Cap-Sénégal

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Fruits de saison


Pat Saladaraconter - 13/06/2018

Saison terminée ! Notre resto “Sassanbon” a tangué mais pas coulé... Même si la petite mise au vert de la saison dernière s'est quelque peu prolongée (le vert dure).
Tangué et le vert dure, une fameuse aventure !
Pour écrire bref, nous avions trouvé deux entrepreneurs repreneurs (il y a de l'écho) européens, dont un restaurateur professionnel à la retraite, pour s'occuper du restaurant. Mais ils ont eu la mauvaise idée de se disputer juste avant de commencer. Il n'y eu finalement plus qu'un seul repreneur preneur (encore l'écho) : le restaurateur professionnel à la retraite qui entreprit de reprit... non... reprendre (la faute à l'écho) le restaurant en main.
Hélas, son manque de présence lié à des difficultés familiales fit que la sauce ne prit pas (un comble pour un cuisinier) !
Le duo sénégalais qu'il forma en remplacement de notre sympathéquipe ne s'est pas montré à la hauteur du défi que tout être humain mérite un jour d'avoir à relever : prendre son avenir en main et forger son destin.
Nous avons donc du patienter jusqu'à la fin des contrats pour décider d'une nouvelle orientation : nous tourner vers l'avenir et laisser le plus jeune de notre sympathéquipe, Romaric (alias "Touka"), faire ce qu'on imaginait que les repreneurs allaient faire au départ : s'inscrire au registre de commerce et s'occuper à plein temps de la gestion du restaurant.
Romaric a le potentiel pour relayer notre projet. Il est droit, diplomate, réactif et toujours présent. Avec lui, on est sûr que tout ce qui doit être fait pour satisfaire un client sera fait. De toute façon, ce ne sera pas difficile pour lui de trouver plus de clients que la saison passée (avec un chiffre d'affaires proche du zéro absolu) en bénéficiant d'une cuisine récemment équipée de matériel professionnel.
On croit aussi qu'un sénégalais sera plus à même d'éviter les bâtons que différentes administrations locales voudraient mettre dans les roues.
Du coup, nous pourrons continuer d'avancer en roue libre, l'esprit serein.
Alors, on avance, on avance... Ailleurs que dans le resto !
Nous construisons de nouvelles chambres “low-cost” derrière le terrain multisports avec toilettes et douches communes à l'extérieur et, bonne nouvelle, comme la mer, les murs montent ! Car dans une chambre, il faut faire les murs, toujours les murs ;-) On pourra donc bientôt faire la ola dans le stade et olé olé derrière les gradins !
Les plantes retrouvent la banane quand les tomates se risent en demandant “où cours-je ?” aux courges !
Des coquillages se cassent pour que la plage se déplace au jardin afin d'y jouer au beach-volley.
De nouvelles animations qui feront remuer ménages ou méninges sont imaginées.
Les livres sont livrés et les jeux sont faits !
Tout va bien...

Soutenez le projet, achetez l'album !


Pat Toujourfacile - 09/09/2016

DimekoCap-Sénégal, c’est notre centre de loisirs à Cap Skirring. C'est aussi une “sympathéquipe” à votre service. Un cercle restreint de collaborateurs qui, avec le temps, sont aussi devenus nos amis. Même si la vie n’est pas toujours facile quand on vit en Afrique, ils nous démontrent chaque jour qu’elle peut néanmoins s’éclairer d’un simple sourire. C’est pour rendre hommage à leur dévouement et à leur bonne humeur contagieuse qu’a été créé cet album, qui mélange tout à la fois des informations ludiques et instructives sur notre projet ainsi que sur la région. Le tout étant agrémenté par de multiples dessins humoristiques. En achetant cet album, vous participez vous aussi à notre élan solidaire puisque les bénéfices des ventes de ce livre seront principalement distribués à nos amis de Casamance.


