'Activité, Electricité, Préliminaire (qui n'a pas passé ce stade) ou Imposé (qui, par contre, a failli le faire) étaient vaillants, fair-play et ils ont tous bien combattu.
“IL A PRIS SON PIED, IL A PRIS SON PIED !” hurlait l'animateur entre deux clés acrobatiques d'un lutteur.
Fort heureusement, il n'y a pas eu d'accidents et on a rendu le pied à son propriétaire.

Le spectacle était bien au rendez-vous... mais hélas, une fois de plus à Cap-Sénégal, les spectateurs ne l'étaient pas !
A l'ouest de l'Afrique, rien de nouveau. Pas de révolution : ils n'étaient que trente là où on en attendait un bon millier, contrairement aux statistiques migratoires contestées et contestables du Front National !

Et contrairement au contestataire (et le contraire du contestataire, c'est un traditionaliste), un lutteur traditionnel vous expliquera avec raison qu'il est difficile de faire soulever les masses !
Peut-être est-ce parce que le public d'ici attend que tout soit donné, comme au temps bolchevik ?...
Peut-être est-ce parce qu'il n'y avait pas d(e stars) internationales ?...
Peut-être est-ce parce que ce n'était pas la lutte finale ?...

Vos papiers !


Pat Discussion - 27/03/2019

“Quand on veut, on peut” affirme le dicton populaire... mais souvent quand on peut, on ne veut plus. Pouvoir et volonté seraient-ils contradictoires ?
Je me suis ainsi souvent demandé pour quelle raison les personnes qui disposent de quelques pouvoirs perdent en même temps toute forme de bonne volonté.
Prenons au hasard (enfin... euh... pas vraiment...) le cas de certains représentants des forces de l'ordre...
Se montrent-ils arrogants parce qu'ils ne sont plus obligés d'écouter ce qui vient d'en bas (les gens comme vous ou moi... enfin, le peuple quoi !) en affichant un mépris lié au contrariant pouvoir de dire “non” (... prénom... profession...) ?
Ou alors, c'est parce qu'ils sont obligés d'accepter un ordre contestable d'un pouvoir qui vient d'en haut ?
Contradictoire... contrariant... contestable... vous remarquerez qu'un qualificatif lié au pouvoir commence souvent par un “con...” ! J'observais cela en Belgique et c'est probablement comme ça partout dans le monde. Nul n'échappe à la règle du pouvoir qui rend con ! C'est donc pareil au Sénégal.
Le Sénégalais est gentil, chaleureux et souriant de nature. Donnez-lui du galon et il devient une autre personne.
Comme si le poids des responsabilités étouffait l'humanité.

L'autre soir, alors que je roulais en voiture, je me fis arrêter par un gendarme pour un contrôle au carrefour de la route Cap Skirring - Ziguinchor. La première fois depuis l'an dernier.
Certes, si on ne surveille pas les croisements où il y a un panneau “Stop” (et il y en a justement un à ce carrefour), les automobilistes qui ne savent pas conduire (et ils sont nombreux) transgresseront l'interdit et provoqueront des accidents. Tout le monde est d'accord avec cette version officielle...
Maintenant officieusement, chacun sait que les gendarmes sont postés là pour taxer de 500 ou 1.000 F les taxis “calandos” (“clandos” ou clandestins) qui font la navette Cabrousse - Cap Skirring.
Il y a plus d'une centaine de taxis à Cap Skirring et aucun ne possède de licence. Le contrôle à 1.000 balles, c'est une forme d'échange “win-win” (gagnant-gagnant et pas ouin-ouin pour les français peu familiarisés avec l'anglais). Il est plus intéressant pour un “calando” de payer la dîme journalière du hors-la-loi que de payer une licence annuelle et plus intéressant pour le fonctionnaire de faction d'empocher chaque jour les contributions des taxis taxés.
Les esprits grincheux feront remarquer qu'il existe dans le dictionnaire un autre mot que “contribution” pour désigner ce genre de manoeuvre qui n'est pas reversée à l'Etat, et ce mot est “corruption”. Oulaaa, quel grand mot pour si peu de choses, direz-vous...
Sans doute, mais si nous sommes effectivement peu de choses, on parle quand même d'incivilités de représentants de la loi.

Bon... moi, je ne suis ni corrupteur, ni chauffeur de taxi, mais le gendarme ne le sait pas et il m'arrête pour un contrôle. Je dois sortir les papiers du véhicule.
Okay. Je cherche dans la pochette où je fourre tous les papiers concernant la voiture depuis sa mise en circulation en 2002 et en sors la carte grise. Le gendarme me demande aussi mes documents d'assurance.
Okay. Je continue à fouiller... mais je ne trouve rien. Où sont passés ces fichus papiers ? Je venais pourtant de renouveler l'assurance auto chez Allianz quelques jours auparavant... Je fouille, je fouille, je ne vois pas clair (non pas que mon amie Claire ait put se trouver dans l'auto, mais parce qu'il fait noir dehors). Le gendarme s'impatiente et me prévient qu'il va verbaliser... Minute, minute !... J'appelle Jonas, qui utilise parfois la voiture, pour lui demander s'il a l'idée d'où pourrait se trouver ce fichu papier, mais Jonas n'en sait rien.
Heureusement, je finis par trouver le certificat d'assurance au milieu de ce que je pensais être une publicité. Mais à quoi pensaient donc les concepteurs marketing d'Allianz pour enrober ce si précieux sésame dans de la publicité ? Je remets le document d'assurance au gendarme qui le regarde avec l'air dépité du corbeau qui vient de perdre son fromage, puis me le rend et me laisse partir.

Quelques jours plus tard, je ne retrouve plus la carte grise de la voiture. Je me demande où elle a bien pu passer et me rappelle le contrôle que j'avais eu. En y réfléchissant, je pense que le gendarme a probablement oublié de me rendre cette carte, tellement j'avais mis du temps à retrouver le document d'assurance. Pas grave, un oubli, ça arrive à tout le monde... Moi-même, j'oublie à ce moment de signaler que je n'ai plus de carte grise à la gendarmerie.

Le lendemain, deuxième contrôle inopiné de la saison et, comme par hasard (enfin... euh... pas vraiment non plus, je crois), après lui avoir montré les papiers d'assurance, le gendarme redemande cette p... de carte grise.
Marie essaie d'expliquer avec diplomatie qu'elle pourrait bien se trouver dans sa poche ou dans celle d'un des ses collègues... De l'excuse, le gendarme rit (... on a le sens de l'humour à la gendarmerie !) et confisque les autres papiers... ainsi que le véhicule (... histoire de nous mettre aussi de bon humour !)
Nous voilà donc remis au pas et à pieds, sans papiers.
Nous demandons à notre ami Babacar, ancien commandant de gendarmerie, d'intervenir.
Après avoir passé quelques coups de fil, il nous rappelle pour dire qu'on peut reprendre la voiture à la caserne, mais qu'il faut aller chercher une nouvelle carte grise au bureau des mines à Ziguinchor sinon, nous ne pouvons plus circuler.
Comme il faudra obligatoirement présenter la voiture à ce bureau, nous devrons donc rouler illégalement pendant 70 km sur une route où il y a deux barrages de police (l'un à Oussouye, l'autre à l'entrée de Ziguinchor). Voilà qui promet de coûter cher pour pouvoir passer...
Qu'à cela ne tienne Etienne, on récupère véhicule et papiers, mais ... Tiens, tiens, Etiens ?... On ne retrouve plus les papiers d'assurance ! Où sont encore passés ces p... de b... de fichus papiers ?
En y réfléchissant (et oui, ça nous arrive plus souvent qu'on ne croit), on se dit : ne serait-ce pas ce gendarme hilare (celui-là même qui ne pouvait pas croire que lui ou un collègue ait pu oublié de restituer une carte grise) qui aurait aussi omis de les rendre. Marie retourne à vélo jusqu'au carrefour pour lui poser la question et, bingo, nos papiers d'assurance étaient effectivement restés dans sa poche...!
Mais bon sang, ils en font collection ou quoi ?
N'ayant guère envie de négocier les passages délicats aux barrages de police jusqu'à Ziguinchor et de se taper une journée en pleine canicule, nous demandons à Jonas de régler cette histoire la prochaine fois qu'il voyage là-bas.
Pour éviter les contrôles et les amendes qui ne manqueraient pas de suivre, Jonas part tôt le matin et revient tard le soir (les forces de l'ordre travaillant entre les deux).
A son retour, Jonas explique qu'il a été demander le duplicata au bureau des mines mais qu'il faut auparavant se présenter à la police de Ziguinchor pour faire une déclaration de perte et aussi leur remettre une photocopie de la carte d'identité du propriétaire de la voiture. Il y retournera donc une prochaine fois.
A nouveau de retour la fois suivante, Jonas nous apprend que les papiers demandés n'ont pas suffit. On exige maintenant que le propriétaire vienne sur place ou envoie une attestation certifiée conforme de propriété du véhicule pour délivrer une nouvelle carte grise. Que n'avait-t'on pas averti Jonas dès la première fois ? Est-ce une volonté délibérée de le faire impérativement passer par la case “amendes” des barrages ? Faire déplacer les gens pour des prunes (les fruits qui tombent des amandiers), c'est aussi une question de pouvoir !

Et Jonas fait grise mine en ajoutant que le service des mines ne lui a pas rendu la déclaration de perte de carte grise établie par la police. Sans doute fallait-il l'utiliser pour compléter l'album Panini “Documents administratifs - saison 2018-2019” ! Il faut donc, une fois de plus, retourner à Ziguinchor pour rechercher un document exigé par une administration qui a, une fois de plus, négligé de le rendre après l'avoir examiné.

J'en finis par me demander si les premières réactions des fonctionnaires ne seraient pas d'empocher tout ce qu'on leur remet ! Et de me dire que pour réguler la disparition d'une carte grise, il faut sans doute surtout faire jouer sa carte bleue. Ou alors, je n'ai une fois de plus rien compris et je dois me référer au Guide Pratique de l'Administration, rubrique “Je ne comprends rien, que dois-je faire ?” et à la Bible, Matthieu 8, 19 “Ton prochain tu respecteras... même si c'est un fonctionnaire !”

