Toi, tu es Jeanne Ti ! (Pat Ibulaire)
Ce que j’aime bien chez nos amis sénégalais, c’est avant tout leur gentillesse.
Une gentillesse parfois intéressée sans doute, mais une ouverture sur l’autre qui a le mérite d’exister. C’est une valeur universelle que nous, p’tits belges, ne distribuons plus qu’avec pincettes et gants à quelques proches personnes (et encore, si on a le temps…).
En Belgique, à force de crier pour se faire entendre, la voix du plus fort fait office de force de loi. La gentillesse est devenue tellement désuète qu’elle n’est plus citée que pour souligner des gros mots : « Maintenant, soyez gentil… foutez-moi la paix ! » ou « Vous êtes bien gentil mais je vous emm… »
Pourtant, il faudrait définitivement arrêter de penser : trop bon = trop con. C’est relou de chez Afflelou !
Quand, sous les flux de « reality-tivi » et reflux de « press-pipeule », on patauge dans d’étroites certitudes baignées de causes étriquées, une lame de fond s’élève tôt ou tard pour noyer toute forme de solidarité et de générosité. Bon d’accord, cette vague phrase est aussi un peu relou de chez l’autre fou mais ma femme, elle se mare alors moi, je publie !
De nos jours, l’indispensable unité se fragmente, les nations se divisent et les esprits se réduisent. On se tourne vers le plus petit.
Car manifestement, les cours d’histoire étant ce qu’ils sont – une histoire pas drôle -, deux guerres mondiales n’ont pas encore suffi pour enregistrer définitivement qu’on détruit en séparant et qu’à l’inverse, on construit en s’unissant.
Pourtant, il faut dire qu’au Sénégal, ils ont aussi leurs télés-poubelles…
Des feuilletons indiens (ceux qui font « Hareeeeeee Krishnaaaaaa », pas ceux qui font « Woulou woulou ») à l’eau-de-rose, aussi soporifiques que « Derrick », et des pubs débiles à dix balles pour des boutiques de gris-gris sont autant d’armes de déstructuration massive redoutables.
Mais comme la télé est réservée aux privilégiés qui ont l’électricité, elle n’atteint heureusement pas grand monde ici… sauf en période de Mondial de foot quand les « Lions de la Teranga » se qualifient. Alors les joueurs deviennent trop bons, les supporters trop cons et je me relooke chez Raf le flou !
Libérés des chaînes de la télé, la communication interpersonnelle redevient humaine et la civilité réapparaît. La solidarité suit dans le deuxième wagon.
D’ailleurs, Mr. Twain, qui sifflait toujouws twois fois, a dit un jour en substance : « La gentillesse est le plus court chemin d’une personne à une autre ».
Soit. Il ne reste plus qu’à faire de ce chemin une voie ferrée et la border de stations TGV (Très Grande Valeur).
La gentillesse, tu encourageras, la sagesse, tu trouveras (et Yoda, tu reconnaîtras).
Commençons donc par redorer le blason de la noblesse du coeur et à rendre hommage à ceux qui le méritent…
Suzanne, Emilie, Mamady, Badadia, Jonas et tous les autres, vous êtes vraiment des filles et des mecs super (à ne pas confondre avec des Mexicains). Restez-le !
Et puis, gardez le moral… les bons blancs existent aussi !
Dans ce contexte, j’aimerais vous en citer deux et, comme je suis un homme, je choisis deux femmes (c’est à ça qu’on reconnaît bien là les hommes, paraît-il) :
- Marie de ma vie qui, non contente d’être toujours aussi brillante de corps, se révèle encore plus merveilleuse d’esprit. De plus en plus, jour après jour. Malheureusement pour le genre humain de sexe mâle, je suis un des rares à pouvoir en profiter et il faudra donc vous contenter de fantasmer sur les photos de Laetitia Casta tout en relisant les mémoires de Mère Teresa.
- Viviane Renaud qui n’est plus avec nous mais qui est pourtant toujours bien là. Son amitié chaleureuse a ouvert la voie à notre projet qui n’aurait sans doute jamais vu le jour sans son grand coeur. On dit que les animaux sentent la bonté chez les gens. Viviane irradiait de bonté. La preuve en est que toute une ménagerie circulait librement dans sa maison. Lui rendre hommage rentre dans nos plans. Ceux qui viendront nous rendre visite lorsque tout le chantier sera terminé le découvriront bien…