Un mois et combien ? (Marie Indutou)
Alors voilà bien sûr, vous le constatez par vous-même : depuis un mois et 3 jours, nous sommes à Cap Skirring et rien n’a été publié sur ce blog (pourtant si passionnant, au demeurant !)
Questions pour des champions :
Pourquoi ?
Comment se fait-ce ? Comment se put-ce ? Où blesse le bât ? Pour qui sonne le gars ?
Réponse pour un million (c’est mon dernier mot, Jean-Pierre) :
Il se fait que pendant tout ce temps, il n’y eut tout simplement RIEN à raconter. Découvrez ci-dessous les quelques explications (valables ou non) à cet impardonnable pénurie de nouvelles.
Oui, c’est vrai : depuis notre arrivée mi-novembre, les travaux sur le chantier sont à l’arrêt. En ce début de saison sèche, nos fonds le sont aussi (secs), tels les thons (sic) !
Aujourd’hui, le monde est bien trop petit ou beaucoup trop grand. On manque de moyens !
A Pâques (épique époque), on se réjouit de voir les cloches choir à la maison, mais à Noël, les pièces ne sonnent et ne trébuchent plus !… Et nos projets immobiliers sont immobilsés !
Cette carence est, dans notre cas, imputable à diverses causes, tant africaines qu’européennes…
Côté Sud, Babacar a dû faire face à maintes hausses de prix. C’est souvent le cas pendant « l’hivernage » (= saison des pluies de juin à septembre) : le prix du mazout augmente pour le transport par camions venant de Dakar (mais nooooon, pas pour le chauffage ici, enfin !), comme celui des matières premières telles que le sable, le ciment, le coquillé, le basalte, le matériel de piscine, le carrelage et autres « le qui là » difficiles à livrer « because les routes sont inondées » !
Ajoutez à cela les pannes des bacs destinés au passage du fleuve Gambie (promo en Gambie : « un seul bac au prix de deux ») obligeant les transporteurs à contourner ce pays… Tout cela fait que le prix des choses peut doubler, si pas tripler entre l’établissement du devis et la livraison du produit fini.
Côté Nord, le prix des travaux sur notre chantier belge ayant, eux aussi, subi la même courbe ascensionnelle, nous nous retrouvâmes fort marris quand la bise fut venue et qu’il nous fallut repartir vers le Sud moins nantis qu’un an auparavant… D’autant que, une fois réfugiés bien au chaud loin de notre plat pays, les quelques maigres rentrées espérées ne rentrèrent pas… Ce qui n’arrangea pas nos arrangements !
Quelque peu déconfits de notre déconfiture, nous ne pûmes que constater un ralentissement encore plus prononcé de notre entrain initial, et un amenuisement des perspectives futures, du moins dans un proche avenir… Et s’ensuivit une absence totale d’inspiration, d’où, ce vide interstellaire sur Ce Qu’il Faut Dire dans ce blog ! CQFD !
…
Mais bon ! Allions-nous donc nous laisser abattre sans combattre… le fer quand il est si chaud ici ? Et renoncer ainsi à nos beaux rêves ?
Que nenni, braves gens !
Nous décidâmes donc d’emmener Mamita (la maman de Patrick, pour les non-initiés, en villégiature avec nous pendant les deux premiers mois) pour lui faire découvrir notre « presque-hectare » (voir épisodes précédents de ce blog concernant le bornage du terrain) et observer ses réactions devant les premiers jets de notre projet…
Et bien, la bien-nommée propriétaire de la « Casamamita », éblouie par la beauté et la taille, sinon la grandeur, de ce qui n’est encore qu’une ébauche, surprise par notre audace et finalement conquise par notre projet, nous fit cette déclaration solennelle :
— Mais je savais pas que c’était si grAAAnd ! Que c’est bÔÔÔ ! Ah mais à mon retour, je vais vous aider, mes chéRRRîîîs !
Aaâllez-Loui-Ya !
Une petite bouée de secours (sous forme de prêt) se profilerait-elle à l’horizon, qui nous permettrait peut-être (Inch-Allah !) de finaliser quelques postes, par-ci, par-là ?
En nous constituant une petite équipe de bons éléments, triés sur le volet, et choisis, cela va sans dire, parmi nos amis les plus proches, les plus spécialisés et les plus… fiables, nous pourrions, petit-à-petit, continuer à progresser, par petites touches : « Danka-danka » comme on dit ici !
Nous avons donc d’ores et déjà le bonjour d’Alfred pour nous filer un coup de mains avec ses frères.
De son côté, Bouba, l’artiste peintre, après avoir suivi une courte initiation auprès de Mamady-le-sculpteur, s’attaquera aux « scraffitos » qu’il faut terminer sur le mur du bar…
Ainsi, menés par notre cheftaine écolo à nous, en l’occurrence Julie-de-la-Brousse, la joyeuse troupe s’occupera de réaliser la pose du carrelage mural dans la cuisine du restaurant (plus délicat puisque réalisé sur les briques d’argile et non de ciment), puis d’y finaliser les enduits en terre, après la pose impérative des châssis en bois. Travail qu’ils pourront également entreprendre dans le bloc de quatre chambres, et cela, dans les même conditions de finitions électriques et menuisières. Dans ces chambres, afin de réduire les coûts, nous prévoyons éventuellement de réaliser des sols en terre, toujours sous l’égide de Julie-la-nomade, la spécialiste en la matière, après qu’elle aura testé cette technique dans sa maison de Boucotte (côt kodaaak).
Mais, c’est là qu’est l’os (hélàs !), tout cela ne pourra se faire que lorsque les travaux déjà engagés par l’équipe précédente seront réalisés sur notre chantier, à savoir : les plans de travail dans la cuisine ainsi que le complément du gros-oeuvre de la piscine, dont les dégâts ont certes été réparés, mais qui n’est toujours pas achevée…
C’est donc un peu de ce côté-là que le bât blesse, car cette première équipe, occupée sur d’autres chantiers ou fouettant d’autres chats, nous laisse un peu dans la … tente, trouvant toujours une bonne raison pour avoir tort et ne pas faire ce que nous attendons depuis tout ce temps.
Bon alléï, cha chuffit pour aujourd’hui !
Profitons un peu du soleil d’ici pendant que vous vous gèlerez encore un peu plus les miches là-bas !
Coucou les amis,
Heureux de lire vos nouvelles ensoleillées, même si elles sont moins brillantes qu’espéré. Si mes moyens étaient plus haut que bas, j’investirais moi zossi dans vos beaux projets, ne serait-ce que pour avoir la certitude qu’un peu de moi soit au soleil.
Bizz et au plaisir de vous lire
M@nu