Faire bouger le monde ?

On va d'abord commencer par ici...

Posté par admin on avril 7, 2012

Etat des lieux (Marchitekt)

Depuis ma dernière histoire, bien du temps a passé !
Un GRAND état des lieux s’impose donc…

Vous souvenez-vous du fameux Gérald que nous avions trouvé au fin fond de la brousse ?
Voici donc le funambule à l’oeuvre fin janvier, avec son kandab et sans trucage !


Gérald en pleine action, à 10 mètres du sol ! Oufti !

Sa mission consiste à faire le nettoyage de la vingtaine de palmiers qui se dressent sur notre terrain. D’une part, pour ôter les feuilles séchées peu esthétiques, mais aussi pour fabriquer une clôture de fortune, protection indispensable contre les différents maraudeurs bovins, amateurs de jeunes pousses.
Après ce dur labeur vient le moment, pour ceux qui sont restés au sol, du ramassage des feuilles,…


Et Julie, qui n’a jamais peur de retrousser ses manches et de faire un peu de tai chi, ramasse les plus gros morceaux, qui seront recyclés en bois de chauffe pour la cuisine !

Le reste servira à confectionner la clôture provisoire qui protégera des vaches les plus fragiles éléments de notre verger, à savoir les citronniers et les bananiers…


Wâââouw ! Mais quel beau bricolâââche, vous ne trouvez pas ? Attention, ça pique !
Ne reste plus qu’à trouver un morceau de tôle pour clôturer le travail de clôture et nous aurons joué un beau tour de cochon aux vaches !


On ferme l’enclos et on laisse pousser les plantations… Allez hop, les vaches… on dégage… Yêp yêp yêp !
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En ce qui concerne les constructions, nous avons fait monter des plans de travail dans la cuisine du restaurant. Ce sera toujours déjà ça de fait ! Après il ne restera plus qu’à poser le carrelage…


Ces plans de travail dans la cuisine ne sont pas vraiment d’équerre et le chantier pas souvent nettoyé… Mais bon, on va pas faire les difficiles, c’est pas notre genre !

… Un bar (pour boire et recevoir les pourboires) a aussi été maçonné sur la grande terrasse…


Notre futur bar… Petites personnes s’abstenir, ou alors, se munir d’un escabeau !
Moussa, tu nous feras des HAUTS tabourets, s’il te plait ?
Garçon, deux mojitos, un ti-punch et un rhum-gingembre ! Mmmmm ! On s’y voit déjà !
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Côté logements, on s’arrête pour l’instant à un seul bâtiment de quatre chambres.
On va déjà essayer de les terminer, car « amoul xaliss ! » (Y a plus d’argent !)


Et voici le premier bloc de quatre chambres, encore à l’état brut, en ce début février… Patience !
Et en haut de l’escalier, qu’est-ce qu’il y a ? On y va ? (Attention de ne pas confondre avec « tu montes, chéri ? »)


Sur le toit plat, une grande terrasse panoramique offrira un espace idyllique destiné à toute activité festive diurne ou nocturne… A votre meilleure convenance…

Depuis le mois de février, avec Julie, c’est aussi la fête des enduits… en musique avec Francis et Abdoulaye, ainsi qu’une amie hollandaise, la spitante Manon, qui vient de temps en temps sur le chantier se faire la main sur les enduits et c’est la fête car elle rapporte son petit poste radio qui, tout de suite, décuple la motivation de notre fine équipe… Du coup, le travail redevient plaisir…


Musique, maestro ! Que la fête commence !

D’abord, il leur faut refaire des tests afin de doser l’argile et le sable ! On y ajoute même du coquillé, petits morceaux de coquillages, afin de créer une texture originale du plus bel effet…


Les nouveaux tests, et le petit effet « coquillé »… pourquoi pas en couvrir l’un des murs ?


Attention, concentration maximale ! La recette ayant été minutieusement établie, Manon et Francis, sérieux comme des évêques en concile, mélangent scrupuleusement les ingrédients… Argile, sable et colle à farine…


Ensuite, après cet intense exercice de concentration, ils lancent les mottes d’enduit sur le mur avant de les étaler… tout ça dans la joie et la bonne humeur !


Twist, à Cap-Skirring ! Non, pas sur la tête d’Aliou, Manon, enfin !

Nous avons décidé de faire réaliser ces enduits intérieurs et extérieurs dans tout le bâtiment et d’essayer de terminer la première des quatre afin d’avoir une chambre à nous lors de notre retour, en octobre.


On a fait fabriquer par l’autre Aliou, le menuisier, les portes et volets extérieurs pour la chambre et la salle de bain. Ça commence à ressembler à quelque chose, vous ne trouvez pas ?


Les enduits intérieurs terminés, en cette fin mars, on passe aux murs extérieurs, abrités par la terrasse panoramique. Les plafonds avaient d’ailleurs déjà été enduits par Julie, pendant son séjour en été.

Pour protéger les murs de l’humidité pendant l’hivernage, on ajoute au mélange « argile-sable-colle à farine » du beurre de karité fondu au soleil, ce qui rend le mélange imperméable… Il fallait y penser !
Quand, arrivés à la porte, nous constatons la présence de quelques clous « zintempestifs » auxquels nous réglons le compte aussi sec, en rajoutant un peu de toile de jute afin que le raccord soit « nickel-kRRRôm » !


Ça avance en gaieté ! Jonas, toujours en forme pour faire le pitre et jouer à l’inspecteur des travaux finis, ne manque pas une occasion de venir encourager la petite troupe.