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Mise au vert


Pat Roto - 17/08/2016

Depuis que des lanceurs d'alerte ont été mis à l'ombre pour avoir mis en lumière les révélations WikiLeaks (scandale de la CIA), LuxLeaks (scandale de la fraude fiscale), NSALeaks (scandale des écoutes illégales), FootballLeaks (scandale de la FIFA) ou AstérixéobéLeaks (Gaulois à sandales), tout le monde sait que les murs (de Berlin) ont des oreilles (de Janeiro) et que les yeux (de Moscou) sont en face des trous (de Bâle).
Soyons rassurés citoyens : la terre veille (et la mer aussi) !
Il était donc certain que les Services de Renseignement Français auraient vent de l'ALERTE ROUGE lancée précédemment par l'Edward Snowden de ce blog.
Soyons donc doublement rassurés : ils ont terveilleusement réagi en levant l'interdiction aux Français de se rendre en Casamance.
En effet, la carte "Conseils aux voyageurs" publiée par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international a été modifiée. La Casamance n’est plus classée comme étant une zone à risques ! Hourra ! Hourra !

Mise au vert Casamance

La Casamance, ainsi que tout le Sénégal, reste néanmoins pour ce ministère, en état de vigilance "renforcée" à cause des attaques terroristes (pour rappel : 0 attentat au Sénégal), alors qu'en France (pour rappel : 8 attentats depuis 2015), la vigilance est "normale", preuve s'il en est de l'objectivité et de la bonne foi des services administratifs du gouvernement "Moi, Président..."
Autre bonne nouvelle, la Gambie toute proche est redevenue un endroit fréquentable depuis la chute et la fuite du dictateur Neinein Toujou... non, c'est le contraire... Yahya Jammeh, parachutedoré dans un paradis fiscal où il n'aura de compte à rendre ni sur la provenance des milliards volés à son peuple, ni sur les exactions commises en 22 ans de règne sans partage.
La compagnie aérienne TUI proposait de novembre à fin mars des prix cassés sur le vol Bruxelles-Banjul (à partir de 198 € A/R la saison dernière).
Ami lecteur, permets-moi ce petit conseil pour la prochaine saison : sois aux abois des prix TUI pour toi !
Arrivé à Banjul, Jonas peut venir te chercher à la sortie de l'aéroport et t'emmener à Cap Skirring (220 km) dans son taxi 6 places pour 300 € A/R (à diviser par le nombre de voyageurs, si tu viens en groupe).
Ensuite, tu passeras des vacances inoubliables en notre compagnie, ainsi que celle de nos amis d'ici, en ayant le privilège de pouvoir choisir parmi les options de séjour :
- promenades-découvertes
- sports-loisirs
- aventures-explorations
- carpette-bronzette
(biffer les mentions inutiles).
Alors dépêche-toi de trouver une famille ou un groupe d'amis pour profiter de vacances à moindre coût (50% sur le prix ordinaire, c'est un prix super et plein de sens, comme on dit chez Total).
Mais si les feux sont verts pour que cette verte région soit ouverte aux vertueux vertébrés, la réalité, elle, n'est pas aussi rose, comme dirait l'éléphant qui a un ver dans le nez (oui, je sais, c'est trompeur !)
Malgré toutes ces ouvertures, nous avons décidé de fermer notre restaurant (pour l'instant).
Au bout du compte, il faut reconnaître que ce métier n'était pas fait pour nous.
Car si nous avons sympathisé avec la grande majorité des clients, il faut bien avouer que quelques personnes nous ont aussi poussé vers la sortie.
La saison prochaine, après l'hivernage, on espère que la nature sera plus verte et qu'on y verra plus clair. En attendant, nous, on se met au vert !

Alerte rouge !


