Faire bouger le monde ?

On va d'abord commencer par ici...

Posté par admin on mai 9, 2011

Rencontres de trois chouettes types (Pat Oufrites)

« Okatoral » (au revoir en Diola) Cap Skirring, Cap sur Bruxelles à présent.
Nous voici donc de retour aux sources pendant plusieurs mois. Il n’a pas fallu longtemps pour récupérer notre accent belch’ (une fois) et pour constateï qu’ici, non / neen, rien n’a vraiment changeï et tout / alles a continueï (alleï, alleï)…

Oui, la vie continue chez nous, avec ou sans gouvernement.
Depuis un an, on ne trouve plus de capitaine pour barrer cet Etat désuni.
D’ailleurs, l’orchestre continue de jouer « Plus près de toi, mon Dieu ! » sans tenir compte de l’iceberg nationaliste qui se dresse droit devant. Mais on sait bien ici que tout est fini puisque Leterme est là !
Aaaah, la Belgique, ses frites et la Belgique qui s’effrite…
La sauce ne lie plus le jaune mayonnaise flamand et le rouge ketchup wallon.

Bonne nouvelle malgré tout côté météo puisqu’il faut préciser que, depuis notre retour, le soleil reste étonnement de la partie, dans cette région du monde d’ordinaire si nébuleuse qu’on y vit plus vieux !

Nous retrouvons donc nos activités normales (se trimbaler en voiture, bosser au travail, zapper devant la télé) sans avoir à souffrir d’un quelconque choc thermique.
Par contre, le choc psychologique est bien là et, déboussolés par ce nouveau changement de vie, on fait les choses dans le désordre : on bosse la voiture, on zappe le travail et on se trimbale la télé !

Pour garder le contact avec notre projet sénégalais, nous utilisons Skype le plus souvent possible et discutons en direct avec Emilie ou Babacar. Skype est vraiment un outil fabuleux pour communiquer avec l’étranger. Qui plus est, ce programme est gratuit ce qui devrait le rendre incontournable en Afrique.
Espérons qu’il le reste encore longtemps, Inch’Microsoft !

Nous passons aussi un peu de notre temps libre à rechercher de nouvelles idées en prévision du futur. Julie nous a ainsi fixé rendez-vous au bord de la frontière française à Cul-des-Sarts (si, si, ça existe) pour y rencontrer des entrepreneurs locaux.
Leur longue expérience du travail en Afrique s’est révélée très intéressante à écouter.

Nous sommes d’abord allés voir la société Appro-Techno dont Madeleine, de l’association Kasumaye-Casamance, nous avait déjà parlé.
Cette PME vend des presses manuelles utilisées pour fabriquer des briques et notamment des briques en géo-béton telles que celles que nous façonnons pour nos constructions. Actuellement, sur notre chantier sénégalais, nous louons une petite presse trouvée sur place. Mais quand on compare la qualité des briques des deux presses, il n’y a pas photo (même si le développement a un coût plus élevé).

On se tâte sans hâte pour acheter sur le tas car, si l’apport d’un tel outil à nos maçons représente un renfort appréciable, on se méfie néanmoins des inconvénients liés à l’expédition et aux frais de douane inespérés (à ne pas prendre dans le sens « miraculeux » du terme mais bien dans le sens qu’on ne s’y attend pas, tellement ils sont élevés, pour ne pas dire prohibitifs – Mais où reste donc Eliott Ness ? -, comme nous l’avait révélé Madeleine dans une de nos précédentes chroniques).
Sébastien Deputter, gérant d’Appro-Techno, nous a aussi dévoilé son retour d’expérience sur les freins économiques engendrés par certaines incongruités dans le fief de quelques pouvoirs locaux pour qui toute forme d’essor est jeté si l’on n’y ajoute pas les fonds (ce qui peut se traduire aussi en latin par « Dura tax, sed tax, aléatoire jacta est » !).


La presse d’Appro-Techno et les échantillons

Nous sommes ensuite partis à la rencontre de Christophe Grulois et Fernand Platbrood, de l’asbl « Les Compagnons d’Éole« . La maison de Fernand est un véritable laboratoire énergétique où il teste les multiples pistes possibles pour produire indépendamment son électricité (alternateur basse énergie, éoliennes, panneaux solaires, etc.)
Et cela fonctionne, preuves à l’appui : le compteur électrique tourne à l’envers.

A quand une horloge qui tourne à l’envers pour retourner dans le temps saluer ses ancêtres ?
Il faut néanmoins préciser qu’à Cabrousse, on le fait déjà depuis longtemps lorsqu’on boit à leur santé en laissant verser un peu du contenu de son verre par terre.

En tout état de cause, on ne peut que tirer son chapeau devant le dynamisme de ce visionnaire-chercheur-inventeur, pensionné mais passionné, si débordant d’énergie qu’il a décidé de la partager et si empli de ressources qu’il veut en faire profiter le plus grand nombre.
Sa longue expérience sur le terrain mauritanien et dans la Téranga sénégalaise sont autant d’atouts précieux pour adapter ses idées dans le vent (normal pour un compagnon d’éole) aux attentes des pays africains.
Se pourra-ce ? Faut voir…

> La superbe éolienne avec ses pales de cèdre rouge !

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Posté par admin on avril 29, 2011

Et pendant ce temps-là… (par Marjulpat)

Pendant ce temps-là, les travailleurs et… la travailleuse… travaillent !
Bien que Julie ait pu profiter d’une semaine sénégalaise de plus que nous, la date de son retour arrive néanmoins à son terme (toujours trop vite évidemment). Pendant ce temps là, nos amis continuent à suer pour nous sous le soleil… Grâce leur en soit rendue !

Après avoir terminé les deux premières façades, et avoir tiré les leçons des erreurs passées, les dégâts ont été réparés avec succès et les deux dernières faces côté sud-ouest ont été enduites (de finition).


Le bas-relief dont le ciel s’était effondré sur nos têtes a été réparé et celui de la girafe affiche maintenant fièrement la signature de l’artiste !
… TRRRès jouliiiii !

Les experts en maçonnerie – avec une cédille – dont la technique s’est perfectionnée grâce aux conseils – avec un seil – de Juju et aux retours d’expérience sur la théorie de l’attraction terrestre relatés dans un précédent article, ont réalisé un travail aussi performant que celui des experts Miami (avec tout le côté high-tech bling-bling cash-flow… en moins). Le savant mélange d’argile, de sable et de la fameuse colle à farine a été appliqué directement sur les briques de la longue façade, visible de la route.
Après nos experts en maçonnerie et nos amis à Miami, place à l’expert Mamady dit « ze boss » ! Suite à une séance de « brainstorming » pimentée autour d’un délicieux jus de « gem-gem » glacé (boisson au gingembre), nous lui avions demandé de réaliser une longue frise qui s’étendrait d’une extrémité du mur à l’autre, à hauteur des fenêtres. Mamady avait reçu carte blanche pour laisser exprimer sa créativité. Ne se sentant plus de joie, il a ainsi mis en relief différentes scènes de la vie africaine… Ce pur chef-d’oeuvre attire déjà le regard des badauds qui n’hésitent pas à s’arrêter pour venir admirer son travail. Quelques-uns se sont même retenus d’applaudir et de lui jeter des roses !