Voici différents regards en tous genres, pour amuser la galerie !

Bon, soyons sérieux ! On n’a pas pas que ça à faire ici… Vous ne pensez donc qu’à rigoler, vous ?
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Ce mois de mars voit aussi la terrasse du restaurant s’embellir d’un revêtement en coquillé. Après une égalisation de la surface au ciment et la création d’une légère pente vers les jardins, des réglettes en bois sont placées qui délimiteront les zones claires et foncées, celles-ci déterminées par l’ajout de ciment blanc ou de ciment noir, c’est selon…


Egalisation et préparation des zones…


Et si on faisait une simple étoile au milieu du restaurant, et des losanges répartis sur l’ensemble de la surface…?


Les plus larges zones seront en gris, le ciment noir étant le moins cher des deux, les losanges et l’étoile seront en blanc…


Toute l’équipe est à l’ouvrage…

Le beau « pentacle » juste au milieu de la terrasse, devant l’entrée de la cuisine fait son petit effet… D’abord mettre le coquillé gris tout autour…


Ensuite, on y coule la préparation blanche…


Et on lisse le tout… C’est-y pas zouli tout ça ?


Ensuite, y a plus qu’à faire place nette tout autour…
Apparemment, là-bas dans le fond, certains sont fatigués en fin de parcours !


Ladies & Gentlemen, nos guest-stars de service Jonas et Francis, ont l’honneur de vous présenter en avant-première : « Cap Boulevard » !
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La piscine, quant à elle a été réparée et doit être, non pas « terminée » car nous manquons de fonds, mais sécurisée avant l’hivernage. Il faut terminer les cloisons, y couler le béton et remblayer les contours afin que les prochaines pluies ne provoquent plus l’effondrement que nous avons connu l’été passé ! Une fois nous a suffit !


La piscine progresse doucement…


Les murs sont à présent terminés, y a plus qu’à… comme dirait l’autre…


Donc… Il faut encore prévoir les alimentations lumineuses et de filtrage pour ensuite pouvoir couler le béton dans les briques creuses qui constituent les murs. Viendra ensuite le travail de remblaiement des talus avant les premières pluies ! Of course !
Bon, bin voilà…
Suite au prochain numéro…
Tshuss !

P.S.: Entre le début de la rédaction de cet article et sa parution, nous avons du rentrer dare-dare en Belgique le 9 avril, car Grany, ma petite maman chérie, était souffrante. Le reste des travaux va donc se poursuivre sans nous, mais nous comptons sur nos chers amis et sur Julie pour continuer à nous envoyer les photos, témoignage de leur travail acharné…
Grany va beaucoup mieux, merci pour elle !

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Posté par admin on avril 6, 2012

360° le matin (Pat Noramick)

La température monte… C’est jour de congé aujourd’hui !
Le 4 avril, les Sénégalais célèbrent leur Fête Nationale.
En réalité, cela ne veut pas dire grand chose car ici, c’est tous les jours la fête. C’est curieux de se dire cela quand on sait que dans la vie quotidienne des Sénégalais, ce n’est pas du tout le cas.
L’Afrique est bien une terre de contrastes. Le plus riche y cotoie le pauvre. Le plus beau, le laid. Je, tu.
Comme cela fait quelques articles qu’on vous montre des photos d’enseignes vétustes, de bagnoles pourries, de terrains en chantier et autres dégâts des eaux, d’aucuns pourraient se demander ce que nous sommes venus faire dans cette galère.
« Ah oui mais attention » vous pré-dirons-nous, il y a aussi de splendides choses à découvrir par ici ! C’est bien là tout le paradoxe de la contradiction. Le singulier des contraires (qui est effectivement le contraire).
Je profite donc de ce jour de congé national pour vous emmener faire une petite promenade matinale et panoramique autour de notre petit bijou de maison sertie dans son écrin de nature.

Suivez-moi en débloquant l’ouverture des fenêtres pop-up sur votre ordinateur pendant que, de mon côté, j’ouvre la porte de la « Casamamita »… Tadâââ… Mesdames et mesdames, voici notre jardin
Utilisez la barre de défilement horizontale pour visualiser le panorama à 360°.
Si vous prêtez une oreille attentive, vous constatez comme moi qu’on n’entend que le gazouillis des petits oiseaux aux mille couleurs et le gargouillis de l’eau qui s’écoule au loin.
Comment ? Ah oui, c’est juste, Je n’ai pas branché le son.
Sorry… Voici !

En sortant, allons-nous tourner à gauche et suivre le chemin qui mène à la plage ou à droite pour nous rendre du côté de la piscine ?

Bon, je décide pour vous (puisque c’est moi le guide après tout) : on prend à gauche au milieu des plantations et des zoulies fleurs.
Si vous prêtez une narine attentive, sentez-vous le doux parfum qui se dégage des bougainvilliers ?
Pardon ? Ah oui, c’est vrai ! Ce n’est pas possible par internet. Dommage !

Tant pis, voici la mer. Longeons, l’océan en empruntant les allées de l’hôtel Hibiscus. Palmiers et cocotiers nous entourent. Tout respire le calme et la plénitude. La nature est magnifique. L’endroit paradisiaque.

Remontons par le restaurant et la piscine de l’hôtel. Au loin, on aperçoit la rotonde du resto et sa terrasse panoramique où l’on peut philosopher à profusion sur la métaphysique de l’existence humaine, face à la mer et à son assiette de crudités.