Un “ESPACE SPORT” à Cap Skirring...


Pat Touneuf - 20/03/2019

Vous voulez pratiquer un des sports suivants ?
- Mini-foot
- Basket
- Volley / Beach-volley
- Tennis
- Badminton
- Squash (entre le tennis et le badminton, mais plus facile et plus amusant)
- Ping-Pong
- Lutte Sénégalaise
- Pétanque
Bonne nouvelle pour vous : le stade Cap-Sénégal étant maintenant terminé, nous lançons un appel aux sportifs ou aux clubs de la région pour venir s'y entraîner et pour organiser des compétitions...
Le stade dispose de gradins, d'un vestiaire avec douches et toilette, d'une buvette et d'éclairage en soirée. Il est aussi possible de louer des équipements (raquettes, ballons, etc.)
Attention, l'accès au stade est à présent uniquement réservé aux membres d'une des équipes Cap-Sénégal en ordre de cotisation et aux clubs ou particuliers qui louent l'espace.
Si vous souhaitez faire partie de l'équipe Cap-Sénégal :
- de mini-foot, de basket, de volley ou de beach-volley, appelez Alfred Badadia Diatta au 77.424.89.50.
- Si vous êtes dirigeant d'un club local et souhaitez louer ces installations pour vos entraînements ou compétitions, appelez Alfred Badadia Diatta au 77.424.89.50 pour discuter des conditions de location.
- Si vous voulez jouer au tennis, au squash, au badminton ou au ping-pong, appelez Francis Diatta au 78.365.98.88
Nous vous rappelons que d'autres activités sportives comme la gym, l'aquagym et le yoga sont aussi proposées et que l'entrée à la piscine de Cap-Sénégal est toujours de 1.000 F/personne pour les nageurs ou les accompagnateurs (gratuit pour les clients du restaurant ou logeant en chambre).

Multisports

Beach Volley

Squash

Pétanque

La peur du noir


Pat Def - 11/03/2019

Cela fait maintenant quinze ans que nous avons mis le pied en Casamance (au passage, nous avons aussi des mille-pattes en Casamance !)
Et il y a cinq ans que nous avons ouvert Cap-Sénégal pour accueillir des touristes au restaurant ou en chambres (au repassage, nous n'accueillons pas la tourista au restaurant ou en chambres !)
On ne peut pas dire que la foule se presse nombreuse à la porte, mais cela commence à venir danka-danka ("petit-à-petit" en wolof). Il faut dire que le domaine devient (presque) aussi beau que celui du Club Med (... et surtout dix fois moins cher) et que tous nos travaux de constructions sont maintenant quasi terminés.
En plus, nous louons à présent le restaurant Sassanbon à Touka qui collabore avec Roland, l'ancien chef-cuisinier de l'hôtel Hibiscus, et nous avons donc enfin plus de temps libre à consacrer à nos visiteurs.
Et pour les mettre complètement à l'aise, nous le faisons dans une ambiance joviale, conviviale, familiale et toutautreargumentcommercial qui finit en ale...

Au Sénégal, nous avons fait la connaissance de nouveaux amis. Et ils sont nombreux... Des amis d'ici comme Jonas (Dimeko), Touka, Aliou, Mamady, Suzanne, Gnima, Bouba, Alfred, Lionel, Olivier, Babacar et tous les autres sénégalais...
De là-bas aussi comme Michel le champion du monde, Lucette et Gilbert, Gilles le castor, Serge, Babette et Luc, nos voisins de Genval, et quelques autres sénégaulois...
Autant de belles âmes que nous ne connaissions pas avant de débarquer en Afrique. Nous sommes à présent heureux de les revoir régulièrement au Sénégal. Et c'est réciproque à n'en pas douter.

Et vous zots, les z'anciens z'amis ? Qu'attendez-vous donc pour élargir votre horizon en notre compagnie ?
Hormis quelques-uns qui s'étaient déplacés le temps de trop courtes vacances, nous n'avons pas pu faire découvrir cette magnifique région à grand nombre de nos vieilles connaissances (Vincent était bien là mais où étaient restés François, Paul et les autres... ?)

Si vous n'êtes pas encore venus à nous, ce n'est certainement plus à cause du prix prohibitif du voyage puisqu'en passant par la Gambie, il y a maintenant des vols TUI à bas pix pour certaines périodes. En saisissant bien les opportunités, un budget vacances peut se révéler plus économique en allant à Cap-Sénégal qu'un séjour à Knokke, Val d'Isère ou Torremolinos (où tous, tous, tous vont, si tant est qu'il n'y a pas de place, place, place à la playa quand on y vamos !)
La durée du voyage ? Ce n'est pas si long... on part tôt le matin de Zaventem et on arrive dans l'après-midi. Ceux qui partent en voiture dans le sud de la France mettent autant de temps.
Alors quoi ? Où sont-ils, les zots ?
Auriez-vous peur de l'Afrique ?
Auriez-vous peur du noir ?

Heureusement, le nombre d'amis visiteurs belges a fortement augmenté cette saison.
C'est ainsi que nous avons eu le bonheur de (re)voir débarquer notre pote Vince the Prince en novembe. Puis, ce fut au tour de Xavier, un ex-pote d'il y a 40 ans devenu expat à mi-temps dans le sud de la France, de faire le détour avec sa chic Anne à Cap-Sénégal. Une belle (re)découverte que ce couple très soudé, très marrant, très sympa et très hors de France, comme dirait Stéphane Bern.
Ensuite, nous avons accueilli les MoPi's (Monique et Pierre, mes premiers collègues de Rush Studio) accompagnés de Claire, la femme de mon ancien associé Philippe (une petite pensée pour lui qui s'était éteint l'an dernier), de Marc, le frère de Philippe, qui nous avait introduit aux Editions Dupuis et au Journal de Spirou, et d'André, le puits de science qui gagna tous les quiz que nous organisâmes au restaurant Sassanbon (en prenant même de vitesse notre ami Michel Roux sur une question dont la réponse était : “Michel Roux” !)

Avec tout ce beau monde, nous avons été faire des tours en pirogue dans les bolongs pour voir les îles d'Egueye (où on a gardé les distances en repérant un crocodile, deux crocodiles) et d'Eloubaline (avec ses grandes cases à impluvium). On les a emmené avec Fred le guide découvrir le village de Cabrousse avant de faire un tour en VTT au Cap et en brousse. On a mangé des langoustes à midi et dansé le reggae à minuit sur la plage. On a dégusté des huîtres de palétuviers grillées au feu de bois dans un no man's land au bord du fleuve et en bordure de la Guinée Bissau. On a fait la tournée des petits rots de l'apéro en savourant un punch aux fruits de la passion à Diembering, au coeur d'un magnifique lodge naturel envahi par les oiseaux, les papillons, les fleurs de toutes les couleurs, et même à certaine période, par un spécimen rare qui, paraît-il, peut aussi vous en faire voir de toutes les couleurs. Comme il souhaire plus que probablement garder l'anonymat, je vous dévoilerai seulement que son nom commence par “Benoît” et finit par “Poelvoorde”.

Et puis surtout, nos amis de là-bas se sont liés d'amitié avec nos amis d'ici.

Des vacances qu'ils ne sont certainement pas prêts d'oublier ! Nous non plus d'ailleurs ! C'était cool de les revoir dans un tout autre contexte que d'habitude et nous les remercions de nous avoir permis de partager ensemble tant de joyeux moments.

Arrivée à l'île d'Egueye

A vélo dans les bolongs de Cap Skirring

A midi chez Anna

Sieste dans le hamac

Xavier Ros, Patrick Sterno et Marie Meunier devant les bolongs

Pierre, Monique et Claire arrivent à l'île d'Eloubaline

Marie Meunier pose sous le baobab

Et vous, qu'attendez-vous donc ? La vie est courte et le paradis, c'est par ici >>>
Demandez donc l'avis de Vincent, le premier ami qui nous a rendu visite et qui revient en avril se marier avec Thérèse, la jeune beauté sénégalaise qui rit quand on la... chatouille !