En quelques images successives, admirez la dextérité de l’expérimenté expert !



Et voilà le travail ! Restent les dernières retouches de lissage pour que ce soit « nickel-chrome » !


Et ça continue !…


A deux, c’est encore mieux ! On se partage les tâches, entre le gros-oeuvre et les finitions !

Toujours à la recherche d’informations et de nouvelles idées à appliquer sur le chantier, Julie a potassé sans relâche la pile de livres sur la construction en terre qu’elle a rapportés de Belgique en quête de réponses à ses questions : comment réaliser un enduit en argile résistant quelque peu à l’eau, et quelle pourrait être une alternative locale à l’huile de lin utilisée chez nous (et qui est trop chère ici, car importée)…? Alors hein ? Je vous le demande ?… Quelqu’un à la réponse ?… Vous, là-bas dans le fond près du radiateur ?… Oui, vous !!! Mais vous dormez, ma parole ! Allez hop, au piquet ! Et sans écrire de commentaires malveillants sur ce blog svp !…

Vas-y Julie, toi qui as étudié… Le beurre de karité. Mais oui : voiiiilàààà ! Le beurre de karité a démontré son efficacité au Mali et au Burkina car il est utilisé de plusieurs façons dans la construction en terre. L’étanchéité à l’eau serait même miraculeuse !
Cela dit, on pourrait peut-être aussi utiliser un autre ingrédient : le jus de néré (ou « Parkia biglobosa » de son nom savant que personne ne retient) qu’on obtient par la décoction des gousses (à ne pas confondre avec la décoration du boss) pourra être appliqué directement sur la décoration du boss (à ne pas confondre avec la décoction des gousses), afin de leur donner un aspect brillant et… protégé de l’humidité… A tester donc, mais il faudra patienter pour voir les gousses de la brousse à la rescousse car les arbres sont pour le moment en frouss… en fleur.

Revenons aux vertus bienveillantes de la charité… Heu, du KARITÉ, je veux dire !
Aussitôt trouvé, aussitôt testé : Moussa chauffe le beurre de karité pour l’étendre ensuite au pinceau sur la surface en trois couches. On verra bien si la loi de Murphy s’applique dans ces conditions, auquel cas le mur tombera du côté où Moussa a étalé le beurre (sinon, c’est que le beurre a été mis du mauvais côté).


Moussa fait sa popote !

Le baume est donc appliqué sur une des décorations, en trois couches, afin de tester la technique. Le résultat est concluant et de plus, le lissage après la couche de karité donne un résultat encore plus doux, encore plus satiné ! Waouw, on dirait une pub !

Comme quoi, l’Afrique possède bien tous les éléments qu’il faut pour construire durablement et avec professionnalisme. Le tout, c’est de disposer de bonnes informations, de bonnes résolutions et de l’énergie nécessaire pour les appliquer !

Reste enfin la dernière façade, celle du futur bar, qui a été couverte d’un enduit rouge dans lequel le beurre de karité a été ajouté directement dans la masse. La joie des maçons s’est dessinée sur leur visage tant l’enduit glissait aisément et se lissait avec finesse. Une fois l’enduit sec, Mamady et Julie ont sortis leurs scalpels pour réaliser un patchwork en « sgraffito » (technique marocaine de grattage en surface dans un enduit sec). Le résultat est superbe !


Sgraffito’s en couple et à l’ombre de la bâche


Quelle classe !

Tout le staff technique ainsi que de nombreux passants sont fascinés par le résultat final : du jamais vu au Sénégal !
C’est ainsi que depuis quelques semaines, le chantier fait parler de lui dans la région et déjà des demandes pour d’autres projets arrivent… C’est fou ! C’est génial… Il paraît d’ailleurs qu’entre folie et génie, il n’y aurait qu’un pas (ou une oreille selon Van Gogh) !

Il faut savoir que dans les petites localités rurales, on continue à construire en terre mais l’aspect « finitions » n’est pas mis en valeur. Les villageois se contentent bien souvent de laisser les briques apparentes ou même parfois, selon leurs moyens, appliquent une fine couche de ciment pour protéger les murs. Le savoir ancestral a été ignoré puis jeté aux oubliettes par le pouvoir colonial ! Quelle tristesse !

Après notre départ, les travaux continuent et nos amis restés sur place nous envoient de temps en temps des photos. Jugez plutôt…


L’ébauche des premières chambres !

Les modules de quatre chambres sont construits en briques d’argile, tout comme le restaurant, mais les murs seront plus épais pour se préserver de la chaleur extérieure. Nous espérons ainsi éviter les climatiseurs, si gourmands en électricité, et les remplacer, si besoin en est, par de simples ventilateurs.

Mais pour se rafraîchir, plongeons-nous dans les premières images de notre future piscine…

Et plouf !…

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Posté par admin on avril 15, 2011

Sourires (Jonas le photographe)

Après 6 mois de mise en oeuvre, mise en route et autre mise en bouche, Marie et Patrick retournent dans leur nord natal en laissant les clés du chantier à Babacar. Pour les tenir au chaud jusqu’au mois d’octobre, ils garderont en mémoire les milliers de sourires lumineux offerts par les habitants d’ici…

Adja Petit Piment


Mamadi l’Artiste


une basketteuse


Francis-Love


une autre basketteuse


Cool Raoul


une jeune basketteuse


Emilie


une villageoise


Même les arbres rayonnent… !

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Posté par admin on avril 13, 2011

Des sources alternatives d’énergie pour les hébergements ? (Pat de Calais)

Quand on bénéficie d’un ensoleillement aussi exceptionnel qu’au Sénégal, on se dit que les panneaux solaires y ont aussi de beaux jours devant eux !
Je n’y connais absolument rien dans ce domaine mais en théorie, les performances électriques tirées d’une source d’énergie photovoltaïque devraient être bien plus intéressantes en Afrique au climat clair qu’au coeur des sombres brumes du bassin houiller de Charleroi.
Nous nous sommes donc documentés sur internet et, d’après les informations qui y circulent, il apparaît que, malgré tout et tout compte fait si l’on compte bien, l’investissement est assez lourd et ne serait éventuellement rentable que sur le très, très, très long terme. Certaines sociétés contactées proposent effectivement des prix que même Cresus aurait eu du mal à payer s’il n’avait pas eu un aussi bon Job !

Certes, nous dit-on, les rayons du soleil sont encore gratuits (jusqu’à présent) mais la haute technologie se révèle à ce point brillante que le prix est par contre loin d’être transparent…

D’ailleurs, petite parenthèse, à propos du prix élevé des nouveautés technologiques, vous vous rappelez ?… On nous avait dit que ces prix étaient justifiés au sujet des premiers téléphones portables à 2.000 euros (ceux qui ne fonctionnaient qu’une fois sur cinq) ou des premiers équipements informatiques (notre premier ordinateur de 40 Mb coûtait plus de 300.000 francs… c’était encore en francs belges en ce temps là… vu le nombre de chiffres, on pourrait croire que c’était en francs CFA).
Or, on trouve maintenant du matériel mille fois plus performant (GSM qui naviguent par GPS ou PC infiniment plus vifs de RAM et plus morts de ROM) et pourtant dix fois moins cher !