Petit tour sur la plage où il n’y a pas une vache à l’horizon (pas question de chats en bords de mer, même quand il n’y a personne… par contre, on y croise fréquemment des vaches… mais si, mais si). C’est quand même agréable de se reposer sur le sable, à l’ombre des établ… des cocotiers.

Retournons à travers les jardins de l’hôtel. Bon là, désolé mais je me suis trompé d’allée. On se retrouve en plein milieu d’une végétation tropicale luxuriante. L’enfer vert, comme disent les brésiliens en parlant de l’Amazonie ou les pétrochimistes en parlant de l’écologie.

On entre à nouveau dans le domaine La Palmeraie en passant par la grande piscine où nous nous reposons le dimanche après-midi, doigts de pieds en éventail et crème solaire sur le nez, tels de parfaits touristes en quête d’un bon plan détente et soin du corps dans un palace 5 étoiles.

La ballade virtuelle de 360° à l’ombre est terminée et nous voilà de retour dans le jardin de la Casamamita. C’est sur cette terrasse que nous prenons nos repas et profitons du magnifique panorama.

Bon, sur ce, je vous laisse…
« Sama diabar, looy togg tey pour sa dieukeur ? » (en wolof : ma femme, qu’as-tu préparé à manger pour ton mari ?)
Hein ? Comment ?… Les casseroles sont dans le placard ?… Que je me débrouille tout seul ?… M’enfin Pupuce, je plaisantais, voyons !…

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Posté par admin on mars 29, 2012

Le qui, c’est Macky ! (Pat Atechaude – Phil Laozotre)

Si vous nous connaissez bien ou si vous avez suivi ce blog depuis le début, vous avez certainement vu, lu ou entendu (comme disent les marketing managers qui analysent la pénétration… si, si… ils analysent bien cela et ce n’est ni drôle, ni salace) parler de Babacar, mari de notre défunte amie Viviane.
LE Babacar avec qui nous avions créé « Tropic-Cap » l’an dernier afin de lui permettre de retomber sur ses pieds après avoir tout perdu du jour au lendemain (femme, maison, emploi. argent… la totale !).
Parce que la vie est une dûrlutt et le monde est crûwell !

Malheureusement depuis plus d’un an, « Tropic-Cap » ne décolle pas. Les rares touristes de Cap Skirring n’ont pas (ou plus) d’argent pour investir ou bien ils en ont tellement qu’ils préfèrent s’amuser à le dépenser au Club Med.

Bref… Pour que les choses bougent un peu, Babacar s’est lancé dans la politique.
Il a créé le mouvement citoyen SMS Casamance (Soutien à Macky Sall) et a battu campagne en faveur de Macky qui, au départ, était loin d’être le candidat favori lors des élections présidentielles au Sénégal.
Le bureau de vente de terrains et de maisons s’est dès lors mué en salle de réunions afin de préparer les stratégies de campagne (comme disent les marketing managers qui mesurent l’impact sur les segments ciblés… si, si… ça existe et en plus, ils sont payés pour ça).
Babacar a rencontré plusieurs fois Macky à Dakar et a même organisé sa venue à Cap Skirring.

Pour ceux et celles que cela intéresse, voici en résumé l’analyse sur le tourisme en Casamance que Babacar lui a présenté…

A. Avantages de la région (les « plus »)…
- Climat et ensoleillement exceptionnel tout au long de l’année.
- Tourisme de proximité (à seulement 6 heures de vol de Paris).
- Potentiel touristique énorme encore inexploité et méconnu.
- Gentillesse et disponibilité de la population.
- Aéroport et Infrastructures hôtelières de bon niveau.
- Cadre naturel de premier choix (plages, bolongs, forêts).

B. Contraintes (les « moins »)…
1. Accès :
- Prix des vols trop élevés par rapport aux autres pays.
- Pas de vols « low-cost » comme en Europe, aux USA ou au Maroc.
- Villes européennes de départ des avions sous-représentées. Cela oblige les navetteurs à payer des suppléments de prix importants pour voyager jusqu’à Paris et y loger à l’hôtel.
- Accès routiers fastidieux et parfois dangereux.
2. Fiabilité des services :
- Coupures électriques fréquentes.
- Routes en mauvais état dans certaines régions.
- Vétusté des systèmes de transports.
- Corruption flagrante chez certains fonctionnaires.
3. Propreté :
- Absence de poubelles publiques.
- Manque de sensibilisation locale au maintien de la propreté dans les rues par l’utilisation de poubelles dans les lieux publics.
4. Harcèlement :
Comme les prix ne sont pas toujours très clairs et sont sujets au marchandage, un petit nombre de personnes en profitent pour tenter de gagner de l’argent sur le dos des touristes. Pour arriver à leurs fins, ils repèrent, suivent, discutent, insistent et parfois insultent les touristes qui ne cherchent qu’à se promener en paix.
5. Sécurité :
- Braquages et mines. Menace du fantôme de la rébellion toujours d’actualité.
- Désinformation sur internet. Quelques sites web mis en avant sur Google font reculer bien des touristes qui recherchent des infos sur la région.

C. Enjeux (ce qu’il faudrait)…
- Améliorer le bien-être et le confort de la population.
- Améliorer les échanges commerciaux et culturels.
- Attirer les investisseurs étrangers.
- Développer la région.