Pat Bonumeur - 17/05/2016

Si vous voyagez en France ou en Belgique, alerte : nous vous conseillons de faire preuve d’une grande prudence en raison des menaces d’attentats, d’activités criminelles et de troubles civils.
Surveillez les médias pour obtenir plus d’informations sur les risques de vous y rendre.
Après les récentes attaques, la menace terroriste est à son niveau maximum.
Nous vous conseillons de reconsidérer le besoin de vous rendre dans ces pays, à l’exception des grands axes qui les traversent, mais les emprunter nécessite néanmoins une très grande prudence.
La situation sécuritaire est imprévisible. Des bandits armés sont connus pour opérer dans les grandes villes où des voyageurs ont été attaqués.
Les manifestations sont fréquentes. Vous devriez éviter les grands rassemblements et les meetings politiques, car ils peuvent devenir violents. Les lieux de manifestations, y compris les lieux touristiques, administrations et autres lieux publics, devraient être évités.
Des affrontements entre la police et des manifestants ou des grévistes sont possibles.
L’armée contrôle certains bâtiments publics.
En cas d’agression et/ou de vol, portez plainte auprès des autorités de police locales et faites constater par un médecin les blessures éventuelles en résultant.
Au niveau de la santé, des maladies alimentaires, parasitaires et infectieuses sont fréquentes avec des crises plus graves qui se produisent de temps à autre. Nous vous recommandons de surveiller votre alimentation.
Consulter un médecin si vous avez de la fièvre ou souffrez de diarrhées.
Soyez donc extrêmement vigilant si vous décidez néanmoins de vous rendre en France ou en Belgique.
———————————————————
Vous l’aurez compris, c’est de la fiction tout ça ! Cette alerte bidon, c’est du grand n’importe quoi…
Cela ne se passe pas comme ça en France ou en Belgique, bien sûr. Qu’est-ce que je raconte là !…
Pourquoi dégoûter les touristes de goûter à ces doux pays ?
Et bien, voyez-vous, parce que le grand n’importe quoi existe bel et bien sur internet.
Car si vous remplacez ci-dessus “en France ou en Belgique” par “au Sénégal”, vous n’aurez aucune peine à imaginer qu’on vous dit la vérité.
C’est ce que font les sites gouvernementaux… et ils font peur !

Alerte rouge Casamance

Ainsi, la France déconseille “vivement” de se rendre en Casamance en encadrant ce texte en gris pour le faire ressortir.

(Je cite le site) “Si les attaques sont exceptionnelles depuis 2013 en Casamance, un certain nombre d’incidents ont eu lieu, occasionnant des blessés.
L’année 2015 a été marquée par une légère recrudescence d’incidents sécuritaires (altercations entre les forces armées sénégalaises et les rebelles, ainsi qu’une quinzaine de braquages recensés sur l’année, majoritairement sur des routes secondaires et à la proximité des frontières).
Le mois de février 2016 a cependant été marqué par deux nouveaux incidents. Ainsi, un braquage de véhicule (avorté en raison d’une intervention de l’armée sénégalaise) est survenu le 9 février sur la Route Nationale 4 entre Bignona et Senoba, et un véhicule qui circulait de nuit sur un axe secondaire entre Diakoye Banga et Batong (département de Bignona) a été immobilisé et emporté par des hommes armés le 15 février” (Fin de citation).
Donc, si je résume l’alerte rouge du site gouvernemental français : il ne faut pas aller en Casamance parce qu’il y a eu quinze braquages sur les routes en 2015 et deux en 2016 (une voiture a même été volée !)
Tout ce qui est écrit est rigoureusement exact mais replacez cela dans le contexte global de la sécurité dans le monde et vous constaterez qu’en affirmant que la Casamance est une région plus dangereuse qu’ailleurs, le gouvernement ment ! Je ne sais pas vous, mais moi, quand le gouvernement ment, ça me titille !
Juste en passant, à titre de comparaison, savez-vous qu’on recense en France plus de 5.000 braquages par an ?… Mais méfiance, cette info vient d’internet et pourrait donc aussi s’avérer être du grand n’importe quoi… (en réalité, ce doit être beaucoup plus !!!)
Alors oui, il est important de dire la vérité au sujet de la sécurité des voyageurs, mais il faut surtout bien l’analyser avant de forger les opinions sans laisser galoper l’imagination des gens en terres inconnues.
En définitive, le problème est là : à part quelques résidents et autres téméraires aventuriers, personne n’ose plus venir en Casamance.
C’est incroyable mais vrai : à cause de menus larcins au fin fond de la brousse, le monde entier et mon dentiste désertent cette magnifique région du sud du Sénégal, dont le climat et la nature ont pourtant un avant-goût de paradis terrestre.
Pour rester objectif et ne pas laisser galoper votre imagination en terres inconnues, il faut aussi bien dire que le prix du voyage n’est pas donné et que l’accès y est compliqué…
Tout ça pour dire qu’il y avait encore cette année très peu de nouveaux touristes à Cap Skirring. Et, par conséquent, trop peu de clients chez nous, à Cap-Sénégal.
Nous avons fini la saison à perte, en réduisant nos effectifs (vu que ce sont aussi des amis qui se retrouvent au chômage, ce n’est pas la joie dans les chaumières).
Et malheureusement pour les Sénégalais, nous ne sommes pas les seuls à souffrir du déclin touristique de la Casamance…
Conséquence 1 : il n’y a plus de travail pour eux (et il n’y a plus de l’arZZZent).
Conséquence 2 : pour trouver du travail, il leur faut partir ailleurs (car pour survivre, il faut de l’arZZZent).
Conséquence 3 : les migrants affluent vers l’Europe (parce que là-bas, il y a de l’arZZZent).
Conséquence 4 : c’est encore vous qui allez le payer (parce que vous, vous avez de l’arZZZent).
Et au passage, n’oubliez pas de remercier le gouvernement français qui laisse aussi parfois galoper sa lourdeur en terres inconnues !
Alors, je me pose une question : pour un résultat identique (quoi qu’il arrive, vous aurez de toute façon moins de l’arZZZent dans votre poche), viendrez-vous vous éclater au paradis ou allez-vous continuer à attendre l’éclatement de l’Euro (ou pire encore, d’entrer dans les statistiques de braquages annuels en France ou en Belgique) ?
Comme vous le constatez, on est de retour en Belgique et je suis Pat Bonumeur !