Etirons la parenthèse pour y ajouter qu’en cela, le modèle libéral m’a toujours éberlué…
Prenons l’exemple d’une société baptisée « X » (qui propose des énergies renouvelables par exemple, c’est à la mode) et son gros concurrent que nous appelerons « Y », implanté depuis des lustres sur le marché grâce à une technologie plus ancienne (compagnie qui vend des énergies à base de pétrole par exemple, mais ce ne sont que des exemples et on pourrait en choisir d’autres)…
Imaginons que l’ingénieur du département « Research, there’s no Future without X » invente une nouveauté succeptible de bénéficier à beaucoup de monde et d’apporter un réel progrès au genre humain ou à son environnement.
De deux choses l’une : soit le chef du service « Commercial, Accounting & Finance, with X, we’re Strong » compte tous les petits sousous qu’il peut facilement glisser dans la popoche de l’actionnaire, membre de l’ »Administrative Council, in X we Trust », soit la jeune société « X » se fait racheter et englober par son riche concurrent « Y », ce qui permet à « Y » d’augmenter son chiffre d’affaires en continuant d’écouler pendant longtemps ses vétustes produits pétrolivores qui font la nique au genre humain et son environnement.
Si l’on résume, le monde est ainsi fait qu’il faut donc payer encore et toujours plus ou bien se faire niquer… Le choix n’est pas très large !

Trève de bavardages, refermons cette parenthèse si tendue qu’elle a sauté trois paragraphes et passons de l’anodin au cathodique pour retrouver le fil de notre sujet électrique…

Or donc, je me suis renseigné auprès d’une société de Dakar en demandant le prix d’installation photovoltaïque dans les bâtiments destinés à héberger nos futurs clients. Me prenant à n’en pas douter pour Bourvil dans « Le Corniaud », on m’a remis le prix de la meilleure mise en scène : 60.000 euros ! Gloups, gaspe et pas glop, pas glop !
A ce tarif-là, on n’est plus plongé dans la haute technologie, mais dans le haut vol !
Ou alors le deviseur (celui qui fait un devis, pas celui qui crée les devises comme « Sauver ou périr » inscrit sur le mur de la caserne des pompiers de Cap Skirring) n’a pas compris que notre projet éclogique signifie qu’on peut se passer des besoins superflus.
L’écologie n’est pas de dire « préservez la nature, consommez industriel » ou bien « sauvez les arbres, mangez les termites » mais plutôt dire « vivez en acceptant que le confort ne soit plus l’unique voie du progrès ».

Nos futures chambres n’auront pas besoin d’un climatiseur si elles sont bien isolées et qu’il fait frais à l’intérieur. De plus, un frigo ou une cuisinière n’est pas nécessaire s’il y a un bar-restaurant.
On imagine juste quelques points lumineux par chambre, quelques prises pour des petits équipements tels un ordinateur portable ou un chargeur de téléphone mobile. Eventuellement un ventilateur…
Trois Kw/h par jour devraient donc suffire pour ce bâtiment de 4 chambres + salles d’eau. Après avoir discuté avec Francis, un français qui a équipé sa maison à Cabrousse de panneaux solaires, le budget total pour un bâtiment devrait plutôt tourner aux alentours de 5.000 euros si on passe par son fournisseur. C’est encore très cher par rapport à ce que facture une compagnie électrique mais on espère s’y retrouver dans le temps et surtout éviter à court-terme la distribution chaotique de la Senelec ainsi que ses dommages collatéraux comme le recours au « 3G » (Générateur Gourmand en Gasoil). Par contre, si ça ne fonctionne pas : « aïeeeee, meeeerde ! » (comme dit jadis Benjamin Franklin en découvrant l’électricité).

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Posté par admin on avril 6, 2011

Mais où sont-ils, les « Bakarôôô* ? » (par MaJuRiLie)

* Bakaro : boutade tout à fait ironique et pleine de tendresse signifiant « fainéant, paresseux, bon à rien », etc. C’est Mamady qui nous l’a apprise en se l’infligeant à lui-même… Comme il n’a rien d’un paresseux, j’avais pris l’habitude de l’appeler « Macaroni », mot à la consonance approchante, bien que dénuée de sens, mais plus respectueuse de la sueur qui perlait à son front, tous les jours que Dieu fait… (note de M)

Le 26 mars, notre Julie fait son grand retour ! Une petite visite du chantier s’impose dès le lundi matin, histoire de faire le point sur ce qui est bon et ce qui l’est moins… Aïe, du ciment par-ci, ouille-ouille (en « belche » dans le texte), quelques fissures par-là… Mais « Amoul ben problèm’, on va tâcher d’arranger tout ça ! »


Le grand retour de Julie de la Brousse sur notre chantier, accompagnée par Mam’ et Bouba, l’artiste peintre surnommé « Picasso », mais qui signe « Benz »

Sans plus attendre et après avoir fait de nouveaux mélanges bannissant le ciment, les premiers tests d’enduits sont réalisés à l’intérieur de ce qui sera la future cuisine du resto… Mmmmm ! il fait bien frais ici ! Les briques d’argile semblent remplir leur rôle de régulateur thermique !


Premiers tests sur des zones d’un quart de mètre carré… Demba, ébloui, semble déjà en apprécier tant la matière que la manipulation et ne dirait-on pas que Bouba a déjà les mains qui lui démangent ?

Donc, un volume d’argile pour un volume de sable, puis un volume d’argile pour deux volumes de sable… Si un des deux tests fissure après séchage, c’est qu’il n’y a pas assez de sable et on refait un test supplémentaire avec un demi volume de sable en plus.
Hop-là, dès qu’on a trouvé le bon dosage, on enchaîne avec les tests de coloris, grâce aux pigments que Julie a apportés dans ses « baggos »: des ocres et des oxydes de toutes les couleurs : de petites touches sont appliquées sur l’enduit de base alors que d’autres essais sont réalisés en mettant directement le pigment dans la masse… On peut aussi terminer avec une petite couche d’huile de lin afin d’avoir un résultat bien lisse et aussi plus étanche !
Cerise sur le gâteau : quand on superpose des couches de différentes couleurs, on peut même obtenir des effets spéciaux en en grattant une partie. On obtient alors une bichromie en relief du plus bel effet : « Oulalà, mais c’est tRès jouli tout ça ! »


Tests de coloris et de peintures sur la couche de base ou dans la masse.

La-dessus, nos artistes, grisés par ces découvertes, ne se sentent plus de joie et se lâchent littéralement pour réaliser de superbes gravures et esquisses chatoyantes ! Dommage qu’il faudra les gratter une fois les tests terminés !


Palmier gratté puis repeint et profil de femme pigmenté.


Fleurs peintes et fleur en relief appliquée en surface.


Papillon en trois couches grattées…

De son côté, Mam’ se fait la main sur un enduit extérieur. La sculpture, c’est son dada, et ça se voit ! Même si le bois est son matériau de prédilection, il semble être comme un poisson dans l’eau quand il s’agit de travailler la terre ! Il nous mitonne un splendide bas-relief représentant un de ses éléphants dont il a le secret, pendant que Julie sculpte une réplique d’arabesque burkinabé.