D. Perspectives (ce qu’il faut)…
- Développement des transports aériens. Il faudrait négocier avec les compagnies aériennes pour proposer des accès plus fréquents (éventuellement low-cost comme Ryan Air) au départ de plusieurs villes européennes différentes. Il faudrait aussi diminuer certaines taxes pour booster l’intérêt des touristes.
- Développement des transports routiers.
Il faudrait aménager certaines routes, en sécuriser d’autres, éradiquer le «racket» organisé lors de quelques opérations de contrôle de la gendarmerie, mais améliorer le contrôle technique des véhicules.
- Renforcement du réseau électrique et primes à l’installation d’énergies alternatives. Douze heures d’ensoleillement continu par jour sont un atout pour renforcer l’utilisation d’énergie solaire.
- Interdiction de harceler les «toubab». Il est nécessaire de prendre des mesures plus radicales afin que certaines personnes pourtant bien connues des autorités arrêtent de prendre ouvertement les touristes pour des «portefeuilles» ambulants.
- Nettoyage des voiries et campagne de sensibilisation à la propreté. Il faudrait du personnel pour nettoyer les lieux publics, installer des poubelles publiques et faire en sorte que les gens ne jettent plus leurs ordures par terre.
- Campagne de valorisation de la région. Les autorités devraient réunir les acteurs du tourisme en Casamance et à l’étranger avec comme objectif de dégager un plan d’actions en commun qui mettrait en avant tous les atouts de la région (salons, mailings,sites internet,…).

Voilà en gros tout ce que Macky Sall a entendu. A lui de mener sa politique…
Ce n’est évidemment pas comme ça que Babacar va faire entrer de l’argent dans sa société. M’enfin soit ! Il est tout aussi important de tenter d’agir enfin quand un gouvernement ne fait rien depuis si longtemps pour aider une province à s’en sortir.
Il est a noter que maintenant, tout le monde par ici connait le fameux Babacar Mbaye Diouf, l’ami de Macky !
Il devient d’ailleurs assez difficile de discuter avec lui, tellement il est demandé.
Aussi, quand je suis assis devant lui pour parler de l’avancement de notre chantier, son portable sonne toutes les deux minutes (Tinlinlinlin Tin Tinlinlin Tin Tinlinlin Tin Tiiiiiiiin… volume à fond)
Des militants entrent dans le bureau en criant « HO, BABACARRR, NAKA SUBA SI ? NgMagNgNtouDouNg (en wolof que je ne maîtrise pas très bien)… »
Puis vient un autre « WO, BABACARRR, NAKA NBIRI YI ? MgNyoungifiDjiédefffWouaïNgMongiNgTdud… »
Puis un autre…
Alors moi, je m’en vais !

Pour la petite anecdote, au détour de quelques bribes d’entrevues avec Babacar, j’ai remarqué certains termes qui revenaient fréquemment dans ses phrases…

Par exemple, « Quel que soit alpha… » qui fait sans doute référence à ses anciennes fonctions d’officier instructeur.

A l’origine, j’imagine d’ici la scène…
- « Alpha 1 à Delta 8. Il est 11 heuRRRes zéRRRo zéRRRo. Est-ce que vous me RRRecevez ? OveRRR ! »
- « RRRoger, ici Delta 8. Vous RRReçois 5 sur 5. Depuis 5 heuRRRes zéRRRo zéRRRo, constatons mouvements de tRRRoupes à 11 heuRRRes. Attendons oRRRdRRRe pouRRR ouvRRRiRRR le feu… »
- « Alpha 3 à Delta 8. Ici RRRoger, c’est toi qui m’appelles IsidoRRRe ? »
- « Alpha 2 à Delta 8. Minute les gars, c’est nous qui manoeuvRRRons veRRRs vous à 5 heuRRRes. Il est maintenant 11 heuRRRes zéRRRo zéRRRo. »
- « RRRoger Alpha 2. »
- « Alpha 3 à Alpha 2. Ici RRRoger, je cause avec Delta 8, là. Pouvez pas choisiRRR une autre fRRRéquence ? »
- « Delta 8 à Commandant Diouf. C’est le boRRRdel avec tous les Alpha ! Qu’est-ce qu’on fait, chef ?  »
- « Commandant Diouf à Delta 8. Ne tiRRRez pas, QUEL QUE SOIT ALPHA ! »

Autre phrase récurrente : « La construction, c’est séRRRieux ! » probablement acquise au cours de ses diverses expériences sur le terrain de l’immobilier. C’est ce qui sort souvent lorsqu’on lui expose d’autres idées que celles qu’il connaît !

Parfois, lorsqu’il ne se rappelle plus un nom, il dit : « C’est chose, là – comment il s’appelle encore – le qui làààà (voix descendant de 3 octaves) ? »

Aujourd’hui (et ainsi vous allez mieux vous en souvenir), le qui, c’est Macky !
Ce 25 mars 2012, Macky Sall a été élu nouveau Président de la république du Sénégal !
Qui a battu à plate couture son adversaire Abduleye Wade au second tour des élections.
L’ex-Président déchu était chans doute auchi très déchu par la chécherèche du chcore qui le fait rechembler à une groche chauchiche chèche en chaussettes… Chi !
Mais il faut dire qu’il avait vraiment choisi en fin de règne toutes les mauvaises options : contournement des lois, népotisme, corruption, j’en passe et des meilleures… Tout ce qu’il ne faut pas faire, et ce, dans le seul but que son fils lui succède (car c’est bien connu : les présidents se succèdent de père en fils !).
Une semaine avant les élections, Babacar avait reçu, à minuit, un appel téléphonique d’une haute figure politique de Ziguinchor, alliée à Wade, qui lui proposait 20 millions de CFA (30.000 euros) s’il changeait de camp. Et il n’était pas le seul à avoir été ainsi approché. L’ex-Président arrosait à grandes eaux.
Grand seigneur, Babacar a refusé, tel le roseau des eaux des zoo qui ni ne rompt, ni ne corrompt (et avec lequel les oiseaux font leur nid bien que les hérons le nient).
M.., arrêt…
Ons-là de couper les mo…
Ts en 4 ou alor…
S, on perd le … (< -- d'ailleurs, je l'ai perdu... mais où se cache-t'il donc ???) de la phrase !