Le concours de danse


Pat Tédemaisons - 28/02/2019

Il y a quelques années, une école de danse de Ziguinchor, composée de gamins hauts comme trois pommes (à ne pas confondre avec les gammes de quatre pommes composées par Beethoven : pomme-pomme-pomme-pôôôômme), était venue faire une démonstration de leur talent au restaurant Sassanbon.
Tous de blanc et de vert vêtus, dansant avec un synchronisme parfait, ils avaient réalisé sous mes yeux ébahis un spectacle fa-bu-leux !
Comme Touka, l'actuel gérant du resto, m'avait confié que beaucoup de ses frères étaient danseurs (entre parenthèses, “frères danseurs”, c'est aussi suggestif que la citation qui couvre le mur du lycée de Cabrousse : “le roi entre dans l'arène”), je m'étais dit qu'il faudrait organiser dans notre stade Cap-Sénégal un show regroupant diverses écoles sous la forme d'une compétition de danse pour enfants.
J'imaginais qu'un large public serait ravi de découvrir comme moi ces fa-bu-leux jeunes danseurs...
On me présenta un artiste qui avait le bras long dans le milieu et était en contact avec toutes les écoles de danse de la région. Je lui expliquai vouloir proposer un concours de danse tous les mois. La première compétition aurait lieu le samedi 2 février à 17h et devrait durer trois heures au maximum afin que les enfants puissent rentrer chez eux en début de soirée.
Comme à chaque fois qu'il était question de musique, je demandai que le bruit reste confiné à l'intérieur du stade, pour ne pas avoir de problèmes avec les locataires des chambres, les clients du resto ou les voisins du coin.
Je lui fis d'ailleurs part de mon souhait de dorénavant NE PLUS LAISSER QUICONQUE ORGANISER UN EVENEMENT A CAP-SENEGAL SANS POUVOIR CONTROLER LE VOLUME DU SON (je l'écris en grand pour être bien clair là-dessus, au cas où un organisateur tomberait par hasard sur ce texte, parce qu'une majorité de demandes concernent des concerts et des soirées dans le stade ou bien des piscine-party's... alors qu'à mon humble avis, un stade sportif, c'est fait pour faire du sport et une piscine pour nager, pas pour crever les tympans de la population environnante !)
Je suggérai que deux jurés impartiaux, ainsi que les applaudissements du public, élisent le meilleur groupe.
Les équipes (cinq danseurs de moins de 14 ans + un coach) exécuteraient trois danses (un rock, une salsa, une danse africaine).
Un prix de 70.000 F serait remis aux vainqueurs (en espérant qu'il y ait suffisamment de spectateurs qui payeraient l'entrée de 1.000 F).
Il fut décidé de faire le tour des écoles pour rassembler les équipes et distribuer des tracts publicitaires pour annoncer l'événement.
Quelques jours plus tard, je découvris une affiche à l'entrée de Cap-Sénégal...
J'aime bien quand des collaborateurs prennent des initiatives, mais cette affiche posa problème parce que... je vous le donne en mille... ben, je n'avais rien demandé de ce qui était publié :
- l'artiste au bras long qui, au départ, ne devait nous donner qu'un simple coup de main, venait de se muer en principale tête d'affiche ;
- le concours de danse pour enfants passait au second plan, derrière un grand concert réunissant des stars locales du hip-hop et du rap ;
- l'événement s'étalait sur deux jours au lieu de trois heures, qui plus est à d'autres dates que celles prévues et annoncées sur nos premières publicités ;
- ma tête tirée d'une photo téléchargée sur internet était sur l'affiche qui me présentait comme le donateur des 70.000 F de prix (“regardez le gars qui donne l'argent, c'est lui... allez donc tous lui en demander !”) ;
- une entrée de 500 F était demandée au lieu de 1.000 F ;
- deux groupes de Ziguinchor étaient invités en plus des groupes locaux et il faudrait donc bien que quelqu'un paie leurs transport, repas et logement pendant deux jours et deux nuits.
Ce qui me désolait le plus était que personne de mon équipe n'avait vu cette affiche avant qu'elle ne soit imprimée et publiée !
Vu que je n'avais rien demandé de tout ça, je voulus tout annuler... mais Touka m'assura qu'il fallait le faire parce qu'il y aurait certainement beaucoup de monde (le sénégalais est optimiste de nature).
Hélas, le premier jour au matin, un décès dans sa famille empêcha Touka de venir faire le ménage dans l'organisation. A sa place, la sono que je n'avais pas demandée débarqua en renfort (à fond la) caisse, sous forme d'une montagnes de baffles monstrueux, capables de résister à un concert d'AC/DC !
Pendant deux heures, les DJ's balancèrent les tests du matériel pour vérifier qu'on percevait bien les basses fréquences jusqu'à la Grand'Place de Mons !
Je demandai de commencer le concours à 18 heures comme annoncé sur l'affiche, mais les seuls à être arrivés étaient les groupes de Ziguinchor.
Du coup, les premières danses ne débutèrent qu'à 20h30, quand tous les participants furent présents.
Comme toute l'animation se fit en diola, nous n'y comprîmes rien.
Le public se restreignit aux danseurs qui ne payaient pas d'entrée, à leurs trop nombreux accompagnateurs qui ne payaient pas d'entrée, aux six membres du jury qui ne payaient pas d'entrée, aux chanteurs et groupes présents pour le concert qui ne payaient pas d'entrée, aux membres du staff qui ne payaient pas d'entrée, aux techniciens de la sono qui ne payaient pas d'entrée et aux amis qui travaillaient tous à la “sécurité” qui ne payaient pas d'entrée (mais la sécurité de qui, s'il n'y a pas de public qui paie des entrées ?)
Si les petits danseurs furent assez terribles (bien qu'ils n'aient préparé qu'une seule danse au lieu de trois), cette première journée se termina par la recherche de couchages disponibles pour que puissent dormir les gosses de Zig qui n'avaient pas emporté de matelas, alors que leur venue était conditionnée à cette exigence au départ.
Le lendemain, ce fut un peu mieux puisque les finales commencèrent plus ou moins à l'heure et qu'il y eut un semblant de public (mais pas suffisamment).
Le concours se termina avec le discours surréaliste du président du jury, qui n'avait rien d'intéressant à dire mais qui, pour maintenir le suspense, le tira en longueur avant d'annoncer le nom du groupe des vainqueurs.
Et avec une remise du premier prix qui ne fut... pas remise... parce qu'on l'avait oubliée, tellement les résultats avaient tardé à venir.
Cela me chagrina d'autant plus qu'il fallut murmurer des paroles de réconfort aux oreilles des perdants qui pleuraient de tristesse et des félicitations aux gagnants qui pleuraient de joie. Un vrai murmure des lamentations !
Enfin arriva LE grand concert que je n'avais pas demandé et qu'il fallut clôturer à 23h30 au lieu de 22h (même si c'était plutôt sympa comme ambiance).
Les gosses de Ziguinchor restèrent dormir une nuit supplémentaire à Cap-Sénégal. Comme je n'avais rien proposé de tel, et puisqu'on faisait tout le contraire de ce que j'avais demandé au départ, cela ne m'étonna guère.
Lorsqu'ils s'en allèrent, ce fut au tour de Suzanne de suer sang et eau pour effacer les traces de ce qui ressemblait fort au passage d'un tsunami.
On vint aussi me présenter la note pour tout ce que je n'avais pas demandé mais qu'il fallait payer :
- la sono
- la nourriture
- le transport
En plus du don de prix, du logement à l'oeil, du travail de ménage final et du manque à gagner des locations annulées par les clients qui avaient fuit le bruit, l'expérience se révéla financièrement fumeuse, alors qu'elle aurait du se révéler fameuse !
A renouveler ? En tout cas (Touka), puisqu'il semble impossible de faire ce qui est demandé, il faudrait au moins ne pas s'évertuer à faire ce qui n'est pas demandé. Surtout si, en plus, ce n'est pas du tout ça qu'il faut faire... parce que ça, et c'est un comble, il faut quand même oser le faire !
Mais peut-être est-ce trop demander ?