Très concentré, l’artiste : « Attention Mamady : on voit ta langue qui dépasse ! »


Toujours aussi appliqué, il nous dévoile son oeuvre…

Il va falloir qu’on détermine sérieusement les endroits précis où reproduire toutes ces merveilles ! Une réunion vespérale est donc organisée et un projet de base est fixé, mais qui laissera libre cours à l’inspiration et la créativité du moment… Un simple rough quoi ! (prononcez « roeuf »)


Projet « rough »

Le lendemain, les maçons spécialisés commencent par un bel enduit rouge de quelques millimètres d’épaisseur sur la façade nord. On dirait que le travail de l’argile ne les dérange pas, que du contraire ! Le travail avec le ciment est, parait-il, plus stressant car on a un temps limité pour le travailler avant qu’il ne prenne, sinon on risque de devoir tout recommencer… ou de tout rater !


Et voilà un bel enduit rouge brique !

Après quoi, nos trois « macaronis » se mettent à l’ouvrage… Mamady nous « pond » un gentil petit lézard, Bouba trace l’ébauche d’une farandole de victuailles sur le mur devant lequel s’érigera le comptoir traiteur pendant que Juju se focalise sur le contour des deux portes, dans un coloris naturel…


Les trois « macaronis » à l’oeuvre ! Que la fête commence !


Mam’, qui ronge son frein en attendant la suite, s’amuse à chatouiller son lézard premier-né…


Mais qu’il est mimi le rikiki !


Julie s’applique à appliquer méticuleusement et sans faux pli, ni repli, la nappe que nippe sa rape platte, et qui fait plic-plac ! (ouf !)


Ensuite, on fignole en équipe… Et quelle équipe !

Pendant ce temps-là… de l’autre côté du mur… On s’applique à plaquer une grosse plaque, où demain, Mam-le sculpteur-chasseur, nous emmènera en safari et nous fera visiter la savane et la brousse, à la recherche de la faune qui s’y cache et s’y prélasse…


Le futur bas-relief pour scènes animalière africaines…


Que Moussa lisse…


Et relisse… C’est qu’il prend beaucoup de plaisir dans le travail de la terre ! Mais n’est-il pas un peu trop pèpè** ce bas-relief ? L’avenir nous le dira, car une surprise nous attend… Patience !
(** trop épais !)

Bouba se lance alors dans la mise en couleur de son oeuvre… Accrochez vos ceintures, ça va se dérouler sous vos yeux « zébahis » ! Mesdames et messieurs, que le spectacle commence !


Pour le plaisir des yeux…


Ça continue…

Une drôle de farandole agricole qui caracole et batifole…

Bouba, qui rigole et se gondole, la fignole sous contrôle !
Une fantasmagorie merveilleuse !


Mam-Macaroni a les doigts qui fourmillent… Déjà il trace le brouillon des scènes de brousses, dont il a rêvé toute la nuit…


Et sa creuse, et ça façonne…


Sans répit et sans repos…


Les décors se détachent…


Sans relâche, les scènes s’enchaînent…


et la magie s’offre à nos yeux ! Epoustouflante !

Mais ce n’est pas fini !
Car tout à coup…
Sans prévenir ni coup férir…

Tout le HAUT du bas-relief (c’est un comble !) s’écarte du mur, se détache, et… « Bardaff, dadis den embardeid* ! » tombe en morceaux aux pied du mur !
* Comme Paf, le chien !

Mais comment se fesse ? Pourquoi se peusse ?

Un petit retour en arrière s’impose :
Comment Julie avait-t-elle réussi à persuader les maçons sénégalais du bon choix que représentait l’argile, alors qu’ils avaient appris ou qu’on leur avait fait croire dans un passé récent que le ciment était l’avenir ?
En leur posant ces deux questions, et en leur montrant des photos des bouquins qu’elle avait apportés :
— Dans quel type d’habitat vivaient vos aïeux ? Et la mosquée de Djenné, bâtie en terre, depuis combien de siècles résiste-t-elle au temps ?
Il n’en fallait pas plus pour les convaincre que c’étaient leurs propres méthodes ancestrales qu’elle était en train de valoriser… Du coup, les voilà tout rassérénés, quoi de plus flatteur pour une population qui voit l’homme blanc comme un savant…
Pleins d’entrain après cette bonne nouvelle, ils mettent les bouchées doubles !
Mais… avant l’arrivée de Julie, les deux premiers murs (Nord et Est) avaient été enduits avec un mélange d’argile, de sable… et de ciment ! (hou ! Qu’il est laid, le ciment !)
Or, pour sculpter son relief, voilà que Mamady leur demande une couche de 4 cm… Oups ! Un enduit de finitions de cette épaisseur, c’est lourd sur une couche de vilain ciment lissé…
On en parle, on en discute, mais « Non-non-ça-va-aller » est le mot de passe sénégalais…
« Bien… répond Julie, restons positive ! Je suis perplexe mais bon, je ne vais pas risquer de briser leur bel enthousiasme… de plus, une femme qui commande sur un chantier, ce n’est pas dans les habitudes locales… Laissons-les expérimenter par eux-mêmes. Rien de tel qu’une démonstration vécue… Attendons de voir… »

Évidemment, ce qui devait arriver est arrivé : badaboum, patatra, une grosse partie de la sculpture s’est effondrée… En cause : une couche d’argile trop épaisse sur une pellicule de ciment (bouh !), un séchage trop rapide et pas assez de colle à farine dans l’enduit,… tous ces petits détails qui sont d’une tellement grande importance !
Et bien, que faisons-nous maintenant ?

Et bien restons positifs voyons !…
Il faut un début à tout, les erreurs font partie de l’apprentissage… et puis le grand avantage avec la terre c’est que l’on peut recommencer à volonté !
Et puis, c’est quand même pas si mal pour une première tentative, non ?


Il ne reste plus qu’à réparer les dégâts, en attendant l’application d’une nouvelle petite couche d’enduit !


C’était si beau !


On garde le moral… et le sourire !

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Posté par admin on mars 28, 2011

Ordures !* (Pat Atras)

Il fait tellement beau au Sénégal qu’à l’exception du blé, de l’oseille et de la fraîche, tout y pousse: le riz, les bananes, les mangues, les ananas, les papayes (the Sailor Man), les haricots, les tomates, les concombres, les combres fûtés, les bougainvilliers, les hibiscus, les palmiers, les cocotiers, les envies, les vents vers la sortie, les jeunes, les gueulantes, les cheveux, les poux de Monsieur Lepetitchat (mi-août, les petits poux poussent et Lepetitchat tond)…
Tout, je vous dis… et même les déchets !

C’est ainsi qu’une gigantesque montagne d’immondices sauvagement entassées au bord de la route, à côté de la plaque « Bienvenue à Cap Skirring » (sponsorisée par la banque CBAO), et survolées par une nuée de vautours fut la première chose dont nous fûmes témoins au terme de notre premier voyage en Casamance voici maintenant sept ans.
Témoins à décharge pour ainsi dire, donc !
Notre première réflexion porta sur l’idée saugrenue de laisser traîner toutes ces ordures aussi visiblement à l’entrée de cette zone touristique et sur le réel problème de valorisation d’image de marque qui en découle.

Heureusement, les choses ont changé depuis lors. L’entrée du Cap a été dégagée de son dépotoir.