Le four


Pat Apouf - 07/11/2015

Avant-hier, nous organisions notre premier concert !
C'était encore un peu tôt dans la saison pour créer l'événement à Cap-Sénégal, mais notre objectif premier était d'auditionner et tester le groupe "Essoukolale" qui était venu animer quelques soirées au restaurant "Sassanbon" pendant l'hivernage (et auxquelles nous n'avions donc pas assisté, vu que nous vivions à cette période dans un monde parallèle, sous un autre méridien, géolocalisé par satellite à des degrés, minutes et secondes bien éloignés des températures et du temps de Cap-Skirring).

Soucieux de nous faire redécouvrir ses talents gastronomiques, le chef Ibou nous a concocté un menu trois étoiles pour cette soirée des retrouvailles :
- Entrée : salad bar.
- Plat : poulet à la moutarde ou brochettes de poissons accompagnés d'un gratin dauphinois ou de petits légumes.
- Dessert : crêpes au chocolat ou salade de fruits.
"Est-ce que vous voyez ?" avait-t-il ajouté en nous observant d'un oeil, tandis que l'autre dressait déjà l'inventaire des courses à faire.

Ensemble, nous avions alors défini d'un prix qui ne mettait pas la barre trop haut et était accessible aux bourses des résidents (ou plutôt à leurs portefeuille, histoire de ne pas laisser l'imaginaire collectif cher à Jung et Freud s'emballer autour de doubles sens foireux) : 8.000 cfa (12 €) pour le menu, avec en prime un concert "live" d'"Essoukolale".

Une semaine avant la date prévue, on faisait imprimer des publicités qui furent déposées dans les endroits stratégiques du Cap.
Marie publiait le programme sur les sites Facebook de Cap-Sénégal et d'Actu-résidents. Un grand nombre de personnes virent le message.

Et puis arriva le grand soir...

Essoukolale en concert à Cap Skirring

Et quel soir, mes amis : ce fut tout simplement féérique !
Comme dans un conte des mille et une nuits, le thermomètre affichait 30° au compteur, les étoiles brillaient dans le ciel, les feuilles de palmiers découpaient l'obscurité d'ombres zébrées d'un noir plus dense, notre piscine, remise en état, était discrètement mise en valeur à l'arrière-plan par des éclairages veloutés verts et bleus, le buffet varié à souhait aiguisait les appétits et le repas était sincèrement savoureux.
Et par dessus tout, "Essoukolale " créait une ambiance extraordinaire en interprétant des chansons qui mettaient le feu à la salle.
Lorsque Cendrillon et Prince charmant (Marie et moi) ouvrîmes le bal, nous fûmes aussitôt suivi par toute notre équipe.
Il y avait longtemps que nous ne nous étions plus éclatés dans une soirée comme ça. Nous dansâmes jusqu'à ce que nos corps se liquéfient, évacuant aux passage quelques litres de sueur et trempant nos belles tenues de soirée, qui font désormais penser aux serpillères utilisées pour nettoyer la cuisine à grandes eaux.
Bref, un moment magique !
Et je le dis en toute objectivité...
Mon intégrité légendaire me permet aussi d'affirmer en toute impartialité que ma femme est canon et que tous ceux qui prétendent le contraire sont des boulets !
Cela est scientifiquement prouvé et rigoureusement exact !
Sans rire, ce fut un moment magique, je vous dis ! Vraiment fabuleux !
Et malgré toutes les raisons que vous pouvez invoquer, vous aviez tort...
Parce que les absents ont toujours tort et que vous n'étiez pas présent.
Il y a eu 0 client ce soir-là.
Le four !...