Le calcul


Pat Toujuste - 31/01/2019

Mon compte était bon !
Un peu comme l'interminable mélopée Baye Fall des jeudis soir à Cap Skirring, je me mis à réciter tous les villages diolas des environs : Oussouye, Bouyouye, Ouïlle ouïlle ouïlle (non, ce village diola, du moins à ma connaissance, n'existe évidemment nulle part ailleurs que dans mon imagination qui interprète telle quelle l'intonation que je perçois quand un Diola me parle en diola !)
Une douleur fulgurante venait de me transpercer le ventre au point de pousser l'estomac à faire remonter par l'oesophage un cocktail au goût douteux : déjeuner de midi + bile + acide gastrique. Quel poison toxique avais-je donc avalé pour être mal à ce point, en ce beau jour de Nouvel An qui affichait une température de 30° ?
Appelé à la rescousse, le docteur Karim passa me voir en ce beau jour de Nouvel An (pas sûr que votre médecin européen assure pareil service, ni un jour de Nouvel An, ni quand la température affiche 30° et qu'il joue au golf).
Il diagnostiqua une “colique néphrétique”. Si, comme moi avant ça, vous n'avez jamais eu de coliques néphrétiques, profitez bien de la chance d'être en bonne santé, car le jour où ça vous arrive, ouïlle ouïlle ouïlle, comme on dit en diola ! Les crises provoquent des contractions très douloureuses. Mes voies urinaires étant bloquées par un mauvais calcul de rein. En définitive, mon compte était bon parce que le calcul était mauvais !...
Sur les conseils du médecin, je pris donc rendez-vous avec un spécialiste en urologie à l'hôpital régional de Ziguinchor.
J'ai donc testé pour vous le système de soins de santé en Casamance (ça, c'est du dévouement !)...
L'hôpital régional de Ziguinchor est d'aspect vétuste, bien loin de l'architecture neuve et flamboyante de l'hôpital de la Paix, situé à quelques kilomètres de là. Et contrairement aussi à l'hôpital de la Paix, ça grouille de monde à l'hôpital régional ! Les malades se faisant sans doute soigner en plus grand nombre à cet endroit parce que ça doit coûter moins cher. Il y a plusieurs bâtiments répartis un peu n'importe comment sur une grande surface au sol. D'abord, Marie et moi ne trouvons pas de service d'accueil à l'entrée. Seuls quelques gardiens règlent la circulation.
J'entre donc au hasard dans le premier bâtiment “Radiologie” et fais le pied de grue comme tous les autres devant le bureau d'une secrétaire. La foule se presse et pose des questions. La secrétaire répond : “asseyez-vous là et patientez”. Quand vient mon tour, elle m'indique où se trouve le bâtiment “Urologie”. Il y a encore plus de monde. Nous nous adressons au planton en uniforme militaire de service pour lui expliquer avoir rendez-vous à 11h avec l'urologue. Il répond : “asseyez-vous là et patientez”. Comme il y a plus de 50 personnes assises, patientes et en attente, je sors mon téléphone et appelle l'urologue pour lui confirmer que je suis bien arrivé à l'heure qu'il avait convenu.
L'urologue me fait passer dans son bureau et me conseille de passer une échographie. Il appelle le service du bâtiment “Echographie” qui lui répond avoir trop de demandes et qu'il est impossible de faire passer quelqu'un d'autre aujourd'hui. Ne s'avouant pas vaincu, il contacte le camp militaire situé à quelques kilomètres, et là, par contre, le service est disponible (j'en conclus que le service militaire est une bonne option). Arrivés à bon port, on nous dit d'abord : “asseyez-vous là et patientez” avant de me suggérer ensuite d'aller (en attendant) payer à la caisse de la caserne. Ce dont je m'acquitte. Tiens, le tarif pour les étrangers est 150% plus cher ?! Revenant à mon écho... revenant à mon écho (... et oui, il y en a !), après avoir bu les 15 verres d'eau nécessaires au remplissage d'une vessie vide de la taille d'une lanterne, l'appareil révèle, comme le bain à Archimède, la pomme à Newton ou la station Mir à Paco Rabane, où se situe le calcul. La doctoresse me dit que les résultats vont suivre.
- “Asseyez-vous là et patientez”.
J'avoue qu'il était assez difficile de rester assis à patienter car il a bien fallu évacuer les 15 verres d'eau en faisant une bonne dizaine d'allers-retours aux toilettes. Deux heures après, nous retournons voir l'urologue qui, après examen de l'échographie, me recommande de prendre rendez-vous pour une analyse de sang et pour un scanner. Tout simple, à priori ! Mais la prise de sang, c'est pour le lendemain et quelques jours plus tard pour le scanner, soit deux journées de travail à nouveau perdues et 240 km supplémentaires en taxi.
Le jour suivant, je retourne donc à l'hôpital régional de Ziguinchor pour la prise de sang... Je me dépêche pour arriver à 8h du matin. J'entre dans le bâtiment “Analyse” et fait le pied de grue comme tous les autres devant la porte du service. Après avoir examiné la demande de l'urologue, on me dit d'aller payer l'examen à la caisse puis de revenir avec la preuve de paiement. Après avoir cherché dans plusieurs directions, je me retrouve un peu par hasard devant la caisse, à l'entrée de l'hôpital. Un bon point : seules trois personnes font la file. Quand vient mon tour, le caissier me dit :
- “Avant de payer, vous devez d'abord aller à la facturation à côté...”
Je regarde sur le côté et découvre une foule de gens qui, telle une marée noire aussi épaisse que la soupe populaire, est amassée devant le guichet “Facturation”. Il me faut donc une bonne heure pour payer la prise de sang qu'on ne m'a pas encore faite (au tarif pour les étrangers... donc plus cher !)
Le ticket de paiement en poche, je me représente devant la porte du service “Analyse”.
- “Asseyez-vous là et patientez”. Après une heure de patience, on me fait plusieurs essais de piqûres (c'est pas de veine) et on me dit que les résultats vont suivre.
- “Asseyez-vous là et patientez”. Je demande si on ne peux pas transmettre ces résultats directement à l'urologue qui les avait demandés pour pouvoir faire le scanner. On me répond : “Pour le scanner, ils n'ont besoin que de connaître le taux de créatinine. On peut vous dire cela rapidement...
- “Asseyez-vous là et patientez”. Deux heures plus tard, je repars avec le résultat griffonné sur un bout de papier. Il est deux heures de l'après-midi et je suis toujours à jeun.
Le lundi suivant, je retourne pour le scanner. Rendez-vous était pris à 8 h à Ziguinchor. Je suis en retard, mais puisqu'on doit quand même attendre, je m'en fous ! J'entre dans le bâtiment “Scanner” et refais le pied de grue comme tous les autres devant une nouvelle porte du service.
Après avoir examiné la demande de l'urologue, on me dit de sortir de l'hôpital pour acheter à la pharmacie les produits d'injection nécessaires pour faire un scanner, puis de payer l'examen à la caisse et de revenir avec la preuve de paiement. Oui, oui, je sais, je sais !... Les sous d'abord, les soins ensuite !... Je connais le refrain : sous sous ou tagada soin soin !
Question : mais comment font ceux qui n'ont pas de sous ?... Et bien, je crois qu'ils ont recours à la naturopathie : ils finissent par manger les pissenlits par la racine ! Heureusement pour moi, quelqu'un note le prix sur la demande de l'urologue (au tarif étrangers, bien sûr !). Du coup, j'explique au caissier qu'on m'avait dit de venir directement à la caisse payer le montant indiqué, sans passer par la facturation. Cette inspiration m'épargne une heure de cohue et de bousculade. Le ticket de paiement en poche, je me représente devant la porte du service “Scanner” mais celle-ci est maintenant... fermée.
D'autres personnes sont assises et attendent. La porte reste fermée, fermée, fermée. Une jeune femme un peu forte commence à s'impatienter : “Ils ont donné rendez-vous à tout le monde à 8h... et à 10h, les portes sont toujours closes. C'est du n'importe quoi !”
Finalement, la préposée au scanner ouvre la porte et fait entrer une dame âgée qui ne tient plus debout à force d'être restée assise.
- “Les autres, asseyez-vous et patientez”. Un docteur arrive avec deux gars qui passent avant les autres sous le regard furax de la jeune femme un peu forte. Lorsque le docteur ressort, elle lui dit ses quatre vérités en wolof. De ce que j'en ai compris, elle lui reproche de passer devant tout le monde parce qu'il a une blouse blanche. Privilège de l'uniforme ! Toute les personnes devant moi finissent par passer au scanner. Je reste alors seul dans la salle d'attente. Un autre docteur vient avec un autre gars qui passe encore devant moi. La préposée au scan m'explique que c'est une urgence... Soit.
- “Patientez encore un peu et je vous prends après” me dit-elle... Inch'Allah. Il est presque midi lorsque vient mon tour. Elle me pose un cathéter, me fait coucher dans le scanner, les bras bien droits au-dessus de ma tête pour ne pas gêner les mouvements de l'appareil, me prévient qu'il faudra bloquer ma respiration, puis elle retourne se réfugier dans son local de travail. Elle me dicte ses ordres à travers l'interphone du scanner qui se met en mouvement : “patientez... patientez”. Le scanner ne bouge plus. J'attends dans une position inconfortable, bras tendus, pantalon sur les cuisses, cathéter au poignet qui repose sur une barre de fer. J'attends. J'attends. J'attends. Heureusement qu'elle ne m'a pas demandé de bloquer ma respiration !
Après dix minutes, mes bras tendus s'engourdissent et je les ramène sur ma poitrine en attendant la réaction de la préposée au scanner que j'imagine derrière la vitre, en train de vérifier où se situe mon problème sur son ordinateur. Silence... J'attends. J'attends. J'attends.
Bon, ça commence à bien faire. Toc, toc, est-ce qu'il y a un pilote dans l'avion ? J'attends. J'attends. J'attends.
Après une bonne demi-heure, la préposée réapparaît pour me dire :
- “Désolée mais il y a eu une urgence. Je vais maintenant vous injecter un produit qui va peut-être provoquer des céphalées ou des vomissements, mais il ne faut surtout pas bouger.”
Elle m'injecte à travers le cathéter un truc qui chauffe tout le corps en passant dans mon sang, me demande de me remettre en position et retourne derrière sa vitre. J'attends. J'attends. J'attends. Est-elle encore partie prendre en vitesse sa pause déjeuner ?
Enfin, elle me dit “bon, on va commencer...”.
Deux, trois blocages de respiration plus tard et hop, c'est fini !
Il est deux heures de l'après-midi et je suis toujours à jeun.
Avant de partir, elle me dit de beaucoup boire et manger.
Elle ajoute : “Revenez me voir après”.
Je lui demande : “C'est pour déjà avoir les résultats ?”
- “Non, c'est pour être certaine que vous avez bu et mangé suffisamment (je dois sans doute ressembler au petit enfant qui vient de naître et qui ne comprend rien du tout à ce qu'elle me dit)... Vous pourrez venir chercher les résultats la semaine prochaine !”
J'insiste pour savoir si on ne peux pas transmettre ces résultats directement à l'urologue qui les avait demandés et qui travaille ici, à l'hôpital.
- “Non, il faut patienter pour ça. Revenez la semaine prochaine.”
Je comprends mieux à présent pourquoi on appelle les clients d'un hôpital des... patients !
Je crois d'ailleurs que je ferais bien de patienter avant d'y retourner ! J'envoie donc un taxi chercher les résultats la semaine suivante et attends ensuite plus d'un mois en espérant que les mélanges d'huiles essentielles préparées par Marie, les jus de citrons et papayes pressés par Max ou les incantations christiques de Lionel me guérissent du mal. Plus simplement, j'attends surtout que le temps fasse son oeuvre et que mon corps rejette l'intrus.
Malheureusement, mon corps n'a plus 20 ans et l'intrus s'incruste. Les crises sont moins douloureuses et moins fréquentes, mais la pierre au rein, aussi appelée “calcul” (sans doute parce que π r calcule une circonférence), ne se dissout pas.
Je retourne donc voir l'urologue qui propose deux solutions :
1. La chirurgie ouverte : elle peut se faire à l'hôpital régional de Ziguinchor : on paie... on patiente... puis on endort entièrement le patient, on ouvre, on retire les pierres en espérant qu'il ne faille pas toucher à la vessie (on ne sait jamais), on referme et on prie qu'il n'y ait pas d'infections en faisant re-patienter le patient pendant plusieurs jours dans ce vieil hôpital vétuste... Heuuu ouiiii, mais quoi d'autre ?
2. L'endoscopie : elle se pratique à la clinique Ya Salam à Dakar : on anesthésie la moitié basse du corps, on fait passer un tube et la pierre est directement extraite à travers lui. Mais par où fait-on passer le tube ? Oui, oui, par là !... Par la voie naturelle, mon kiki ! Voilà encore une expérience traumatisante de vie qui s'ajoute à la liste.
Après avoir été me faire arracher un ongle à 20 ans, couper les cordons de la bourse (vasectomie) à 35, recoller la rétine de mon oeil à 50, il ne manquera plus qu'une coloscopie* à ce palmarès pour faire le tour de mes pires peurs.
* Introduction d'un tuyau dans le trou du fût entre mes deux caisses pour vulgariser l'opération avec ce contrepet vulgaire emprunté à Vincent et Michel.
Mais pourquoi est-il si fréquent de toujours devoir subir ce qu'on ne veut surtout pas subir et, par contre, ne jamais obtenir facilement ce que l'on désire toujours avoir ? Dieu, pourquoi tant d'injustice, que diable ?
Enfin soit, j'opte pour Dakar. J'appelle le chirurgien, un Professeur, que l'urologue m'avait renseigné (il fallait bien faire appel à un Professeur pour m'expliquer par a+b comment faire l'opération du calcul !)
Il propose de me rencontrer le lendemain et de me passer au bloc deux jours plus tard. Je préviens DKV, ma compagnie d'assurance en Belgique, que je dois me faire opérer au Sénégal et saute dans l'avion pour Dakar avec Marie (qui veut s'assurer que je serai toujours vivant à la sortie d'hôpital). La clinique, située face à l'océan le long de la corniche de Dakar, est coquette et équipée à l'européenne. L'accueil est rapide et (Thibaud) courtois. Une vaste chambre individuelle avec salle de bain particulière m'est réservée. Très vite, les questionnaires pré-opératoires sont remplis. Très pro (Courtois) !
Premier os : c'est pareil qu'à Ziguinchor (par conséquent, je suppose que c'est ainsi que les soins de santé fonctionnent dans tout le Sénégal) et il faut payer avant de se faire opérer (tout de suite donc). Comme il est prévu de m'hospitaliser huit jours, le devis dépasse mon budget. Je n'ai pas tant d'argent sur mon compte. Je peux en envoyer depuis la Belgique, mais je serai parti avant qu'il n'arrive. J'en parle au médecin. Il m'écoute et écourte la durée de trois jours.
Cela m'arrange doublement :
- d'une part, on peut rentrer un mardi avec le bateau, moins cher que l'avion ;
- d'autre part, cela réduit la fract... non... la facture de ce premier os en évitant aussi de nous retrouver sans un rond durant quelques jours à Dakar.
Second os : DKV me contacte pour prévenir qu'ils ne rembourseront rien, parce que je séjourne à l'étranger depuis plus de trois mois. Depuis des années, je paie des primes qui m'assurent en cas d'hospitalisation partout dans le monde.
Je n'ai pas souvenir avoir fait auparavant appel à l'assistance DKV en Belgique ou à l'étranger, vu que je suis en bonne santé (... justement parce que je vis plus de trois mois à l'étranger dans un endroit paradisiaque où il fait bon vivre, où il n'y a ni stress, ni pollution, où je fais du sport chaque jour, où je mange sainement au point d'avoir retrouvé le poids de mes 18 ans, je ne consomme ni tabac, ni alcool, ni drogue, ni rock'n'roll et j'ai même arrêté de boire du Coca-Cola depuis deux mois (ultime sacrifice !) parce qu'il n'est plus nécessaire de réveiller une digestion paresseuse causée par un trop-plein de chips et de chocolat.
Quand je pense en plus que ces primes ont augmenté de près de 150 % par rapport à la prime d'origine, le refus de DKV basé sur une clause discrètement introduite en corps 6 au milieu d'un recueil encyclopédique de termes juridiques (qu'on appelle aussi “conditions générales au verso”) me laisse un poil amer. Depuis la crise financière que quelques vautours et pigeons ont provoqué avec l'appui des organismes financiers telles que les banques et compagnies d'assurances, ces dernières s'évertuent à détruire la relation de confiance qu'ils avaient avant avec leurs clients. Or, le bon fonctionnement de notre système économique se base justement sur la confiance. A force de détruire la base, ce système pyramidal finira bien par s'écrouler (et les banques, et les compagnies d'assurances, et nous avec !)
Il faudrait les juger pour primes contre l'humanité, ouais !...
En deux mots : je râle ! En trois lettres : DKV !
Après avoir rongé mes os, je ronge mon frein et attends l'opération. Toc, toc, on vient me chercher ! L'anesthésiste pique dans la colonne vertébrale. Je reste totalement conscient mais ne sens plus mes jambes... On les place sur des étriers, exposant mon intimité à tous les intervenants de la salle d'op' (heureusement, je n'entends pas de petits ricanements !) Le chirurgien introduit la sonde... Je ne sens rien... ouf ! En regardant le moniteur, j'arrive à voir l'intérieur de mon bas-ventre grâce à la petite caméra fixée sur la sonde (heureusement, ce ne sera pas publié sur internet !)
En prenant le trou noir et en suivant au fond le deuxième tunnel à droite, après un passage dans une espèce de couloir spatial recouvert de vaisseaux sanguins, au milieu d'un bosquet d'algues blanches, le chirurgien repère le calcul jaunâtre et me le fait découvrir à l'écran. Après avoir nettoyé tout ce qui le bloquait, il enlève la pierre et je tombe dans les vaps.
Me voilà de retour dans la chambre où je vais pouvoir me reposer en paix (hé non, je ne suis pas mort !)
Beau travail et grand merci à toute l'équipe de la clinique Ya Salam qui a pratiqué l'intervention. Le service était parfait !
Mais comme souvent, c'est après l'opération que les choses se compliquèrent...
Lorsqu'on retira le drain (après l'avoir sifflé trois fois), les va-et-vient aux toilettes se démultiplièrent pour faire hippie (“peace”, comme ils disent ici !) et évacuer surtout beaucoup de sang. Or il fallait écourter mon séjour (grâce à DKV, l'assureur qui, de mon point de vue, n'assure finalement que ses arrières), puis voyager 12 heures en bateau, débarquer à l'île de Karabane, prendre une pirogue jusqu'à Elinkine et revenir en voiture à Cap-Sénégal. J'avais donc demandé s'il n'y avait pas un médicament pour éviter d'être incommodé par ces fréquents écoulements. Mauvaise idée... car juste avant de partir et après avoir bu les trois litres d'eau journaliers recommandés pour mon traitement, je fis une réaction allergique au médicament prescrit qui bloqua toutes les évacuations. Les heures qui suivirent se révélèrent être un véritable calvaire qui aurait fait la fierté d'un féroce bourreau chinois. Avec la même efficacité que le supplice de l'eau, le bas de mon corps se mit à enfler comme une outre. Pour libérer mes fonctions, il fut décidé de faire repasser, à vif et sans anesthésie, une nouvelle sonde qui traverserait l'urètre pour atteindre la vessie, la réaction au médicament ayant obstrué cette voie. L'intervention se révéla impossible et aussi martyrisante qu'un supplice du pal côté pile (et pour ceux qui ne sont pas au courant, ce supplice ne consiste pas à manger de la nourriture pour chien !)
L'abandon de la manoeuvre me permit toutefois de souffler quelques heures. Mais par la suite, le trop plein liquide, qui poussait vers la sortie d'urgence, restait toujours coincé à l'intérieur. Mon système urinaire complètement verrouillé ne laissait passer que quelques misérables gouttelettes de sang au prix de douleurs intenses.
Le voyage, enchanteur en d'autres circonstances, se mua en abominable chemin de croix. Arrivé à la rescousse, le docteur Karim de Cap Skirring ponctionna, à l'aide d'une seringue, 350 ml de sang dans la vessie.
Cet acte salvateur débloqua mes systèmes internes, libérant les pressions et ramenant peu à peu l'équilibre dans mon organisme au cours des jours suivants. Je m'en tirai donc à bon compte... alors que, finalement, mon compte n'était pas bon (puisque j'avais survécu à cette épreuve !).