Il y a aujourd’hui un ramassage des poubelles à Cap Skirring qui est organisé chaque semaine. La collecte des déchets ménagers est gratuite pour les habitants du village et payante pour les hôtels et les sociétés.

Autre bonne action, les immondices du Cap sont à présent envoyées au CTD (Centre de Traitement des Déchets).
Des employés y trient sélectivement les déchets en vue de les recycler et fabriquent du compost à partir des déchets biologiques.

Cette idée innovante a vu le jour sous l’impulsion d’un belge, Laurent Minguet, en partenariat avec le Club Med. Nous n’avons pas encore rencontré cet ex-Manager « Trends-Tendances » de l’Année mais il semble très actif en Casamance puisqu’il y a ouvert l’hôtel « Amigo », à vocation écologique, et s’est engagé dans la construction d’une centrale électrique à biomasse. Ce projet très ambitieux et hautement indispensable au Sénégal où l’élec- est tellement souvent coupée qu’on ne sait même plus l’écrire en un mot -tricité !
Il semblerait d’après ce qu’on nous a dit que cette initiative privée ne soit pas suffisamment soutenue par les instances gouvernementales en raison de sa concurrence potentielle avec le potentat de la Senelec nationale. Le pot de terre contre le pot de fer en somme… (j’ai voulu aussi placer les mots « Potemkine » et « potiron » mais manque de pot, je n’y suis pas arrivé !)
Aux dernières nouvelles, ces fameuses instances seraient plutôt sur la piste d’une… centrale nucléaire !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (je saisis d’ici vos exclamations !)
Houille, houille, s’écrient en choeur les écolos, les partisans du charbon et Valérie Lemercier en quête de poncho !
Tchernoshima et Fukubyl ne seraient-ils donc que des héros de bandes dessinées ou des nouvelles marques de boissons gazeuses inoffensives ?
N’est-il pas temps de remettre en question la pertinence de l’énergie nucléaire une bonne fois pour toute ?
Ou bien faut-il que la radioactivité se propage aussi en Afrique au nom de la sacrosainte économie.
Après y avoir écoulé les cigarettes qu’il devient difficile de vendre chez nous (ici, il n’y a pas ou peu de menaces concernant la santé sur les paquets de clopes), les drogues, les armes, les déchets électroniques ou toxiques dont on ne sait plus que faire nulle part, voici venir le temps des centrales nucléaires au Sénégal… La réalité dépasse la fission !
L’Afrique est-elle condamnée à devenir la poubelle du monde occidental ?

Pour revenir à nos moutons avant qu’ils n’aient six pattes et qu’ils se mettent à briller dans le noir, il faut savoir que le ramassage des ordures se limite à la zone de Cap Skirring. La population du village voisin de Cabrousse n’en profite malheureusement pas. Si quelques villageois, qui n’ont pas de moyens mais un peu de sens civique, prennent la peine de venir déposer leurs poubelles, ils payent plus cher que ce qui est exigé dans une riche commune belge. Les mieux organisés font un grand trou à côté de leur maison, y jettent tous leurs déchets, piles, plastiques, bouteilles, canettes et consorts, puis brûlent le tout… Mais le plus souvent, ils jettent tout par terre.
Résultat : une décharge sauvage s’est peu à peu constituée aux abords du terrain de basket, « gâtant » les ballons qui tombaient sur des morceaux de verre ou blessant les pieds des gamins qui venaient les ramasser.
J’avais donc proposé un marché au président du club de Cabrousse : on finançait l’achat d’équipements sportifs en échange du déblayage de tous les détritus à côté du terrain de sport.
Les jeunes basketteurs se sont donc réunis un mercredi avec pelles et râteaux (il est fréquent de connaître pelles et râteaux quand on est jeune…) pour rassembler tous les déchets et il était prévu de les empaqueter dans des grands sacs de riz achetés à cet effet (plus résistants et plus volumineux que les sacs poubelles).
Quand ils ont vu la quantité et la difficulté du travail, ils se sont dit : ça ira plus vite si on fait des tas et on brûle. Flûte pour l’environnement !
Verres cassés, sacs en plastiques, piles usagées, aérosols,… On brûle tout !
Marie est arrivée trop tard pour empêcher la mise à feu. Quand elle a vu que les foyers étaient allumés juste à côté de massifs broussailleux desséchés, son sang n’a fait qu’un tour ! Elle a tout de même expliqué à notre ami président Adolphe :
— C’est une très mauvaise idée de brûler ainsi tout et n’importe quoi !
— T’inquiète pas Marie, tout est sous contrôle. On surveille !
— Vous surveillez ? Et si le feu s’étend, vous faites quoi ? Vous criez ou vous fuyez ?
Ça les a bien fait rigoler, mais ils n’ont pas répondu : le puits le plus proche est à 30 mètres, mais aucun seau n’est prévu !
Badaboum ! Il y a eu une grosse déflagration au milieu d’un tas qui brûlait. Heureusement, cela n’a fait que du bruit et du souffle. Des étincelles volaient au gré du vent dans toutes les directions et les flammes léchaient les feuilles séchées des arbres voisins. Par bonheur, hormis les prix des denrées alimentaires de base, rien d’autre n’a flambé.
Bref, le mal étant fait, la semaine suivante, pèlerins et râteliers firent leur retour pour rassembler les résidus restants et les glisser dans les sacs de riz vides.
Les jeunes avaient déjà rassemblé 13 sacs pleins, soit un cinquième de la surface à nettoyer quand ils ont demandé à Jonas d’aller avec son taxi déjà déposer une première fournée au centre de tri.
Lorsque Jonas est arrivé sur place et qu’on lui a dit le prix à débourser, il a illico rebroussé chemin. Il ne concevait pas de payer quoi que ce soit pour des déchets… Alors là, non ! D’autant plus que le total aurait dépassé l’équivalent d’un salaire mensuel d’ici. Et Jonas, c’est comme Maïté : « y a pas marqué « bécasse » sur sont front » !
Il a repris les sacs ainsi que la direction opposée pour revenir au terrain.
Là, les basketteurs ont décidé qu’ils allaient creuser un grand trou, y déverser les déchets et enterrer tout ça… comme ils font d’habitude.
Ce à quoi nous avons répondu qu’on allait réfléchir « puissamment » et chercher une autre solution ! En attendant une idée lumineuse ou une négociation avec le gérant de centre de tri, on a laissé les sacs à côté du terrain de basket.

Je vous jure… Il y a encore du chemin à faire pour préserver la nature !

* A tous ceux qui se sentent interpellés par ce titre racoleur, il est à noter que je ne vise personne derrière le terme « ordures ! » qui est à prendre au sens propre (pour autant qu’on puisse associer ordures à propreté, bien entendu).

