Posted by admin on mai 9, 2011

Rencontres de trois chouettes types (Pat Oufrites)

« Okatoral » (au revoir en Diola) Cap Skirring, Cap sur Bruxelles à présent.
Nous voici donc de retour aux sources pendant plusieurs mois. Il n’a pas fallu longtemps pour récupérer notre accent belch’ (une fois) et pour constateï qu’ici, non / neen, rien n’a vraiment changeï et tout / alles a continueï (alleï, alleï)…

Oui, la vie continue chez nous, avec ou sans gouvernement.
Depuis un an, on ne trouve plus de capitaine pour barrer cet Etat désuni.
D’ailleurs, l’orchestre continue de jouer « Plus près de toi, mon Dieu ! » sans tenir compte de l’iceberg nationaliste qui se dresse droit devant. Mais on sait bien ici que tout est fini puisque Leterme est là !
Aaaah, la Belgique, ses frites et la Belgique qui s’effrite…
La sauce ne lie plus le jaune mayonnaise flamand et le rouge ketchup wallon.

Bonne nouvelle malgré tout côté météo puisqu’il faut préciser que, depuis notre retour, le soleil reste étonnement de la partie, dans cette région du monde d’ordinaire si nébuleuse qu’on y vit plus vieux !

Nous retrouvons donc nos activités normales (se trimbaler en voiture, bosser au travail, zapper devant la télé) sans avoir à souffrir d’un quelconque choc thermique.
Par contre, le choc psychologique est bien là et, déboussolés par ce nouveau changement de vie, on fait les choses dans le désordre : on bosse la voiture, on zappe le travail et on se trimbale la télé !

Pour garder le contact avec notre projet sénégalais, nous utilisons Skype le plus souvent possible et discutons en direct avec Emilie ou Babacar. Skype est vraiment un outil fabuleux pour communiquer avec l’étranger. Qui plus est, ce programme est gratuit ce qui devrait le rendre incontournable en Afrique.
Espérons qu’il le reste encore longtemps, Inch’Microsoft !

Nous passons aussi un peu de notre temps libre à rechercher de nouvelles idées en prévision du futur. Julie nous a ainsi fixé rendez-vous au bord de la frontière française à Cul-des-Sarts (si, si, ça existe) pour y rencontrer des entrepreneurs locaux.
Leur longue expérience du travail en Afrique s’est révélée très intéressante à écouter.

Nous sommes d’abord allés voir la société Appro-Techno dont Madeleine, de l’association Kasumaye-Casamance, nous avait déjà parlé.
Cette PME vend des presses manuelles utilisées pour fabriquer des briques et notamment des briques en géo-béton telles que celles que nous façonnons pour nos constructions. Actuellement, sur notre chantier sénégalais, nous louons une petite presse trouvée sur place. Mais quand on compare la qualité des briques des deux presses, il n’y a pas photo (même si le développement a un coût plus élevé).

On se tâte sans hâte pour acheter sur le tas car, si l’apport d’un tel outil à nos maçons représente un renfort appréciable, on se méfie néanmoins des inconvénients liés à l’expédition et aux frais de douane inespérés (à ne pas prendre dans le sens « miraculeux » du terme mais bien dans le sens qu’on ne s’y attend pas, tellement ils sont élevés, pour ne pas dire prohibitifs – Mais où reste donc Eliott Ness ? -, comme nous l’avait révélé Madeleine dans une de nos précédentes chroniques).
Sébastien Deputter, gérant d’Appro-Techno, nous a aussi dévoilé son retour d’expérience sur les freins économiques engendrés par certaines incongruités dans le fief de quelques pouvoirs locaux pour qui toute forme d’essor est jeté si l’on n’y ajoute pas les fonds (ce qui peut se traduire aussi en latin par « Dura tax, sed tax, aléatoire jacta est » !).


La presse d’Appro-Techno et les échantillons

Nous sommes ensuite partis à la rencontre de Christophe Grulois et Fernand Platbrood, de l’asbl « Les Compagnons d’Éole« . La maison de Fernand est un véritable laboratoire énergétique où il teste les multiples pistes possibles pour produire indépendamment son électricité (alternateur basse énergie, éoliennes, panneaux solaires, etc.)
Et cela fonctionne, preuves à l’appui : le compteur électrique tourne à l’envers.

A quand une horloge qui tourne à l’envers pour retourner dans le temps saluer ses ancêtres ?
Il faut néanmoins préciser qu’à Cabrousse, on le fait déjà depuis longtemps lorsqu’on boit à leur santé en laissant verser un peu du contenu de son verre par terre.

En tout état de cause, on ne peut que tirer son chapeau devant le dynamisme de ce visionnaire-chercheur-inventeur, pensionné mais passionné, si débordant d’énergie qu’il a décidé de la partager et si empli de ressources qu’il veut en faire profiter le plus grand nombre.
Sa longue expérience sur le terrain mauritanien et dans la Téranga sénégalaise sont autant d’atouts précieux pour adapter ses idées dans le vent (normal pour un compagnon d’éole) aux attentes des pays africains.
Se pourra-ce ? Faut voir…

> La superbe éolienne avec ses pales de cèdre rouge !

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