La belle histoire


Pat Amodeler - 18/11/2018

Voici une belle histoire vraie qui n'est pas sans rappeler le film "Lion" projeté l'an dernier au lundi-cinéma de Cap-Sénégal.
Ce matin, en sortant de notre flambant neuve nouvelle maison 4 faç. lux. tt. confort, 4 ch. + 4 sdb, cuis. éq., 2 terr. + véranda ext...
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(note : mais pourquoi est-ce que j'écris en abrégé dès lors que notre flambant neuve nouvelle maison n'est pas à vendre ? Peut-être parce qu'il est dans l'air du temps d'économiser les mots, dégraisser l'effectif, vider le sens et ne garder que ce qui rapporte en temps et en argent).
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... je croise le regard de Picasso au loin (!)
Non pas LE célèbre Picasso espagnol qui est mort depuis longtemps, mais un de ses nombreux homonymes anonymes.
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(note : je vous avais déjà présenté Bouba le peintre, dont le surnom Picasso faisait référence à l'artiste dans ses périodes bleues et roses. Voici maintenant Pierre le jardinier, qui renvoie donc à Picasso dans sa période verte).
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Bon, j'arrête là pour les notes car sinon, à la fin, elles deviennent salées !
Reprenons...
Pierre collabore avec Mamady le sculpteur et a planté une bananeraie à côté de la flambant neuve nouvelle maison de Mamady, lui aussi grand surréaliste à sa manière, car chaque jour il part faire “flambant ses foufous” (si vous ne comprenez pas ça, c'est que vous êtes un bakaro !)
Pierre Picasso m'explique tout l'amour qu'il porte à sa plantation de bananiers et qui permet aux fruits de se développer bien plus vite et mieux que partout ailleurs.
Et c'est vrai que ses régimes pètent la forme (notre conseil du jour : faites régime et vous aussi, vous pèterez la forme) !
Après un cours de jardinage, il me parle de lui et de ses racines (on reste dans la plantation) pour dire qu'il vient d'un village lointain de Guinée “forestière” (on reste encore dans la plantation mais c'est ainsi qu'il nomme la Guinée-Conakry pour distinguer ce pays de la Guinée-Bissau dont la frontière se trouve à quelques kilomètres de Cap Skirring).
Pierre ne connait guère son village natal. Il est arrivé très jeune à Cap-Skirring avec ses parents qui se sont ensuite séparés alors qu'il n'avait que six ans.. Il n'a plus jamais revu son père, reparti en Guinée, et pensait qu'il était mort.
Pierre est donc resté vivre avec sa mère à Cap Skirring, y a grandi, s'y est marié, a fait trois enfants (dont des jumeaux, Michel et Edouard avec qui je joue parfois au basket).
Sa mère est morte il y a quelque temps et il habite maintenant juste derrière notre flambant neuve nouvelle maison. A ce qu'il me dit, il est très ami avec Mamady, qui est originaire du même coin que son père, au croisement de la Guinée, du Mali et de la Côte d'Ivoire.
En discutant avec une amie de Dakar qui travaille pour une association active dans cette région, Mamady lui a parlé du père de Pierre. Comme l'amie envoyait justement une émissaire visiter la région d'où sont originaires les parents de Pierre, elle proposa à Mamady d'essayer de retrouver le père de Pierre malgré le peu d'informations à disposition (rares sont les souvenirs de petite enfance enfouis depuis si longtemps dans la mémoire). En fait, tout ce dont elle disposait était son nom.
Coup de pot, elle retrouva un homme de près de 80 ans qui portait le nom recherché. Sans lui expliquer le but de sa visite, elle le questionna pour connaître son histoire. Il lui expliqua avoir vécu un temps à Cap Skirring avec son ex-femme et son fils Pierre qu'il n'avait plus jamais revu depuis qu'il était tout petit...!
Elle avertit alors Mamady de la bonne nouvelle !
Ce dernier proposa une rencontre vidéo sur Messenger entre Pierre et le vieil homme...
Ô miracle technologique d'internet, voilà que Pierre et son vieux père se retrouvent après avoir vécu éloignés de 1.500 km pendant 50 ans.
Un grand moment d'émotion assurément.
Ils croisent enfin leurs regards.
Se racontent leur vie. Partagent des souvenirs. Pleurent de joie.
Pierre promet de venir voir son père avant la fin de l'année. Et Mamady qui connaît la destination va faire de son mieux pour guider son bakaro jusqu'à bon port.
Parce que Mamady n'a pas que des rastas dans ses cheveux. Il a aussi le coeur sur la main !