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Posté par admin on mars 21, 2011

Le sain égal (Pat Aquès)

En général, quand on part à l’étranger, on se renseigne avant de partir sur la météo, les devises et les vaccins.
Les plus prudents s’informeront un tantinet plus sur la situation politique et économique du pays.
Comme rien ne vous sera épargné sur ce blog et surtout pas un peu de confiture de culture, étalons cela point par point…
- La météo à Cap Skirring : il faut beau, chaud (entre 18, la nuit, et 35° à l’ombre, le jour) et sec (pas une seule goutte de pluie) depuis fin octobre jusqu’à début juin (aaah, qu’aimerions-nous entendre ce genre de prévisions sur RTL !). Puis vient la saison dite de l’hivernage où il fait encore plus chaud (30 à 40°) et humide, avec des orages qui succèdent aux belles éclaircies (bon, ça on connait sur RTL). Cette saison d’hivernage s’étend de juin à octobre avec des pics (gare aux moustiques) plus humides en août et septembre.
- La devise du Sénégal est le franc CFA (on dit le franc céfa). 1 euro = ± 650 FCFA. 1.000 FCFA = ± 1,5 euro.
- Le seul vaccin obligatoire pour entrer au Sénégal est le vaccin contre la fièvre jaune (non, ce n’est pas la fièvre de l’or !).
- Le Sénégal est, souvenir d’en France, une république parlementaire jusqu’ici gouvernée par trois Présidents qui se sont succédés à la tête de l’Etat : Léopold Sédar Senghor, l’académicien de la langue française, Abdou Diouf, le secrétaire général de la francophonie et Abdulaye Wade, né à Kébémer mais déclaré à Saint-Louis pour bénéficier du statut de citoyen français. Conclusion : la France renforce donc bien cette notion d’Etat-soeur, comme dirait mon frère qui est masseur !
Autre exclusivité : le Sénégal est l’un des rares pays d’Afrique à n’avoir jamais connu de coup d’État. Par contre il faut savoir que quand on veut s’y installer, on paie des tas de coûts !
- Si on prétend ici que l’économie tourne à deux vitesses (le marché « noir » où 1 kg de poisson coûte entre 400 et 1.000 Francs CFA et le marché « blanc » où les prix sont ceux que le gogo toubab veut bien donner), elle tourne en réalité surtout au ralenti depuis quelques années. L’accès en Casamance n’est pas aisé à cause de la situation géographique « enclavée » de la région et de son éloignement du centre nerveux du Sénégal qu’est Dakar. Il est devenu encore plus difficile d’y accéder par avion depuis qu’Air Sénégal a stoppé ses activités, ou en voiture à cause des contrôles incessants et de l’insécurité qui règne en Mauritanie et à proximité de la route vers Bignona.

Et si on parlait un peu d’un sujet qui fâche : « l’insécurité » en Afrique ?

Beaucoup de personnes nous ont dit avant de partir : « Oulaaah, le Sénégal, c’est en Afrique, ça ? Y a pas la guerre là-bas ? »
Bon ben, si on part dans cette direction, on peut dire qu’il y a des conflits dans tous les coins du monde.
Depuis la genèse de la mitose, la race humaine est perpétuellement à la recherche de la division. D’ailleurs, comme les déclarations de guerres se reproduisent partout, les prétextes sont féconds pour recourir aux frappes (car, comme disait Francis Blanche, « Dans une guerre, c’est toujours l’adversaire qui commence »).

Un peu d’histoire s’impose donc…
Le Sénégal bénéficie depuis son indépendance en 1960 d’une relative paix avec les régimes voisins qui ne sont pourtant pas toujours des plus stables (Mauritanie, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée,…). Il n’en est pas tout à fait de même à l’intérieur du pays.

Depuis 1982 (et une manifestation pour plus d’autonomie de la Casamance brutalement réprimée par le pouvoir en place), y sévit un mouvement de rébellion.
Pendant de nombreuses années, des accrochages ont opposé l’armée gouvernementale aux dissidents du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC).


En gros, il y avait d’un côté le Sud du Sénégal (au Sud de la Gambie), baptisé « grenier du Sénégal » pour ses richesses agricoles, mises en valeur par son climat sub-tropical.
Et de l’autre, le Nord du Sénégal (au Nord de la Gambie… note de la rédaction : mais qu’est-ce que ce pays fout là au milieu d’un autre, nom d’un chien ? Et bien merci, messieurs les cartographes coloniaux !) qui est plus aride (climat sub-saharien) mais qui est surtout le centre des décisions, de par la situation de la capitale Dakar (Dakar du Nord donc, pour rester sur la voie rapide).
Comme dans beaucoup de nos pays (Wallonie / Flandre en Belgique, Catalogne / Castille en Espagne, France d’en-bas / France d’en-haut), une région reproche à une autre de favoriser les intérêts des uns au détriment des autres.

Je n’entrerai pas dans le débat qui ne me regarde pas de « la faute à qui ? ». Comme dans tous les conflits, si les deux parties avaient eu la bonne idée de mettre un peu d’eau dans son vin de palme (spécialité de la région qu’on appelle « bunuk » en Diola), les bélligérants auraient peut-être pu garder les idées plus claires, au lieu d’attendre la fermentation pour se bourrer la gueule à grands coups de bâtons.

Malgré la fin officielle de la rébellion après que des accords de paix furent signés en 2005 (soit plus de vingt ans plus tard) et même si toute la population est usée par ce vieux conflit et implore une paix définitive et durable, la sérénité n’est hélàs toujours pas entièrement revenue en Casamance et des accrochages subsistent encore çà et là. A Dakar, les journaux appellent cette situation de « mi-guerre et mi-paix » (mi-Tolstoï).

Quelques poches supposées « rebelles » résistent encore dans la forêt et refusent de baisser les armes. Pour survivre, ils ont de temps à autre recours à des braquages de véhicules, le long de la route qui va de la frontière gambienne au nord de Ziguinchor. Ils prennent l’argent puis la fuite. Parfois, ils entrent dans un village, jouent les gros bras bien durs (armés de fusils, c’est plus facile) et raquettent les pauvres villageois de quelques maigres richesses matérielles (récoltes), sonnantes (portables) et trébuchantes (argent).
Chez nous, on appelerait cela des bandes organisées de délinquants.
Au Sénégal, ce sont des « présumés rebelles du MFDC ».
Pourtant, que leur cause puisse se justifier ou pas, on ne peut pas dire que terroriser le peuple qu’on prétend libérer soit le meilleur moyen de revendiquer une quelconque crédibilité pour aboutir à plus d’autonomie pour la Casamance.

Dès qu’il y a rapine, l’armée accourt et ratisse la forêt. Pour couvrir leurs arrières, de non-moins « présumés trouducs » laissent parfois traîner derrière eux des mines antipersonnel. Une mine d’or pour l’industrie de l’armement, un pied de plomb pour le malheureux qui n’a pas de pot.

Il faut néanmoins relativiser certaines choses : depuis que nous sommes au Sénégal, nous n’avons jamais vécu de situations dangereuses. Dans un trip feng-shui-zen, on peut affirmer que la région du Cap respire l’harmonie, le calme et la sérénité.
Les accrochages entre braqueurs et militaires arrivent, malheureusement pour ceux qui en subissent les conséquences mais souvent loin d’ici, heureusement pour nous. Il n’y a donc, de notre expérience, pas plus de danger à venir à Cap-Skirring qu’à traverser Bruxelles ou Paris.