Bref, Babacar a dit "déedéet" ("non" en wolof) à cette proposition qui avait pourtant de quoi titiller ses sens (<-- aaah, voilà le mot que je cherchais plus haut... je t'ai retrouvé, petit futé) et que pareille somme aurait fait le plus grand bien au renflouage de ses dettes et le sortir de la dèche (il y avait de quoi être très déchu auchi) !

Wade, par contre lui, a bien plié et n'a pas rempilé, finalement désavoué par son peuple.
Mon ami Bouba m'a bien résumé la morale de ces élections : "Wade aurait pu partir par la grande porte. Il s'est accroché à son siège et il s'est fait jeter par la fenêtre !"


Abduleye Wade se rend compte que bien mal acquis ne profite jamais. Paradoxe : c’est Macky qui (Makiki ?) en a bien profité !

L’intégrité, le civisme et la justice ont finalement eu gain de cause, et c’est BIEN ! C’est suffisamment rare pour ne pas s’en réjouir. Les Sénégalais peuvent être fiers de vivre au sein d’une véritable démocratie, bien loin de tout ce que les occidentaux considèrent comme la traditionnelle république bananière africaine qui n’a finalement de commun que le sobriquet (ou la panade) avec les régimes de bananes poussant par ici.

Bonne chance donc au nouvel élu Macky Sall, car ce pays, et particulièrement la Casamance, a besoin d’un souffle nouveau.
Le journal « Le Monde », ceux qui connaissent la Casamance et les bègues disent bien que l’atout (de cette région) est qu’elle a tout (pour plaire) !
Cela dit, sur le terrain, le vent de fraîcheur est une réalité concrète depuis l’annonce de la victoire de Macky, car il fait venteux, frais et couvert ces temps-ci. Il a même un peu plu ce qui est exceptionnel en cette période. Un vrai temps de Pâques ! On se croirait à la mer du Nord !
Il n’est pas encore tombé des oeufs mais bizarrement, et sans doute pour fêter le début des vacances, un comique anonyme a jeté au petit matin des dizaines de papayes, tomates et poivrons dans les jardins du domaine Immocap / La Palmeraie.
Merci les qui ? Merci les cloches !
Hein ?… Mais non, je ne disais pas ça pour vous, voyons !

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Posté par admin on mars 23, 2012

Les coquilles (Pat Demafaute)

Quoi que le titre puisse laisser à penser, je ne parlerai pas cette fois-ci de notre splendide terrasse de restaurant qui vient d’être terminée en « coquillés », c’est-à-dire en mélange de ciment noir, de ciment blanc et de coquillages écrasés, pour un résultat final du plus bel effet.
Non. Il faudra attendre un prochain article (et les photos en sus) sur le sujet.
Le thème du jour est complètement différent. Il se base sur l’observation de la signalétique et de la communication aux abords de notre chantier.
C’est un sujet qui nous tient à coeur puisque depuis plus d’un quart de siècle, Marie et moi exerçons le métier éminemment noble de graphiste.
Cette profession artistique est en relation directe avec le métier d’imprimeur.
Contrairement à l’esprit créatif (ou tordu) des artistes, tous les travaux d’imprimerie demandent :
1. rigueur,
2. minutie,
3. précision.
Trois qualités (???) qui ne font sans conteste pas partie des acquis fondamentaux et héréditaires de la famille Sterno-Meunier. Mais pour les atteindre sans attendre, il a fallu nous astreindre à tendre notre attention en ce sens tout au long de notre parcours professionnel (si vous voyez ce que je veux dire avec cette phrase alambiquée représentative de l’esprit créatif tordu des artistes).
- Rigueur, au niveau des couleurs parce qu’il arrive qu’un logo rouge se transforme en orange ou en indigo (question : quelqu’un parmi vous serait-il capable de désigner cette couleur sur l’arc-en-ciel ?) par la faute d’un mauvais calibrage offset ou bien d’un opérateur-machine dont le taux d’alcoolémie est plus élevé que la moyenne.
- Minutie, parce qu’il arrive que la photo du dernier mannequin en vogue, dont on a réussi à gommer toutes les rides et à rallonger les jambes de 15 cm grâce à Photoshop, évoque plutôt finalement une grosse araignée noire à cause d’un maculage ou bien d’un opérateur-machine dont le taux d’alcoolémie est plus élevé que la moyenne.
- Précision, parce qu’il arrive que les-es textes-tes et-t images-ges se-e dédoublent-doublent en-n raison-son d’un-n mauvais-vais repérage-rage ou bien d’un opérateur-machine dont le taux d’alcoolémie est plus élevé que la moyenne.

Si un document imprimé n’est pas parfait, le client n’est pas content et fait des histoires pour payer. Il est donc essentiel pour gagner sa vie de lui faire bonne impression. Sinon, on pourra toujours dire de ce branquignole radin qu’il a un caractère pourri.
Et justement, à propos de caractères d’imprimerie, il peut aussi lui arriver de laisser passer des fautes d’orthographe en signant le bon à tirer. Dans le métier, on appelle cela une « coquille ». C’est le cas par exemple si on écrit le mot « coquille » en oubliant le « q ». Attention à ne pas commettre ce genre d’erreur quand on travaille pour le branquignole radin décrit plus haut, sinon on est sûr de bosser pour les coquilles du Pape !
Pour rester dans le parallèle littéraire salace, la coquille est le pendant (!!!) typographique de l’histoire de l’ado qui s’était fait renvoyer par sa prof de français en essayant de réciter la fable de « La mite et les deux moules » alors qu’un balengondreux rhube lui bouchait les voies resbiradoires.