Bon vent


Lecharetombesursey Pat - 26/10/2015

Drapeau du SénégalGarde-à-vous ! Voici le drapeau sénégalais
Le vert signifie l’espoir (que la récolte de riz sera bonne), le jaune représente le travail (la récolte de riz sera fructueuse) et le rouge symbolise la vie (la récolte de riz sera mangée).
L’étoile du milieu exprime l’esprit d’ouverture du pays vers les 5 continents (la récolte de riz sera partagée avec tout le monde).
Et pourtant, il en reste qui ont encore faim quand l’étendard sénégalais vole au vent…
Et de vent, il en est question aujourd’hui, car en Casamance, c’est la fin de l’hivernage.
Cette saison, les villageois ont subi de très fortes ondées, des températures extrêmes, qui ont culminé en août et en septembre, et des vents violents, qui ont tout balayé devant leurs portes.
Et en ce moment unique sous les tropiques, tonique est la végétation, phréatique est la nappe et pique pique est le moustique.

Jusqu’à présent, nous n’avions jamais séjourné au Sénégal pendant l’hivernage.
Mais comme nous sommes là plus tôt que prévu cette année, nous baignons dans le jus de moustiques pour quelques jours encore.
La nuit, les orages grondent très souvent. Lorsque le ciel nous tombe sur la tête, la nuit noire se lézarde d’éclairs dans un light-show grandiose à faire pâlir d’envie tous les David Guetta de la galaxie.
Les grosses averses sont accompagnées de vents violents, proches de la tempête, qui font grincer les tuiles du toit et valser les branches des arbres.

Hier soir, j’ai entendu un gars qui criait dehors, près de l’avocatier du jardin :
– Attention, ça va tomb…
Et puis, plus rien…
Quand les avocats tombent, c’est l’hécatombe…
Il n’y a plus de Justice…
Ou alors, le gars a du s’envoler avec le vent…
Ou alors, ce sont ses paroles qui se sont envolées…
C’est d’ailleurs pour ça que je l’écris : pour qu’il reste quelque chose…
Et ce n’est que Justice…

En journée, par contre, le juste ciel est plutôt clément. A croire que les éléments préfèrent se déchaîner quand les gens dorment (à Saint-Tropez).
En tout cas, il n’est pas nécessaire d’arroser le jardin au matin. C’est déjà fait. Que demander de plus ? Les jardiniers doivent être heureux, non ?
Et bien, non…
Non, parce que les jardins de La Palmeraie où nous logeons ont été dévastés par la mouche blanche.
C’est assez désolant : toutes les haies du domaine, constituées de troènes ou de bougainvilliers, ont été déplumées et les branches mortes entrelacées en désordre font maintenant penser à des barbelés de tranchées durant la bataille de la Marne.
Comme son nom l’indique, cette variété de mouche minuscule est blanche et vient pondre ses oeufs sous les feuilles des haies. Les larves fraîchement pondues en sucent la sève, provoquant le dépérissement des haies, pour éclore sans aucun remords.
Une fois en âge de se reproduire, les nouvelles générations viennent à nouveau pondre leurs oeufs sous les feuilles des haies. Et s’il n’en reste plus, elles s’attaquent aux autres plantes.
Le cycle de vie de la mouche blanche, sans aucun doute fascinant et merveilleux si on voit les choses du point de vue de la mouche blanche, n’arrange évidemment pas les affaires des jardiniers qui, après avoir vu les fruits d’un dur labeur dévastés par les animaux d’élevage des villageois qui divaguent (les animaux, pas les villageois… en général, du moins) sans surveillance, n’importe où, sauf dans les champs de riz des villageois (poursuivant ainsi le cycle de vie fascinant et merveilleux transmis par les ancêtres des villageois), doivent maintenant faire face à un nano-parasite vorace qui mange tout ce qui est tri zouli.
On n’est pas sorti de l’auberge !