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Posté par admin on mars 18, 2011

Mais n’oublions pas nos amis fidèles ! (par Maroussette)

D’aucun pourraient parfois croire, à nous lire, que nous aurions des regrets ou que nous serions déçus de notre séjour sur ce continent…

Ne vous méprenez pas, ce qui pourrait ressembler à des récriminations, des remarques acerbes ou des lamentations amères ne sont que les transcriptions humoristiques de nos états d’âme, constatations ou interprétations, souvent amusés mais toujours attendris, et qui font suite à des anecdotes ou à des événements vécus ici.

Nous les partageons avec la famille et les amis qui suivent notre blog mais aussi avec les quelques amis sénégalais, fidèles, dévoués et sincères, que nous connaissons depuis plusieurs années et que je voudrais vous présenter…

Le plus ancien de tous est évidemment Babacar, alias Mbaye, homme intègre, courageux et sérieux, veuf de notre regrettée amie Viviane, responsable actuel de la société Tropic-Cap de Cap-Skirring (créée par mon Patachonchon-à-sa-mèmère) dont nous avons déjà parlé…

Il y a aussi le talentueux Mamady, notre sculpteur préféré, artiste dans l’âme et dans la vie. Son atelier regorge d’oeuvres d’art magnifiques et originales, de toutes tailles et de tous bois, il est entre autres l’auteur des trophées « Squashsket », compétitions organisées en Belgique par Patrick entre son équipe de squash et celle de basket…

Le joyeux Jonas, taximan à l’improbable guimbarde, antique break Renault 21 de l’après-guerre, nous ravit jour après jour, claironnant son inimitable cri de guerre : « Allo, TrrRRôôpiKapp ! », affichant son irrésistible sourire et distribuant sa bonne humeur communicative et son entrain à la cantonade… Sa motivation nous enchante, sa gentillesse nous éblouit, grand philosophe devant l’Eternel, sa sagesse et sa simplicité nous émeuvent.

Moussa le forgeron, jeune homme plein d’énergie positive, d’humour candide et d’allégresse au travail. Il est tellement enthousiaste qu’il accepte tout, même l’impossible, et comme à l’impossible, nul n’est tenu, Moussa déborde d’imagination pour s’en approcher ou pour trouver l’excuse de n’avoir pas réussi à y accéder.


Alfred, de son nom sénégalais « Badadia », surnommé « Yes-I » (prononcez « yessaille ») ou « Djabless » (Jah, le dieu des rastas jamaïquains + bless, « béni » en anglais) ou « Michael Jordan » ou « En-m-pagaille » ou encore « A-volonté », est entré dans la sphère des amis de longue date de Patachou via le… terrain de basket-ball de Cabrousse… Il fallait s’en douter…

Suzanne : son rire tonitruand très communicatif et son accent irrésistible constituent notre apport vitaminé journellement recommandé. C’est elle qui veille à la propreté sans tâche de notre petit logis, n’hésitant pas à sortir tout l’ameublement à chaque grande occasion et à en déloger les hypothétiques araignées qui auraient échappé à sa chasse attentive.

Emilie vient de commencer une formation en informatique sur notre ordinateur en prévision de l’avenir. En effet, institutrice de son état, ce serait « cool » de lui trouver une activité qui soit « dans ses cordes », au sein d’un projet éducatif ou culturel. Et pourquoi pas gestionnaire de notre future bibliothèque ?

Continuons le tour d’horizon avec, dans le désordre, Adja (notre Petit-Piment, que nous ne présentons plus), Ibu (prononcez « hibou ») le cuisinier, Aliou le jardinier, Francis le joueur de tennis, tous les basketeurs : Denis, Olivier, Adolphe, Donatien et tous ceux que j’oublie, vu mon grand âge et mon début d’Alzheimer…

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Posté par admin on mars 10, 2011

Nouvelles historiettes de Marizette…

Nous faisons ici chaque jour l’expérience de la chaleur humaine, de l’esprit de famille, de l’ouverture aux autres et de l’accueil sympathique dont fait preuve la population locale : à chaque passage en voiture, nous entendons des cris :
— « Mariiiiie, bonjour Mariiiie ! »
— « Patiiiiriiick, comment ça va Patiiiriiick ! »
A chaque fois, des enfants ou des adultes gesticulent en nous faisant des grands signes, que ce soit sur les routes de Cabrousse, au Cap même ou sur les petits chemins de la Palmeraie… On commence à nous connaître ici, après quatre mois d’aller et venues…
Il est vrai que tout au long des trajets que nous faisons, vers le Cap ou ailleurs, que ce soit la journée ou la nuit, nous embarquons des gens qui attendent sur le bord de la route, certains chargés de bidons, d’autres de légumes, des femmes portant bagages sur la tête et bébé sur le dos !… Ils attendent un hypothétique taxi et nous font signe, parfois étonnés de tomber sur un (Patrick) ou une (moi) « toubab » s’arrêtant pour eux, ils font même mine de nous payer la course, ce que nous refusons bien évidemment !
A chaque fois c’est : « Ah mais toi, tu es Jeanne-tiii, merrRRciii ! Comment ti t’appelles ? »
Pas étonnant que de plus en plus de gens nous apostrophent par notre nom le long de la route !
Et même parfois, dans le village, j’entends :
— Ah, MarrRRiiie, toi, tu ne te souviens pas de moi ?
— Heu, rafraîchis-moi la mémoire…
— Mais si : tu m’as pris avec ta voiture car tu es trrRRès Jeanne-ti, l’autre soir-là, tu te souviens ?
— Ah oui, c’est bien possible, mais il faut me pardonner de ne pas te reconnaître, tu sais, il faisait noir, tu es monté à l’arrière, et moi, et bien je regardais la route quoi…
Ou bien c’est la marchande de légumes qui me reconnait comme celle qui transporte toujours plein de gens dans la voiture de Mbaye Diouf.
Il est même arrivé à plusieurs reprises d’assister à un spectacle, étonnant s’il en est, quand la fameuse petite Peugeot 106, ancienne voiture de Babacar, avec la blanche petite Marie au volant, transportait à son bord quatre grands noirs rentrant du travail… Le monde à l’envers quoi !

