Et pendant ce temps-là… (par Marjulpat)
Pendant ce temps-là, les travailleurs et… la travailleuse… travaillent !
Bien que Julie ait pu profiter d’une semaine sénégalaise de plus que nous, la date de son retour arrive néanmoins à son terme (toujours trop vite évidemment). Pendant ce temps là, nos amis continuent à suer pour nous sous le soleil… Grâce leur en soit rendue !
Après avoir terminé les deux premières façades, et avoir tiré les leçons des erreurs passées, les dégâts ont été réparés avec succès et les deux dernières faces côté sud-ouest ont été enduites (de finition).

Le bas-relief dont le ciel s’était effondré sur nos têtes a été réparé et celui de la girafe affiche maintenant fièrement la signature de l’artiste !
… TRRRès jouliiiii !
Les experts en maçonnerie – avec une cédille – dont la technique s’est perfectionnée grâce aux conseils – avec un seil – de Juju et aux retours d’expérience sur la théorie de l’attraction terrestre relatés dans un précédent article, ont réalisé un travail aussi performant que celui des experts Miami (avec tout le côté high-tech bling-bling cash-flow… en moins). Le savant mélange d’argile, de sable et de la fameuse colle à farine a été appliqué directement sur les briques de la longue façade, visible de la route.
Après nos experts en maçonnerie et nos amis à Miami, place à l’expert Mamady dit « ze boss » ! Suite à une séance de « brainstorming » pimentée autour d’un délicieux jus de « gem-gem » glacé (boisson au gingembre), nous lui avions demandé de réaliser une longue frise qui s’étendrait d’une extrémité du mur à l’autre, à hauteur des fenêtres. Mamady avait reçu carte blanche pour laisser exprimer sa créativité. Ne se sentant plus de joie, il a ainsi mis en relief différentes scènes de la vie africaine… Ce pur chef-d’oeuvre attire déjà le regard des badauds qui n’hésitent pas à s’arrêter pour venir admirer son travail. Quelques-uns se sont même retenus d’applaudir et de lui jeter des roses !
En quelques images successives, admirez la dextérité de l’expérimenté expert !



Et voilà le travail ! Restent les dernières retouches de lissage pour que ce soit « nickel-chrome » !

Et ça continue !…

A deux, c’est encore mieux ! On se partage les tâches, entre le gros-oeuvre et les finitions !
Toujours à la recherche d’informations et de nouvelles idées à appliquer sur le chantier, Julie a potassé sans relâche la pile de livres sur la construction en terre qu’elle a rapportés de Belgique en quête de réponses à ses questions : comment réaliser un enduit en argile résistant quelque peu à l’eau, et quelle pourrait être une alternative locale à l’huile de lin utilisée chez nous (et qui est trop chère ici, car importée)…? Alors hein ? Je vous le demande ?… Quelqu’un à la réponse ?… Vous, là-bas dans le fond près du radiateur ?… Oui, vous !!! Mais vous dormez, ma parole ! Allez hop, au piquet ! Et sans écrire de commentaires malveillants sur ce blog svp !…
Vas-y Julie, toi qui as étudié… Le beurre de karité. Mais oui : voiiiilàààà ! Le beurre de karité a démontré son efficacité au Mali et au Burkina car il est utilisé de plusieurs façons dans la construction en terre. L’étanchéité à l’eau serait même miraculeuse !
Cela dit, on pourrait peut-être aussi utiliser un autre ingrédient : le jus de néré (ou « Parkia biglobosa » de son nom savant que personne ne retient) qu’on obtient par la décoction des gousses (à ne pas confondre avec la décoration du boss) pourra être appliqué directement sur la décoration du boss (à ne pas confondre avec la décoction des gousses), afin de leur donner un aspect brillant et… protégé de l’humidité… A tester donc, mais il faudra patienter pour voir les gousses de la brousse à la rescousse car les arbres sont pour le moment en frouss… en fleur.
Revenons aux vertus bienveillantes de la charité… Heu, du KARITÉ, je veux dire !
Aussitôt trouvé, aussitôt testé : Moussa chauffe le beurre de karité pour l’étendre ensuite au pinceau sur la surface en trois couches. On verra bien si la loi de Murphy s’applique dans ces conditions, auquel cas le mur tombera du côté où Moussa a étalé le beurre (sinon, c’est que le beurre a été mis du mauvais côté).