A ce propos, la bonne auberge où les appétits voraces mangent de tri zoulis plats, c’est bien chez nous !
Toute la sympathéquipe de jeunes gens dans le vent du “Sassanbon” est restée ouverte à la clientèle pendant tout l’hivernage, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige.

la sympathéquipe de Sassanbon

Bravo à eux qui ont assurément réalisé une belle performance dès lors que toute activité s’arrête pendant cette période (on peut parler d’hivernation).
Déjà que nous n’avions pas pu faire de bénéfices pendant la pleine saison, pas question, bien évidemment, d’en faire pendant l’hivernage car il y a trop peu de monde et notre volonté d’afficher des prix bas ne compense pas le manque de clients.
Nos amis ont pu maintenir la tête hors de l’eau, qui tombait par moment à très grosses gouttes.
Les échos sont en général positifs et les clients reviennent. C’est de bon augure pour l’ouverture de la future saison touristique qui arrive dans quelques jours.
Rappel : il n’est plus demandé de visa pour aller au Sénégal et il n’y a pas d’Ebola là-bas…
Bis : Pour tous ceux qui avaient annulé leur voyage l’an dernier à cause d’Ebolalaba, il est inutile de paniquer car il n’y a eu qu’un seul cas faussement recensé : un guinéen qui venait se faire soigner à Dakar. Il a été guéri…
Ter : en Afrique, il existe donc aussi des hôpitaux où on soigne les gens en cas de maladie. Il n’y a pas que les fétiches du marabout qui sont d’usage.
Soyez donc rassurés, vous qui suivez ce blog depuis l’Europe : vous pouvez venir nous voir. On va bien vous soigner ! Aux petits oignons…
Bon vent et prenez garde à vous !

Note aux lecteurs : en reprenant tout depuis le début, cette fin en boucle vous permet de poursuivre à l’infini le cycle de vie fascinant et merveilleux de cet article.