Une fois, j’ai embarqué toute une ribambelle de lycéens qui « descendaient » de l’école de Cabrousse vers 11 heures et qui, à six derrière et deux devant, sur le siège passager, investirent la petite Peugeot 106 jusqu’au Cap. Chemin faisant, nous fîmes un peu connaissance
— Comment t’appelles ?
— Moi c’est Marie, et vous ?
— Moi c’est Fodegueye, déclare le plus dégourdi…, lui c’est Raoul, lui c’est Alassan, lui Etienne, là c’est Ousseynou et Jean-Paul…
— Et puis moi c’est Zidane… déclare un petit gars au milieu de la troupe… Vous connaissez Zidane ?
— Ah oui, Zizou, c’est toi alors ? Tu joues au foot, donc ?
— Oui, on a une équipe de foot, au Cap… Mais on n’a pas de ballon…!
… J’aurais dû m’en douter…
— Tu nous achètes un ballon ?
— … Euh, comment dirais-je… Vous êtes bien sympa les gars, mais bon, si j’achetais un ballon à tous les enfants qui me le demandent, je pourrais directement faire ma valise et rentrer chez moi…
— …
— Bin oui, c’est pas que je ne veux pas vous acheter un ballon, mais pas comme ça… comme si j’étais obligée… Sans rien en échange… Ce ne serait pas un service que je vous rendrais… Il faut d’abord bien travailler à l’école et puis, je ne sais pas moi, me rendre un petit service ou quoi… je vais y réfléchir…
Là-dessus, on arrive devant la boutique et j’annonce que je ne vais pas plus loin parce que c’est là que je travaille. Tout le monde s’extrait de la voiture, me remercie et me promet de venir me dire bonjour un de ces quatre…
Et donc, le grand jour arrive, ils sont venus, ils sont TOUS là !
Alors je regarde autour de moi et, découvrant un terrain voisin parsemé d’immondices, j’improvise :
— Bon, si vous voulez toujours un ballon, il faudrait par exemple que vous ramassiez toutes les saletés qui sont sur ce terrain, et que vous triiez les déchets : vous mettrez les plastiques dans un sachet et les papiers dans un autre. Attention, il faudra qu’il ne reste plus rien que les herbes et les plantes, d’accord ? Vous êtes d’accord avec moi que ce n’est pas très beau, toutes ces immondices ?
— OK Marie, tu as raison, on viendra samedi matin tout ramasser. Allez, à samedi !
Ainsi fut fait, je trouve à mon retour quatre gros sacs plastiques bien remplis devant la porte et pars donc remplir ma partie du contrat et acheter un ballon de foot, et même un deuxième, au cas où…
Dans la rue, alors que je sors du magasin avec mes deux ballons, un des gamins me rattrape, catastrophé, en se tenant la tête à deux mains :
— Marie, c’est là que tu as acheté les ballons ? Combien as-tu payé ? Ces ballons-là, y sont en plastique, y sont pas bons du tout ! Y vont être gâtés tout de suite, on va shooter deux fois dedans et y seront foutus…! Viens, on va les rapporter et le gars, y va te rembourser !
— T’es sûr ? Bon, je te laisse parlementer avec le marchand, mais à mon avis, il ne voudra jamais…
Mon vieux…! Le gars du magasin… Y s’est fait remonter les bretelles par mon lycéen ! Je ne sais pas ce qu’il lui a raconté, mais il a rendu les billets au gamin sans broncher, et je n’ai plus eu qu’à le suivre, éberluée dans la BONNE quincaillerie, où nous avons acheté, pour le même prix, deux ballons à gonfler, en cuir, avec en prime deux pipettes spéciales !
Après avoir décidé que je garderais le deuxième ballon pour une autre fois, le gosse est allé faire gonfler la balle chez le marchand de pneus, puis on est repartis à la boutique où notre « sauveur » s’est fait… attaquer sur le champs et insulter par le reste de la troupe…
Comme je cherchais à savoir ce qui se passait et pourquoi mon gars se faisait lyncher de la sorte, j’ai réussi, après une bataille non-rangée, à les calmer quelque peu et ils m’ont expliqué qu’ils suspectaient le gamin d’avoir « mangé » l’argent que je lui aurais donné pour les ballons. Il a fallut que je leur prouve que c’était moi qui avais payé en personne, non sans ajouter que si c’était pour créer la bagarre, je ne les aiderais plus… Ça les a calmé tout de suite et ils ont promis, en lui distribuant encore quelques dernières claques pour la forme, que ça n’arriverait plus.
Depuis, à chaque fois qu’ils passent devant la boutique, il viennent faire gentiment une petite salutation…

Une après-midi, Jean-Paul et Alassan débarquent au bureau de Tropic-cap et m’annoncent timidement « qu’ils ont un problème »…
Comme Babacar n’est pas là, je les fais asseoir sur les chaises « clients » et je m’installe dans le fauteuil de direction, derrière le bureau. Après plusieurs minutes d’un silence gêné pendant lesquelles ils se tortillent sur leur siège, cherchant leurs mots et n’arrivant apparemment pas à « cracher le morceau », je leur signale doucement que s’ils ne me disent rien, je ne vais pas arriver à leur venir en aide… Alassan se lance courageusement :
— Voilà. On s’est fait renvoyer de l’école parce qu’on n’avait plus de cahier pour les mathématiques et la géométrie…!
— Comment cela est-il possible ?
— A début de l’année, on n’avait pas assez d’argent pour acheter des cahiers de 200 pages, alors on n’a acheté que des cahiers de 36 pages… Maintenant nos cahiers sont remplis, et du coup, on est renvoyés…
Comme Émilie est à côté de nous, je l’interroge du regard pour savoir si c’est comme ça que ça se passe… Elle me fait signe que oui, si les élèves n’ont pas de cahier, ils ne peuvent plus suivre les cours !
Je décide donc de les accompagner à la boutique, c’est quand même un peu fort comme situation : peu de parents ont un travail et donc un peu d’argent, ils ont plein d’enfants mais n’ont pas de quoi leur acheter de quoi aller à l’école et y rester, surtout.
Bref, chemin faisant, mes deux gaillards me préviennent que chaque cahier coûte 500 francs, il nous en faudra donc quatre en tout.
Première boutique : il n’y a plus de cahiers de 200 pages… Deuxième boutique, même réponse… Troisième boutique, c’est fini… Arrivant dans la quatrième, Alléluia, il en reste ! Mais ils me coûteront 100 francs de plus que prévu… 600 francs pièce !
Allez, ce n’est pas le Pérou !… Seulement le Sénégal !
Là-dessus, les gars, travaillez bien maintenant, hein !

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Posté par admin on mars 8, 2011

Ça monte… (par M)

Voici un petit récapitulatif des dernières semaines pendant lesquelles nous fûmes moins prolixes sur ce blog…
Pendant que nous nous dispersions dans diverses activités et démarches fastidieuses, notre équipe de maçons sénégalais se dépensait sans compter, sous un soleil de plomb, qu’ils jugeaient pourtant « un peu frisquet » ! C’est donc en pantalon, camisole et survêt’ qu’ils ont fait avancer notre chantier, qui continue à prendre de l’allure !

Situation au 18 février…


Les murs de la future cuisine sont montés, une ceinture « armée » est en préparation afin de pouvoir fermer les plafonds.

Les gaines plastiques qui abritent les fils électriques ressemblent à des serpents jaillissant des briques…


Jolie vue de sous l’arc d’une fenêtre sur les palmiers ensoleillés…

A l’arrière, vue sur Ibrahim… et la brousse…

A l’intérieur, ça s’active aussi…

Quant à nos « buRRiques » d’argile, elles continuent à se multiplier gaiement, à la sueur du front de nos amis William, Demba, Francis, Robert et autres Diatta…

Quelques jours plus tard, la situation au 1er mars :


Ça continue à avancer, les piliers qui soutiendront la charpente s’érigent l’un après l’autre tout autour de la terrasse.


Pendant ce temps, les pièces intérieures ont une « drôle de tête »…

Et sont « peuplées » d’une foule de soutiens, ni de gorge, ni de famille, mais plutôt de coffrage. Les ourdis ont été disposés horizontalement par dessus et après finalisation complète du plancher, il ne restera plus qu’à couler le (vilain) béton pour que le plafond de la cuisine soit fermé…

— Héééé, MarrRRie, n’oublie pas de m’imprimer ma photo, hein?
La vue supérieure… Et Moussa, fier comme un paon… A très bientôt, pour la suite !

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