Moussa fait sa popote !
Le baume est donc appliqué sur une des décorations, en trois couches, afin de tester la technique. Le résultat est concluant et de plus, le lissage après la couche de karité donne un résultat encore plus doux, encore plus satiné ! Waouw, on dirait une pub !

Comme quoi, l’Afrique possède bien tous les éléments qu’il faut pour construire durablement et avec professionnalisme. Le tout, c’est de disposer de bonnes informations, de bonnes résolutions et de l’énergie nécessaire pour les appliquer !
Reste enfin la dernière façade, celle du futur bar, qui a été couverte d’un enduit rouge dans lequel le beurre de karité a été ajouté directement dans la masse. La joie des maçons s’est dessinée sur leur visage tant l’enduit glissait aisément et se lissait avec finesse. Une fois l’enduit sec, Mamady et Julie ont sortis leurs scalpels pour réaliser un patchwork en « sgraffito » (technique marocaine de grattage en surface dans un enduit sec). Le résultat est superbe !

Sgraffito’s en couple et à l’ombre de la bâche


Quelle classe !
Tout le staff technique ainsi que de nombreux passants sont fascinés par le résultat final : du jamais vu au Sénégal !
C’est ainsi que depuis quelques semaines, le chantier fait parler de lui dans la région et déjà des demandes pour d’autres projets arrivent… C’est fou ! C’est génial… Il paraît d’ailleurs qu’entre folie et génie, il n’y aurait qu’un pas (ou une oreille selon Van Gogh) !
Il faut savoir que dans les petites localités rurales, on continue à construire en terre mais l’aspect « finitions » n’est pas mis en valeur. Les villageois se contentent bien souvent de laisser les briques apparentes ou même parfois, selon leurs moyens, appliquent une fine couche de ciment pour protéger les murs. Le savoir ancestral a été ignoré puis jeté aux oubliettes par le pouvoir colonial ! Quelle tristesse !
Après notre départ, les travaux continuent et nos amis restés sur place nous envoient de temps en temps des photos. Jugez plutôt…

L’ébauche des premières chambres !


Les modules de quatre chambres sont construits en briques d’argile, tout comme le restaurant, mais les murs seront plus épais pour se préserver de la chaleur extérieure. Nous espérons ainsi éviter les climatiseurs, si gourmands en électricité, et les remplacer, si besoin en est, par de simples ventilateurs.
Mais pour se rafraîchir, plongeons-nous dans les premières images de notre future piscine…


Et plouf !…
c’est très beau !
Je suis impatiente de venir voir ça en juin , espérons que ce beau et motivant projet viens a terme de sa construction
vivement que la beauté des bâtiments soit reconnue par les gens
Mamady a un talent exceptionnel !
espérons que la technique de ma maman inspire les gens pour en faire aussi leurs propre maison en terre
xénia
OUahhhh
Ça donne terrible, surtout la version lissée et « graissée »
Elle sera grande comment votre piscine? Par rapport à celle d’immocap?
Quel moment apaisant de venir suivre, presqu’en direct l’avancement des travaux !
Les textes sont excellemment écrits : de l’humour, pas de vanité ni de prétention… et surtout une abondance de savoir et de culture que nous fait partager l’écrivain… ce qui a l’art de nous captiver… Ce ne sont pas des « écrits vains »…
Au delà du talent du Boss, félicitations aussi à toute cette équipe qui, dans l’ombre (… le terme serait-il mal choisi ?…), participe aux travaux de gros-oeuvre , ce qui prouve bien que tout le monde a sa place et apporte sa sagesse et sa compétence.
Petit bémol : Julie semble aussi rouge que la terre d’argile !!! Mais, bon! circonstance atténuante, elle est belge !!! C’est pas de sa faute! mais c’est pas grave
Mamadi semble s’être fait une fan de plus en la personne de Xénia !!! Ne serait-ce pas un complot entre la mère et la fille ???!!!
Merci encore pour ces rayons de soleil et de bonne humeur : ça fait tant de bien…