Au Sénégal, on retrouve aussi de fameuses coquilles… et en pagaille ! Il suffit de se promener dans les petits villages pour voir fleurir des enseignes à l’orthographe aussi douteuse que celle qu’on retrouve dans ces fameux e-mails qui vous promettent la lune et les millions de dollars d’un général-dictateur inconnu qui vient de passer l’arme à gauche en laissant toute sa fortune (qu’il a amassée en opprimant honteusement son peuple), planquée en Suisse et accessible au premier quidam rencontré sur internet qui se présentera au guichet pour vider le compte.
On peut bien sûr faire son scrogneugneudescrogneugneu ronchon et souligner le faible niveau d’éducation française en Casamance, mais on peut aussi trouver ces fautes tellement innocentes que le message en devient quasi poétique et émouvant.
A côté de cela, on remarque aussi de nombreux panneaux insolites qui font passer leurs concepteurs pour des surréalistes dada (à cheval sur les g’noux de bon papa). Parce qu’il est bien vrai que la signalétique du Cap vaut son pesant de (pirouettes) cacahuètes.
Jugez plutôt…


Un peu plus de retenue svp, Messieurs les touristes qui sortez du Club Med !


Mc Thiéboudienne’s©, Mafé King© ou Casamance Fried Chicken© ?


Sauver ou périr, ‘y a pas une 3e option, chef ?… Z’aviez qu’à réussir vos études et z’auriez au moins été sauvés !


Tous les copins et les copaines de mon âge se promènent dans la rue deux par deux !


Alimantaire, mon cher Watson !


Tapisser sur les murs ? Tèpa fou ou quoi ? Cé interdit (voir première photo plus haut) !… Ou alors il fô mettre une houche !

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Posté par admin on mars 14, 2012

Circulez ! (Pat Trovite)

Il y a quelques années, à la fin de l’un de nos premiers séjours à Cap Skirring, nous nous étions demandés si on ne pouvait pas donner notre ancienne Nissan blanche à un ami cabroussois qui voulait devenir taxi. En voyant les vieilles guimbardes qui circulaient par ici, elle faisait presque office de voiture neuve malgré ses dix ans d’âge.

Manque de pot (un comble pour une auto), cela n’était pas possible car le gouvernement d’Abdouleye Wade venait justement de voter une loi interdisant d’importer des véhicules d’occasion de plus de 5 ans.
La raison invoquée en était parfaitement noble : « Le Sénégal refuse d’être la poubelle des pays développés ».
Et tous les avantages tirés de cette Loi étaient bien mis en avant par le ministre des transports qui parlait de :
- souci des exigences environnementales ;
- renforcement de la sécurité routière ;
- redynamisation de l’économie nationale et création d’emplois ;
- modernisation du parc automobile sénégalais.

Au lieu de couler une retraite paisible et quasi éternelle sous le soleil africain, pour le plus grand bonheur d’un Sénégalais, notre vaillante Nissan, toujours prête à rendre de multiples et loyaux services, fut donc obligée de rester en Belgique. Elle a tristement fini son existence quelques années plus tard dans la neige et le froid, emboutie par une bête voiture plus grosse qu’elle et dont la conductrice, à tout le moins distraite, avait oublié ses yeux à la maison.

On peut maintenant se poser la question « à qui profite le crim… pardon… la Loi ? » Parce que, dans la réalité des faits, le parc automobile moderne sénégalais ressemble plutôt à l’un de ces vieux bassins houillers du Pas-de-Calais, désaffecté depuis le déclin de la révolution industrielle, au sein desquels on ne sait plus trop quoi faire de tous les déchets encombrants, à part les laisser pourrir sur place en attendant que le temps fasse son office.
Car le hic de cette loi inique, c’est que dans une région pauvre comme la Casamance, personne n’a les moyens de se payer une voiture !

Pour pouvoir rouler, les Sénégalais récupèrent donc leurs vieilles carcasses déglinguées qu’ils rafistolent au mieux pour les faire rouler (on se demande comment), et ce, jusqu’à l’épuisement du stock.
De toute façon, ici, le contrôle technique apparaît plutôt comme un contrôle fiscal, puisqu’il se résume au simple payement de la taxe afin d’être en règle (mais ce n’est pas un trop gros problème pour les Africains qui doivent surtout se méfier du coût des taxes militaires).

Dès lors, ne devient-il pas encore plus dangereux de conduire avec des véhicules périmés, qui polluent plein pot alors que le prix des épaves d’occasion, lui, s’est envolé depuis la mise en route de cette fumeuse Loi !

Mesdames et Messieurs, LE RESULTAT :




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Posté par admin on mars 1, 2012

Macky le tour ? (Pat Kwhenfairunplat)

- « Est-ce que vous allez bien ? »
- « Comment ça se passe chez vous là-bas ? »
- « Cela semble chauffer chez vous, quand est-ce que vous rentrez ? »

Ces quelques messages nous ont été envoyés par des amis belges effrayés. Visiblement, la psychose des élections présidentielles sénégalaises à haut risque avait gagné notre fan-club.