Fruits de saison


Pat Saladaraconter - 13/06/2018

Saison terminée ! Notre resto “Sassanbon” a tangué mais pas coulé... Même si la petite mise au vert de la saison dernière s'est quelque peu prolongée (le vert dure).
Tangué et le vert dure, une fameuse aventure !
Pour écrire bref, nous avions trouvé deux entrepreneurs repreneurs (il y a de l'écho) européens, dont un restaurateur professionnel à la retraite, pour s'occuper du restaurant. Mais ils ont eu la mauvaise idée de se disputer juste avant de commencer. Il n'y eu finalement plus qu'un seul repreneur preneur (encore l'écho) : le restaurateur professionnel à la retraite qui entreprit de reprit... non... reprendre (la faute à l'écho) le restaurant en main.
Hélas, son manque de présence lié à des difficultés familiales fit que la sauce ne prit pas (un comble pour un cuisinier) !
Le duo sénégalais qu'il forma en remplacement de notre sympathéquipe ne s'est pas montré à la hauteur du défi que tout être humain mérite un jour d'avoir à relever : prendre son avenir en main et forger son destin.
Nous avons donc du patienter jusqu'à la fin des contrats pour décider d'une nouvelle orientation : nous tourner vers l'avenir et laisser le plus jeune de notre sympathéquipe, Romaric (alias "Touka"), faire ce qu'on imaginait que les repreneurs allaient faire au départ : s'inscrire au registre de commerce et s'occuper à plein temps de la gestion du restaurant.
Romaric a le potentiel pour relayer notre projet. Il est droit, diplomate, réactif et toujours présent. Avec lui, on est sûr que tout ce qui doit être fait pour satisfaire un client sera fait. De toute façon, ce ne sera pas difficile pour lui de trouver plus de clients que la saison passée (avec un chiffre d'affaires proche du zéro absolu) en bénéficiant d'une cuisine récemment équipée de matériel professionnel.
On croit aussi qu'un sénégalais sera plus à même d'éviter les bâtons que différentes administrations locales voudraient mettre dans les roues.
Du coup, nous pourrons continuer d'avancer en roue libre, l'esprit serein.
Alors, on avance, on avance... Ailleurs que dans le resto !
Nous construisons de nouvelles chambres “low-cost” derrière le terrain multisports avec toilettes et douches communes à l'extérieur et, bonne nouvelle, comme la mer, les murs montent ! Car dans une chambre, il faut faire les murs, toujours les murs ;-) On pourra donc bientôt faire la ola dans le stade et olé olé derrière les gradins !
Les plantes retrouvent la banane quand les tomates se risent en demandant “où cours-je ?” aux courges !
Des coquillages se cassent pour que la plage se déplace au jardin afin d'y jouer au beach-volley.
De nouvelles animations qui feront remuer ménages ou méninges sont imaginées.
Les livres sont livrés et les jeux sont faits !
Tout va bien...

Soutenez le projet, achetez l'album !


Pat Toujourfacile - 09/09/2016

DimekoCap-Sénégal, c’est notre centre de loisirs à Cap Skirring. C'est aussi une “sympathéquipe” à votre service. Un cercle restreint de collaborateurs qui, avec le temps, sont aussi devenus nos amis. Même si la vie n’est pas toujours facile quand on vit en Afrique, ils nous démontrent chaque jour qu’elle peut néanmoins s’éclairer d’un simple sourire. C’est pour rendre hommage à leur dévouement et à leur bonne humeur contagieuse qu’a été créé cet album, qui mélange tout à la fois des informations ludiques et instructives sur notre projet ainsi que sur la région. Le tout étant agrémenté par de multiples dessins humoristiques. En achetant cet album, vous participez vous aussi à notre élan solidaire puisque les bénéfices des ventes de ce livre seront principalement distribués à nos amis de Casamance.


accueil

Mise au vert


Pat Roto - 17/08/2016

Depuis que des lanceurs d'alerte ont été mis à l'ombre pour avoir mis en lumière les révélations WikiLeaks (scandale de la CIA), LuxLeaks (scandale de la fraude fiscale), NSALeaks (scandale des écoutes illégales), FootballLeaks (scandale de la FIFA) ou AstérixéobéLeaks (Gaulois à sandales), tout le monde sait que les murs (de Berlin) ont des oreilles (de Janeiro) et que les yeux (de Moscou) sont en face des trous (de Bâle).
Soyons rassurés citoyens : la terre veille (et la mer aussi) !
Il était donc certain que les Services de Renseignement Français auraient vent de l'ALERTE ROUGE lancée précédemment par l'Edward Snowden de ce blog.
Soyons donc doublement rassurés : ils ont terveilleusement réagi en levant l'interdiction aux Français de se rendre en Casamance.
En effet, la carte "Conseils aux voyageurs" publiée par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international a été modifiée. La Casamance n’est plus classée comme étant une zone à risques ! Hourra ! Hourra !

Mise au vert Casamance

La Casamance, ainsi que tout le Sénégal, reste néanmoins pour ce ministère, en état de vigilance "renforcée" à cause des attaques terroristes (pour rappel : 0 attentat au Sénégal), alors qu'en France (pour rappel : 8 attentats depuis 2015), la vigilance est "normale", preuve s'il en est de l'objectivité et de la bonne foi des services administratifs du gouvernement “Moi, Président...”
Autre bonne nouvelle, la Gambie toute proche est redevenue un endroit fréquentable depuis la chute et la fuite du dictateur Neinein Toujou... non, c'est le contraire... Yahya Jammeh, parachutedoré dans un paradis fiscal où il n'aura de compte à rendre ni sur la provenance des milliards volés à son peuple, ni sur les exactions commises en 22 ans de règne sans partage.
La compagnie aérienne TUI proposait de novembre à fin mars des prix cassés sur le vol Bruxelles-Banjul (à partir de 198 € A/R la saison dernière).
Ami lecteur, permets-moi ce petit conseil pour la prochaine saison : sois aux abois des prix TUI pour toi !
Arrivé à Banjul, Jonas peut venir te chercher à la sortie de l'aéroport et t'emmener à Cap Skirring (220 km) dans son taxi 6 places pour 300 € A/R (à diviser par le nombre de voyageurs, si tu viens en groupe).
Ensuite, tu passeras des vacances inoubliables en notre compagnie, ainsi que celle de nos amis d'ici, en ayant le privilège de pouvoir choisir parmi les options de séjour :
- promenades-découvertes
- sports-loisirs
- aventures-explorations
- carpette-bronzette
(biffer les mentions inutiles).
Alors dépêche-toi de trouver une famille ou un groupe d'amis pour profiter de vacances à moindre coût (50% sur le prix ordinaire, c'est un prix super et plein de sens, comme on dit chez Total).
Mais si les feux sont verts pour que cette verte région soit ouverte aux vertueux vertébrés, la réalité, elle, n'est pas aussi rose, comme dirait l'éléphant qui a un ver dans le nez (oui, je sais, c'est trompeur !)
Malgré toutes ces ouvertures, nous avons décidé de fermer notre restaurant (pour l'instant).
Au bout du compte, il faut reconnaître que ce métier n'était pas fait pour nous.
Car si nous avons sympathisé avec la grande majorité des clients, il faut bien avouer que quelques personnes nous ont aussi poussé vers la sortie.
La saison prochaine, après l'hivernage, on espère que la nature sera plus verte et qu'on y verra plus clair. En attendant, nous, on se met au vert !

Alerte rouge !


Pat Bonumeur - 17/05/2016

Si vous voyagez en France ou en Belgique, alerte : nous vous conseillons de faire preuve d’une grande prudence en raison des menaces d’attentats, d’activités criminelles et de troubles civils.
Surveillez les médias pour obtenir plus d’informations sur les risques de vous y rendre.
Après les récentes attaques, la menace terroriste est à son niveau maximum.
Nous vous conseillons de reconsidérer le besoin de vous rendre dans ces pays, à l’exception des grands axes qui les traversent, mais les emprunter nécessite néanmoins une très grande prudence.
La situation sécuritaire est imprévisible. Des bandits armés sont connus pour opérer dans les grandes villes où des voyageurs ont été attaqués.
Les manifestations sont fréquentes. Vous devriez éviter les grands rassemblements et les meetings politiques, car ils peuvent devenir violents. Les lieux de manifestations, y compris les lieux touristiques, administrations et autres lieux publics, devraient être évités.
Des affrontements entre la police et des manifestants ou des grévistes sont possibles.
L’armée contrôle certains bâtiments publics.
En cas d’agression et/ou de vol, portez plainte auprès des autorités de police locales et faites constater par un médecin les blessures éventuelles en résultant.
Au niveau de la santé, des maladies alimentaires, parasitaires et infectieuses sont fréquentes avec des crises plus graves qui se produisent de temps à autre. Nous vous recommandons de surveiller votre alimentation.
Consulter un médecin si vous avez de la fièvre ou souffrez de diarrhées.
Soyez donc extrêmement vigilant si vous décidez néanmoins de vous rendre en France ou en Belgique.
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Vous l’aurez compris, c’est de la fiction tout ça ! Cette alerte bidon, c’est du grand n’importe quoi…
Cela ne se passe pas comme ça en France ou en Belgique, bien sûr. Qu’est-ce que je raconte là !…
Pourquoi dégoûter les touristes de goûter à ces doux pays ?
Et bien, voyez-vous, parce que le grand n’importe quoi existe bel et bien sur internet.
Car si vous remplacez ci-dessus “en France ou en Belgique” par “au Sénégal”, vous n’aurez aucune peine à imaginer qu’on vous dit la vérité.
C’est ce que font les sites gouvernementaux… et ils font peur !

