Le toit et le mois (Pat Rond)
Allo, Houston ? Je crois qu’on a un léger problème…
Sept mois déjà que tout a commencé (comme le temps passe)…
On était parti à la conquête d’un espace-loisirs en avançant à grands coups de belles théories éthiques et solidaires. On clame haut et fort que nos constructions sont écologiques et voilà que, bardaff, pour recouvrir le restaurant, on y pose un toit en alu, imitation tuile.
Qu’est-ce à dire ? De qui se moque-t-on ? Houuuu ! Remboursez, sales menteurs !
Et oui, honte sur nous, c’est VRAI !
Le résultat est bien là ! Ce toit-là n’a rien d’écologique à part le fait qu’il est durable si on définit ce mot comme inaltérable.

Pourtant, après avoir tiré dessus dans tous les sens, force est de constater que nous n’avons pas pu trouver autre chose comme couverture.
Et c’est bien là que le bât blesse ou que le bas plisse…
La plupart des toits de la région sont construits en paille. C’est très joli (tRRRès zouli) mais peu pratique car il faut remplacer la paille tous les six ou sept ans (tRRRès cheRRR).
Puisque les murs sont en argile, notre choix de toiture s’était donc naturellement porté sur des tuiles en terre cuite.
On pouvait même définir sa couleur : naturelle ou verte. Okkkay… Va pour le vert, j’espère !… Je veux, mon neveu !… En avant, les enfants !
Mais on est au Sénégal et, par conséquent, il y a un os, nous rapporte Babacar ! En effet, les tuiles sont rares dans le coin ou, si par chance on en trouve, elles sont mal fichues ! On ne les fabrique pas par ici. Paparazzi non plus !
Elles proviennent carrément de Côte d’Ivoire. On peut les commander mais le délai de livraison entre deux révolutions est de minimum 3 mois. Or, nous sommes au mois de mai et l’hivernage avec ses premières grosses averses de pluie débute en juin.
Katastrophescheisseundmiserikördtt !
Allo, Houston ? Je crois qu’on a un léger problème…
Devrons-nous baptiser notre restaurant « Le Titanic » ? Est-ce que toutes les oeuvres murales réalisées par nos artistes préférés ne seraient en fin de compte que des expressions d’art éphémère condamné à disparaître ? Du « Land Art » cher à Julie ?
Heureusement non, car dans un délai très court, tout ce que Babacar nous a trouvé pour remplacer nos tuiles en terre cuite sont donc ces plaques vertes en alu.
Alu, Acétone ?…
Soit ! Contre mauvaise fortune, faisons bon coeur et tirons les leçons de ce genre de… tuile (oui, c’est lourd mais c’est fait pour) !
Manu nous en avait parlé le premier. Madeleine y réfléchissait aussi. Nous avions déjà discuté avec Appro-Techno de l’utilité d’un équipement de base, permettant l’exploitation d’une briqueterie artisanale qui produirait des briques en argile pour les murs de nos chantiers. Pour rester très terre-à-terre, des tuiles en terre cuite pour les couvertures de toits et des tomettes en terre cuite pour les revêtements de sols pourraient compléter l’offre d’une telle fabRRRique de bRRRiques en AfRRRique. Acheter une carrière d’argile ne semble pas une difficulté insurmontable non plus avec Babacar sur la piste.
En fait, la principale difficulté, c’est l’investissement de départ puisque tout notre argent part dans notre projet « Cap-Sénégal » (au moins, il ne partira pas dans la future faillite de Dexia).
< -- Appel à levée de fonds -->
Si, cher ami lecteur (Hannibal Lecter ?), toi aussi, tu as un petit pécule à investir et que l’aventure de cette briqueterie au Sénégal te tente (plus il y a des sous et plus il y aura du riz), voici mon e-mail : pc@magixl.com, écris-moi !
< -- Fin de l'appel (début du rateau) -->
Bon… un toit ça se remplace. Rien n’est figé et ce compromis (chose due) n’est que temporaire.
Au moins, vos murs ne vont pas se tôler (comme disent les djeuns!) et cette tuile ne sera pas forcément mise sur votre ardoise écologique (ben quoi… moi aussi je peux faire de l’humour lourd)!
Pour l’investissement, il faudrait combien? La levée de fonds pourrait être sous forme de sponsoring de projet écosolidaire si les objectifs sont clairs et les intérêts pour la population réels.