Il faut dire que les chaînes d’infos françaises en continu, LCI ou France 24, balançaient de gros titres du style « Elections de tous les dangers », « Dakar se soulève », « Le feu des révolutions arabes couve aussi au Sénégal » capables d’aiguiser l’appétit des auditeurs : du sang et des boyaux au plat du jour – ingrédients de base pour grossir l’audimat en attente de la prochaine catastrophe à se mettre sous la dent et qui fera penser que tout compte fait, on est bien mieux en France, renforçons nos frontières et votons Le Pen de mort.

Non, non, rassurez-vous, le premier tour de ces élections s’est plus ou moins bien déroulé.
Ici à Cap Skirring, comme un peu partout ailleurs, ce fut une belle et pacifique journée ensoleillée très agréable à passer.
Le président sortant n’a pas gagné avec 98% des voix comme dans toute bonne dictature qui se respecte. Les résultats attendus et dévoilés à la presse entraînent fort logiquement un second tour de scrutin (des Alpes) qui a de fortes chances de voir le représentant de l’opposition, Macky Sall, ex-premier-ministre du candidat-président, devenir président à la place du président aussi logiquement que le grand vizir Iznogood rêvait de devenir calife à la place du calife.

Il y a bien eu des échauffourées dans la semaine pré-électorale au coeur des grandes villes avec quelques débordements violents à la clé et même quelques morts innocentes.
Ce n’est pas si étonnant lorsqu’on sait que la candidature du président Abdoulaye Wade, âgé de plus de 85 ans, était illégale aux yeux de ses opposants. Pas à cause de son âge canonique qui laisse à penser que le gaillard n’est plus aussi alerte qu’antan (le Sénégalais alerte, le Malien bout), mais bien à cause de son revirement à 180° par rapport à la loi qu’il avait lui-même promulguée et qui lui interdisait de se représenter pour un troisième mandat…
Car, en réalité, il est de notoriété publique qu’Abdoulaye Wade se retirerait une fois élu pour laisser la place à son fils Karim comme le ferait un bon père de famille / un piètre démocrate (biffer la mention inutile).
Finalement, Wade a reculé (Wade retro) et le peuple n’a pas été pris en otage (ô désespoir) pas plus que nous n’avons été découpés à la machette ou jetés en pâture aux crocodiles, Dieu merci / Inch’Allah (biffer la mention inutile).

Dimanche passé, jour du premier tour des élections, nous sommes partis conduire Jonas et sa famille au bureau de vote… autrement dit, les conduire à l’école ! Et oui, comme chez nous, le vote se fait dans les écoles.
Et ce n’est pas lui faire honte que d’affirmer que c’est l’une des rares fois de sa vie où Jonas fréquente l’école.
Comme beaucoup de Casaçais, il n’a pas eu notre chance de suivre plusieurs années d’études. Les finances de la famille ne permettaient pas un tel sacrifice et il fallait plutôt aider les parents et descendre à travers champs pour cultiver le riz sous un soleil de plomb et un air surchauffé, heureusement rafraîchi par les alizés.
Tout le monde sait bien que pour élever sa culture, il faut descendre les champs alizés !
A présent, s’il comprend et parle bien plus de langues que nous, s’il est bien plus débrouillard que nous, il ne sait pas très bien lire, ni écrire (en ayant néanmoins la volonté d’apprendre si on lui en donne encore les moyens).
Mais il n’est pas le seul… Sur son permis de conduire, il y a inscrit « Jonance » comme prénom !
Alors pour voter ici, comme beaucoup ne savent pas lire une liste de noms, il faut choisir parmi les photos des candidats.
D’où l’importance d’avoir une tête bien faite, à défaut d’être bien pleine, lorsqu’on se présente aux élections et de faire appel à un imprimeur qui ne macule pas dans le noir (si, si, ça se dit comme ça) pour imprimer les bulletins de vote.
Lorsque Jonas a fait son choix, on lui a trempé son index dans l’encre rouge indélébile afin qu’il ne se puisse pas aller voter ailleurs une seconde fois. Au Sénégal, ils n’ont pas de bisons, mais ils sont futés !
On remarque ainsi tout de suite ceux qui ne sont pas allés voter. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes qui se plaignent que la vie est dure, que les femmes sont chères et qu’il faut leur donner un peu d’aRRRzent paRRRce que toi, ti es zanti !
Jonas, lui, n’est pas de ceux-là. C’est un être incroyablement doux, aimable et dévoué. Il est marié et a 3 enfants dont 2 jumelles encore toutes petites qui hurlent de terreur chaque fois qu’elles nous voient arriver… Nous, les grands corps malades, blancs comme des cachets d’aspirine !
Son truc à Jonas, c’est la caisse !
Pas celle où l’on passe en sortant, ni celle que tu fous là (« caisse que tu fous là ? ») mais la bonne vieille bagnole de grand-papa, tellement ravagée qu’il faut un pare-choc arrière magnétique pour récupérer toutes les pièces métalliques qui partent à l’aventure découvrir si la vie d’un boulon n’est pas meilleure ailleurs. D’ailleurs, la première fois que nous sommes montés dans la caisse de Jonas, nous nous sommes regardés Marie et moi en implorant par télépathie notre ange-gardien de veiller sur nous pendant le trajet. L’ange Oliver est parti le chercher !
Comme il connait tout de la conduite, depuis la mauvaise jusqu’à la bonne, et que son taxi Renault 18, aussi âgé que le président Wade, a fini par rendre l’âme, on s’arrange pour lui filer de temps à autre notre voiture pendant la journée pour qu’il puisse continuer à travailler.
Jonas nous en est tellement reconnaissant qu’il nous a même une fois invité au restaurant. C’est à ce jour l’unique Sénégalais qui ne nous a pas laissé régler l’addition. Bien que pas trop salée (nous ne sommes pas de gros mangeurs), celle-ci représentait néanmoins une somme conséquente, équivalente à plusieurs jours de travail pour lui.
Un jour, il envisageait de demander un crédit (sans intérêt, ça va sans dire…!) auprès de la banque pour racheter un moteur de voiture d’occasion.
Pour recevoir 500.000 CFA (750 euro), il devait rembourser 1.500 CFA (2,3 euro) par jour pendant 1 an.
Je lui ai demandé combien il gagnait en moyenne sur sa journée de taxi (il balaie la route Cabrousse – Cap Skirring dans les deux sens).
- « 7.000 quand il n’y a pas beaucoup de clients, 10.000 quand ça marche, mais il faut travailler beaucoup, beaucoup », il me répond.
- « Et l’essence, combien ça coûte ? »
- « 10.000 tous les deux jours ».
Donc, 5.000 d’essence par jour + 1.500 de remboursement de crédit + 500 à payer aux gendarmes pour ne pas se faire emm… = 7.000 CFA de dépense journalière, sans compter l’assurance, la vignette, l’entretien de la voiture ou les arrêts de travail causés par les pannes. Il ne lui reste peut-être plus que 2.000 CFA (3 euro) par jour dans sa poche au final. Que d’efforts pour un si maigre rendement !
Mais Jonas le Taximan, c’est sa vie et il aime ça ! Il se promène en voiture toute la journée pendant que les autres vont à pied. Il klaxonne quand il voit une jolie fille. Il hurle « Bou » quand il croise des connaissances (non, ce n’est pas une de ses farces : « Bou » en Diola signifie « ça va ? »).