Alerte rouge Casamance

Ainsi, la France déconseille “vivement” de se rendre en Casamance en encadrant ce texte en gris pour le faire ressortir.

(Je cite le site) “Si les attaques sont exceptionnelles depuis 2013 en Casamance, un certain nombre d’incidents ont eu lieu, occasionnant des blessés.
L’année 2015 a été marquée par une légère recrudescence d’incidents sécuritaires (altercations entre les forces armées sénégalaises et les rebelles, ainsi qu’une quinzaine de braquages recensés sur l’année, majoritairement sur des routes secondaires et à la proximité des frontières).
Le mois de février 2016 a cependant été marqué par deux nouveaux incidents. Ainsi, un braquage de véhicule (avorté en raison d’une intervention de l’armée sénégalaise) est survenu le 9 février sur la Route Nationale 4 entre Bignona et Senoba, et un véhicule qui circulait de nuit sur un axe secondaire entre Diakoye Banga et Batong (département de Bignona) a été immobilisé et emporté par des hommes armés le 15 février” (Fin de citation).
Donc, si je résume l’alerte rouge du site gouvernemental français : il ne faut pas aller en Casamance parce qu’il y a eu quinze braquages sur les routes en 2015 et deux en 2016 (une voiture a même été volée !)
Tout ce qui est écrit est rigoureusement exact mais replacez cela dans le contexte global de la sécurité dans le monde et vous constaterez qu’en affirmant que la Casamance est une région plus dangereuse qu’ailleurs, le gouvernement ment ! Je ne sais pas vous, mais moi, quand le gouvernement ment, ça me titille !
Juste en passant, à titre de comparaison, savez-vous qu’on recense en France plus de 5.000 braquages par an ?… Mais méfiance, cette info vient d’internet et pourrait donc aussi s’avérer être du grand n’importe quoi… (en réalité, ce doit être beaucoup plus !!!)
Alors oui, il est important de dire la vérité au sujet de la sécurité des voyageurs, mais il faut surtout bien l’analyser avant de forger les opinions sans laisser galoper l’imagination des gens en terres inconnues.
En définitive, le problème est là : à part quelques résidents et autres téméraires aventuriers, personne n’ose plus venir en Casamance.
C’est incroyable mais vrai : à cause de menus larcins au fin fond de la brousse, le monde entier et mon dentiste désertent cette magnifique région du sud du Sénégal, dont le climat et la nature ont pourtant un avant-goût de paradis terrestre.
Pour rester objectif et ne pas laisser galoper votre imagination en terres inconnues, il faut aussi bien dire que le prix du voyage n’est pas donné et que l’accès y est compliqué…
Tout ça pour dire qu’il y avait encore cette année très peu de nouveaux touristes à Cap Skirring. Et, par conséquent, trop peu de clients chez nous, à Cap-Sénégal.
Nous avons fini la saison à perte, en réduisant nos effectifs (vu que ce sont aussi des amis qui se retrouvent au chômage, ce n’est pas la joie dans les chaumières).
Et malheureusement pour les Sénégalais, nous ne sommes pas les seuls à souffrir du déclin touristique de la Casamance…
Conséquence 1 : il n’y a plus de travail pour eux (et il n’y a plus de l’arZZZent).
Conséquence 2 : pour trouver du travail, il leur faut partir ailleurs (car pour survivre, il faut de l’arZZZent).
Conséquence 3 : les migrants affluent vers l’Europe (parce que là-bas, il y a de l’arZZZent).
Conséquence 4 : c’est encore vous qui allez le payer (parce que vous, vous avez de l’arZZZent).
Et au passage, n’oubliez pas de remercier le gouvernement français qui laisse aussi parfois galoper sa lourdeur en terres inconnues !
Alors, je me pose une question : pour un résultat identique (quoi qu’il arrive, vous aurez de toute façon moins de l’arZZZent dans votre poche), viendrez-vous vous éclater au paradis ou allez-vous continuer à attendre l’éclatement de l’Euro (ou pire encore, d’entrer dans les statistiques de braquages annuels en France ou en Belgique) ?
Comme vous le constatez, on est de retour en Belgique et je suis Pat Bonumeur !

Le four


Pat Apouf - 07/11/2015

Avant-hier, nous organisions notre premier concert !
C'était encore un peu tôt dans la saison pour créer l'événement à Cap-Sénégal, mais notre objectif premier était d'auditionner et tester le groupe "Essoukolale" qui était venu animer quelques soirées au restaurant "Sassanbon" pendant l'hivernage (et auxquelles nous n'avions donc pas assisté, vu que nous vivions à cette période dans un monde parallèle, sous un autre méridien, géolocalisé par satellite à des degrés, minutes et secondes bien éloignés des températures et du temps de Cap-Skirring).

Soucieux de nous faire redécouvrir ses talents gastronomiques, le chef Ibou nous a concocté un menu trois étoiles pour cette soirée des retrouvailles :
- Entrée : salad bar.
- Plat : poulet à la moutarde ou brochettes de poissons accompagnés d'un gratin dauphinois ou de petits légumes.
- Dessert : crêpes au chocolat ou salade de fruits.
"Est-ce que vous voyez ?" avait-t-il ajouté en nous observant d'un oeil, tandis que l'autre dressait déjà l'inventaire des courses à faire.

Ensemble, nous avions alors défini d'un prix qui ne mettait pas la barre trop haut et était accessible aux bourses des résidents (ou plutôt à leurs portefeuille, histoire de ne pas laisser l'imaginaire collectif cher à Jung et Freud s'emballer autour de doubles sens foireux) : 8.000 cfa (12 €) pour le menu, avec en prime un concert "live" d'"Essoukolale".

Une semaine avant la date prévue, on faisait imprimer des publicités qui furent déposées dans les endroits stratégiques du Cap.
Marie publiait le programme sur les sites Facebook de Cap-Sénégal et d'Actu-résidents. Un grand nombre de personnes virent le message.

Et puis arriva le grand soir...

Essoukolale en concert à Cap Skirring

Et quel soir, mes amis : ce fut tout simplement féérique !
Comme dans un conte des mille et une nuits, le thermomètre affichait 30° au compteur, les étoiles brillaient dans le ciel, les feuilles de palmiers découpaient l'obscurité d'ombres zébrées d'un noir plus dense, notre piscine, remise en état, était discrètement mise en valeur à l'arrière-plan par des éclairages veloutés verts et bleus, le buffet varié à souhait aiguisait les appétits et le repas était sincèrement savoureux.
Et par dessus tout, “Essoukolale” créait une ambiance extraordinaire en interprétant des chansons qui mettaient le feu à la salle.
Lorsque Cendrillon et Prince charmant (Marie et moi) ouvrîmes le bal, nous fûmes aussitôt suivi par toute notre équipe.
Il y avait longtemps que nous ne nous étions plus éclatés dans une soirée comme ça. Nous dansâmes jusqu'à ce que nos corps se liquéfient, évacuant aux passage quelques litres de sueur et trempant nos belles tenues de soirée, qui font désormais penser aux serpillères utilisées pour nettoyer la cuisine à grandes eaux.
Bref, un moment magique !
Et je le dis en toute objectivité...
Mon intégrité légendaire me permet aussi d'affirmer en toute impartialité que ma femme est canon et que tous ceux qui prétendent le contraire sont des boulets !
Cela est scientifiquement prouvé et rigoureusement exact !
Sans rire, ce fut un moment magique, je vous dis ! Vraiment fabuleux !
Et malgré toutes les raisons que vous pouvez invoquer, vous aviez tort...
Parce que les absents ont toujours tort et que vous n'étiez pas présent.
Il y a eu 0 client ce soir-là.
Le four !...

Bon vent


Lecharetombesursey Pat - 26/10/2015

Drapeau du SénégalGarde-à-vous ! Voici le drapeau sénégalais
Le vert signifie l’espoir (que la récolte de riz sera bonne), le jaune représente le travail (la récolte de riz sera fructueuse) et le rouge symbolise la vie (la récolte de riz sera mangée).
L’étoile du milieu exprime l’esprit d’ouverture du pays vers les 5 continents (la récolte de riz sera partagée avec tout le monde).
Et pourtant, il en reste qui ont encore faim quand l’étendard sénégalais vole au vent…
Et de vent, il en est question aujourd’hui, car en Casamance, c’est la fin de l’hivernage.
Cette saison, les villageois ont subi de très fortes ondées, des températures extrêmes, qui ont culminé en août et en septembre, et des vents violents, qui ont tout balayé devant leurs portes.
Et en ce moment unique sous les tropiques, tonique est la végétation, phréatique est la nappe et pique pique est le moustique.

Jusqu’à présent, nous n’avions jamais séjourné au Sénégal pendant l’hivernage.
Mais comme nous sommes là plus tôt que prévu cette année, nous baignons dans le jus de moustiques pour quelques jours encore.
La nuit, les orages grondent très souvent. Lorsque le ciel nous tombe sur la tête, la nuit noire se lézarde d’éclairs dans un light-show grandiose à faire pâlir d’envie tous les David Guetta de la galaxie.
Les grosses averses sont accompagnées de vents violents, proches de la tempête, qui font grincer les tuiles du toit et valser les branches des arbres.