Retour à Sassanbon


Pat Travail - 18/10/2015

Mmmh… Sassanbon… et ça sent le retour à la maison !
Cap-Sénégal, nous revoilà plus tôt que prévu.
Travail oblige… car nos affaires en Belgique ne dépassent pas le niveau zéro d’une mine désaffectée (et la température se rapproche aussi du degré zéro qui affecte nos mines).
Nous avons donc décidé, d’un commun accord avec le comité d’entreprise réunissant 100% des travailleurs de notre société MagixL, c’est-à-dire Marie et moi, d’écourter notre séjour dans cette Europe en crise pour aller tenter notre chance ailleurs. Là d’où les migrants partent en chemin inverse, tenter leur chance chez nous… Ceci afin d’apporter notre contribution à l’équilibre planétaire, après avoir largement contribué à l’équilibre budgétaire belge !
Puisqu’il faut bien rattraper les milliards d’économies nationales transférés dans les poches d’anonymes spéculateurs internationaux, l’Etat taxe.
Et s’il paraît qu’on récolte la papaye avec une foufourche, les tataxes, elles, se papayent à la loulouche, comme dirait Bebel à Lelouch !
Comme tout le monde, on en a un peu ras-le-bol de siphonner nos comptes pour renflouer les caisses vides de l’Etat.
Bref, on a réservé nos billets d’avion taf-taf sur le site de Brussels Airlines pour partir à Dakar.
Bonne nouvelle, les tatarifs ont baissé. Mais pas les tataxes… Or, l’Etat Sénégalais avait annoncé une baisse des taxes d’aéroport pour relancer le tourisme. Qu’en est-il ? Mystère !
En gros, on économise 100 € par personne par rapport à l’an dernier : 650 € au lieu de 750 €.
Autre bonne nouvelle : le visa est supprimé ! 52 € par personne en moins… mais surtout la fin des démarches administratives alambiquées qui faisaient perdre un temps fou et qui, au final, coûtaient bien plus cher que le prix de ce foutu visa.
A Dakar, nous avons été boire l’apéro dans un petit resto sympa en bord de mer. Il y avait 6 ou 7 employés de maison et nous étions les seuls clients. Un serveur vient vers nous en demandant ce qu’il peut nous servir…
Y a pas… Y a plus… Y a pas !
A cause d’une grosse nouba hier soir, les gens ont tout vidé. Il reste juste du Coca et de la bière…
Ouais, ouais, ouais !
Je commande un Coca et Marie un Tango pour être un peu “Tango-Tango”, selon l’expression consacrée de Mamady.
On le prévient que d’ici une heure, on mangera au resto. Ce serait sympa d’aller chercher une bouteille de rosé dans un magasin à quelques pas d’ici…
— Pas d’pRRRoblèm les zamis, on est ensemble !
Et il retourne papoter avec ses collègues.
Une heure plus tard, on passe à côté s’installer à une table.
Un serveur vient vers nous en demandant ce qu’il peut nous servir…
Y a pas… Y a plus… Y a pas !
Finalement, on commande deux salades accompagnant la bouteille de rosé que son collègue était censé partir acheter.
Du coin de l’oeil, on observe les vagues de l’océan qui s’échouent sur la plage.
Et on attend… on attend… on attend… avec la curieuse impression d’être seuls au milieu de cet océan.
De temps en temps, un serveur passe et repasse devant nous, sans un regard, avec cette nonchalance propre à celui qui n’attend plus rien de la vie, si ce n’est de l’argent et des filles (en tout cas, de travail, il n’en est pas question).
Une heure plus tard, nous n’avons toujours rien reçu.
Pas même du pain pour patienter. Pas même un “excusez-nous du retard, mais on est allé chercher le cuisinier à New York”. Pas même un “il n’y avait plus de rosé au magasin, alors je vous propose du Coca ou de la bière”.
Et on finit par se dire que ces vagues censées nous servir ont aussi pris le large et notre commande a du s’échouer quelque part sur la plage de l’île de Gorée.
J’écume un peu, me lève et harponne le barman :
— Dites, vous savez que cela fait plus d’une heure qu’on attend ici ?
— Oh, excusez, on arrive tout de suite…
Et il disparaît au fond de la réserve.
Un quart d’heure plus tard, un serveur passe en essayant de cacher une boîte de maïs sous une serviette.
Un quart d’heure plus tard, on nous sert du pain.
Un quart d’heure plus tard, trois serveurs s’affairent pour mettre la bouteille de rosé tiède dans un seau à glace.
Un quart d’heure plus tard, nos assiettes arrivent.
Ce timing précis et respecté fait apparaître que nous avons bien été servi tout de suite si l’on considère que “tout de suite” dure un quart d’heure !
CCA (c’est ça l’Afrique) pour citer Leonardo dans le film “Les diamants de sang”.
Le lendemain, cap sur Zig !
Comme on… non, plutôt je (mea-culpa) m’y suis pris trop tard pour réserver le bateau, il n’y avait plus de place et on a embarqué dans un avion pour rallier Ziguinchor où Jonas nous attendait avec sa voiture et son grand sourire.
Marie et moi avons retrouvé avec bonheur toute notre équipe qui s’était auto-gérée pendant l’hivernage (les 6 mois d’été que nous avons passés en Belgique).
Dans la foulée, nous avons aussi été accueillis par plus de 30 degrés Celsius, accompagnés d’un violent orage déversant des trombes d’eau portées par d’épais Cumulonimbus. De quoi nous rappeler que l’hivernage n’est pas encore terminé !
Et comme d’habitude, en cette saison où les éléments se déchaînent, il y a eu quelques dégâts des eaux (plafonds de 2 chambres à refaire une nième fois) et du zoo (vaches, chèvres et cochons continuent à se régaler en toute impunité des beaux fruits et des belles fleurs de notre lopin de paradis pendant que la mouche blanche continue à dévaster les arbustes et les haies qui ceinturent les domaines chics de Cap Skirring).
Bonne nouvelle par contre, le stade multi-sports a bien avancé…
Une fois terminé, ce sera, à n’en pas douter, un haut lieu d’animations sportives et un pôle d’activités culturelles parmi les plus prisés de la région.
On n’attend plus que vous…

Mmmh… Sassanbon…


Pat Fotoplizz - 18/10/2015

Après 6 mois, on retrouve notre restaurant de Cap Skirring et l’hivernage a fait un peu tout pousser devant

La piscine de Cap-Sénégal
La végétation envahit aussi le pourtour de la piscine

Marie et Brigitte au Sassanbon
Marie et Brigitte partagent les derniers potins belgo-sénégalais

Aliou se repose
Pendant qu’Aliou recharge ses batteries

Ibou s'encrasse
Ibou fume une petite cigarette après avoir dégusté un petit café

Le solarium de Cap-Sénégal
La vue est splendide en haut du solarium

Les chambres de Cap-Sénégal
Les chambres sont toujours en place
Elle est pas belle la vie ?