Hier soir, j’ai entendu un gars qui criait dehors, près de l’avocatier du jardin :
– Attention, ça va tomb…
Et puis, plus rien…
Quand les avocats tombent, c’est l’hécatombe…
Il n’y a plus de Justice…
Ou alors, le gars a du s’envoler avec le vent…
Ou alors, ce sont ses paroles qui se sont envolées…
C’est d’ailleurs pour ça que je l’écris : pour qu’il reste quelque chose…
Et ce n’est que Justice…

En journée, par contre, le juste ciel est plutôt clément. A croire que les éléments préfèrent se déchaîner quand les gens dorment (à Saint-Tropez).
En tout cas, il n’est pas nécessaire d’arroser le jardin au matin. C’est déjà fait. Que demander de plus ? Les jardiniers doivent être heureux, non ?
Et bien, non…
Non, parce que les jardins de La Palmeraie où nous logeons ont été dévastés par la mouche blanche.
C’est assez désolant : toutes les haies du domaine, constituées de troènes ou de bougainvilliers, ont été déplumées et les branches mortes entrelacées en désordre font maintenant penser à des barbelés de tranchées durant la bataille de la Marne.
Comme son nom l’indique, cette variété de mouche minuscule est blanche et vient pondre ses oeufs sous les feuilles des haies. Les larves fraîchement pondues en sucent la sève, provoquant le dépérissement des haies, pour éclore sans aucun remords.
Une fois en âge de se reproduire, les nouvelles générations viennent à nouveau pondre leurs oeufs sous les feuilles des haies. Et s’il n’en reste plus, elles s’attaquent aux autres plantes.
Le cycle de vie de la mouche blanche, sans aucun doute fascinant et merveilleux si on voit les choses du point de vue de la mouche blanche, n’arrange évidemment pas les affaires des jardiniers qui, après avoir vu les fruits d’un dur labeur dévastés par les animaux d’élevage des villageois qui divaguent (les animaux, pas les villageois… en général, du moins) sans surveillance, n’importe où, sauf dans les champs de riz des villageois (poursuivant ainsi le cycle de vie fascinant et merveilleux transmis par les ancêtres des villageois), doivent maintenant faire face à un nano-parasite vorace qui mange tout ce qui est tri zouli.
On n’est pas sorti de l’auberge !

A ce propos, la bonne auberge où les appétits voraces mangent de tri zoulis plats, c’est bien chez nous !
Toute la sympathéquipe de jeunes gens dans le vent du “Sassanbon” est restée ouverte à la clientèle pendant tout l’hivernage, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige.

la sympathéquipe de Sassanbon

Bravo à eux qui ont assurément réalisé une belle performance dès lors que toute activité s’arrête pendant cette période (on peut parler d’hivernation).
Déjà que nous n’avions pas pu faire de bénéfices pendant la pleine saison, pas question, bien évidemment, d’en faire pendant l’hivernage car il y a trop peu de monde et notre volonté d’afficher des prix bas ne compense pas le manque de clients.
Nos amis ont pu maintenir la tête hors de l’eau, qui tombait par moment à très grosses gouttes.
Les échos sont en général positifs et les clients reviennent. C’est de bon augure pour l’ouverture de la future saison touristique qui arrive dans quelques jours.
Rappel : il n’est plus demandé de visa pour aller au Sénégal et il n’y a pas d’Ebola là-bas…
Bis : Pour tous ceux qui avaient annulé leur voyage l’an dernier à cause d’Ebolalaba, il est inutile de paniquer car il n’y a eu qu’un seul cas faussement recensé : un guinéen qui venait se faire soigner à Dakar. Il a été guéri…
Ter : en Afrique, il existe donc aussi des hôpitaux où on soigne les gens en cas de maladie. Il n’y a pas que les fétiches du marabout qui sont d’usage.
Soyez donc rassurés, vous qui suivez ce blog depuis l’Europe : vous pouvez venir nous voir. On va bien vous soigner ! Aux petits oignons…
Bon vent et prenez garde à vous !

Note aux lecteurs : en reprenant tout depuis le début, cette fin en boucle vous permet de poursuivre à l’infini le cycle de vie fascinant et merveilleux de cet article.

Retour à Sassanbon


Pat Travail - 18/10/2015

Mmmh... Sassanbon... et ça sent le retour à la maison !
Cap-Sénégal, nous revoilà plus tôt que prévu.
Travail oblige… car nos affaires en Belgique ne dépassent pas le niveau zéro d’une mine désaffectée (et la température se rapproche aussi du degré zéro qui affecte nos mines).
Nous avons donc décidé, d’un commun accord avec le comité d’entreprise réunissant 100% des travailleurs de notre société MagixL, c’est-à-dire Marie et moi, d’écourter notre séjour dans cette Europe en crise pour aller tenter notre chance ailleurs. Là d’où les migrants partent en chemin inverse, tenter leur chance chez nous… Ceci afin d’apporter notre contribution à l’équilibre planétaire, après avoir largement contribué à l’équilibre budgétaire belge !
Puisqu’il faut bien rattraper les milliards d’économies nationales transférés dans les poches d’anonymes spéculateurs internationaux, l’Etat taxe.
Et s’il paraît qu’on récolte la papaye avec une foufourche, les tataxes, elles, se papayent à la loulouche, comme dirait Bebel à Lelouch !
Comme tout le monde, on en a un peu ras-le-bol de siphonner nos comptes pour renflouer les caisses vides de l’Etat.
Bref, on a réservé nos billets d’avion taf-taf sur le site de Brussels Airlines pour partir à Dakar.
Bonne nouvelle, les tatarifs ont baissé. Mais pas les tataxes… Or, l’Etat Sénégalais avait annoncé une baisse des taxes d’aéroport pour relancer le tourisme. Qu’en est-il ? Mystère !
En gros, on économise 100 € par personne par rapport à l’an dernier : 650 € au lieu de 750 €.
Autre bonne nouvelle : le visa est supprimé ! 52 € par personne en moins… mais surtout la fin des démarches administratives alambiquées qui faisaient perdre un temps fou et qui, au final, coûtaient bien plus cher que le prix de ce foutu visa.
A Dakar, nous avons été boire l’apéro dans un petit resto sympa en bord de mer. Il y avait 6 ou 7 employés de maison et nous étions les seuls clients. Un serveur vient vers nous en demandant ce qu’il peut nous servir…
Y a pas… Y a plus… Y a pas !
A cause d’une grosse nouba hier soir, les gens ont tout vidé. Il reste juste du Coca et de la bière…
Ouais, ouais, ouais !
Je commande un Coca et Marie un Tango pour être un peu “Tango-Tango”, selon l’expression consacrée de Mamady.
On le prévient que d’ici une heure, on mangera au resto. Ce serait sympa d’aller chercher une bouteille de rosé dans un magasin à quelques pas d’ici…
— Pas d’pRRRoblèm les zamis, on est ensemble !
Et il retourne papoter avec ses collègues.
Une heure plus tard, on passe à côté s’installer à une table.
Un serveur vient vers nous en demandant ce qu’il peut nous servir…
Y a pas… Y a plus… Y a pas !
Finalement, on commande deux salades accompagnant la bouteille de rosé que son collègue était censé partir acheter.
Du coin de l’oeil, on observe les vagues de l’océan qui s’échouent sur la plage.
Et on attend… on attend… on attend… avec la curieuse impression d’être seuls au milieu de cet océan.
De temps en temps, un serveur passe et repasse devant nous, sans un regard, avec cette nonchalance propre à celui qui n’attend plus rien de la vie, si ce n’est de l’argent et des filles (en tout cas, de travail, il n’en est pas question).
Une heure plus tard, nous n’avons toujours rien reçu.
Pas même du pain pour patienter. Pas même un “excusez-nous du retard, mais on est allé chercher le cuisinier à New York”. Pas même un “il n’y avait plus de rosé au magasin, alors je vous propose du Coca ou de la bière”.
Et on finit par se dire que ces vagues censées nous servir ont aussi pris le large et notre commande a du s’échouer quelque part sur la plage de l’île de Gorée.
J’écume un peu, me lève et harponne le barman :
— Dites, vous savez que cela fait plus d’une heure qu’on attend ici ?
— Oh, excusez, on arrive tout de suite…
Et il disparaît au fond de la réserve.
Un quart d’heure plus tard, un serveur passe en essayant de cacher une boîte de maïs sous une serviette.
Un quart d’heure plus tard, on nous sert du pain.
Un quart d’heure plus tard, trois serveurs s’affairent pour mettre la bouteille de rosé tiède dans un seau à glace.
Un quart d’heure plus tard, nos assiettes arrivent.
Ce timing précis et respecté fait apparaître que nous avons bien été servi tout de suite si l’on considère que “tout de suite” dure un quart d’heure !
CCA (c’est ça l’Afrique) pour citer Leonardo dans le film “Les diamants de sang”.
Le lendemain, cap sur Zig !
Comme on… non, plutôt je (mea-culpa) m’y suis pris trop tard pour réserver le bateau, il n’y avait plus de place et on a embarqué dans un avion pour rallier Ziguinchor où Jonas nous attendait avec sa voiture et son grand sourire.
Marie et moi avons retrouvé avec bonheur toute notre équipe qui s’était auto-gérée pendant l’hivernage (les 6 mois d’été que nous avons passés en Belgique).
Dans la foulée, nous avons aussi été accueillis par plus de 30 degrés Celsius, accompagnés d’un violent orage déversant des trombes d’eau portées par d’épais Cumulonimbus. De quoi nous rappeler que l’hivernage n’est pas encore terminé !
Et comme d’habitude, en cette saison où les éléments se déchaînent, il y a eu quelques dégâts des eaux (plafonds de 2 chambres à refaire une nième fois) et du zoo (vaches, chèvres et cochons continuent à se régaler en toute impunité des beaux fruits et des belles fleurs de notre lopin de paradis pendant que la mouche blanche continue à dévaster les arbustes et les haies qui ceinturent les domaines chics de Cap Skirring).
Bonne nouvelle par contre, le stade multi-sports a bien avancé…
Une fois terminé, ce sera, à n’en pas douter, un haut lieu d’animations sportives et un pôle d’activités culturelles parmi les plus prisés de la région.
On n’attend plus que vous...
Mmmh... Sassanbon...

Le restaurant de Cap-Sénégal
Après 6 mois, on retrouve notre restaurant à Cap Skirring

Face avant de Sassanbon après l'hivernage
Et l’hivernage a fait un peu tout pousser devant

La piscine de Cap-Sénégal
La végétation envahit aussi le pourtour de la piscine

Marie et Brigitte au Sassanbon
Marie et Brigitte partagent les derniers potins belgo-sénégalais

Aliou se repose
Pendant qu’Aliou recharge ses batteries

Ibou s'encrasse
Ibou fume une petite cigarette après avoir dégusté un petit café

Le solarium de Cap-Sénégal
La vue est splendide en haut du solarium

Les chambres de Cap-Sénégal
Les chambres sont toujours en place
Elle est pas belle la vie ?