Jonas, comme dit Marie, il ne sait peut-être pas bien lire ou compter, mais il a « l’intelligence du coeur ».
Celle qui fait qu’on ne lui en veut (presque) pas lorsqu’il rend la voiture qu’on lui a prêtée avec la jauge d’essence dans le rouge alors qu’on avait fait le plein la veille !
Quel malin, ce Jonas ! Moi, je vote pour lui ! Et si c’était lui l’élu ?

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Posté par admin on février 8, 2012

Kinding-Kandab (Ma Brousse de secours)

Pendant ce temps, nous continuons à préparer notre futur verger…

Vu l’intérêt que le vaches risquaient de porter à nos jeunes pousses, il nous a fallut réfléchir au moyen à utiliser, qui soit à la fois bon marché ET efficace, pour protéger nos plantations…
Nous avons alors pensé, outre les briques de ciment, aux branches de palmiers, souvent utilisées ici, par les autochtones, pour construire leurs palissades. Ça tombe bien, il y a au moins vingt palmiers à nettoyer sur le chantier ! Il ne nous reste plus qu’à trouver un gars qui a l’habitude de faire ça, c’est à dire un gars qui récolte le vin de palme (le bunuk en langage local)… et qui ne passe pas trop de temps à le boire, lorsqu’il est bien fermenté…
… Un ange* / djinn* / poulet*, passe… (* selon que vous soyez chrétien, musulman ou animiste)
Il faut dire que c’est un métier acrobatique et dangereux, puisque le récolteur grimpe au palmier à pieds nus, seulement aidé de son « Kanda-bak », simple câble réalisé en feuilles de palmier tressées et gainé de peau de vache (mais non, pas votre belle-mère !), maintenu en cerceau autour de sa taille et de celle du tronc par une fermeture quelque peu bancale : un gros noeud dans une des extrémités que l’on glisse dans l’anse tressée à l’autre bout du bazar…


« Francis-Love » en pleine démonstration

Comme on peut l’imaginer en observant la photo, il arrive que la partie de cerceau qui frotte le tronc cède et… « Bardaff, c’est l’embardée…! »
Quelques intrépides récolteurs finissent donc en piteux état ou se retrouvent carrément de l’autre côté du plancher des vaches à déguster les palmiers par la racine en compagnie de leurs ancêtres… Ayons donc une pensée émue en leur mémoire…
Grâce au ciel, nos palmiers à nous ne sont pas encore très hauts et tout devrait bien se passer.

Nous voilà donc parties, Monika-ma-voisine et Marieke-la-divine (dixit mon nez-pou), avec nos guides Frrrancisss et Dénisss (alias Francis et Denis les fameux basketteurs), afin d’aller chercher le fameux Gérald, » l’homme qui grimpe aux arbres plus vite qu’il n’en descend », dont on nous avait fait la publicité… L’homme-tronc en quelque sorte !

Partis en voiture en direction de Boucotte, nous bifurquons brusquement à droite, sur les indications de Francis, pour emprunter un chemin sinueux et sablonneux qui s’enfonce progressivement dans la jungle.
Ah bon ? On y est déjà ?
Un kilomètre plus loin, le chemin se rétrécit au point que nous devons abandonner la voiture et continuer à pied…
Avec nos petites sandalettes, Monika et moi, on se regarde en faisant la grimace puis, courageusement résignées, nous commençons notre progression tout en écarquillant nos yeux afin de ne pas marcher sur un serpent.
— « Dites les gars, c’est pas trop loin au moins ? », je demande.
— « Non-non, c’est tout prêt, c’est là-bas ! » nous répond Francis en tendant son index vers les grands espaces sauvages qui s’étendent à perte de vue…
Bien ! Marchons donc et profitons du panorama…

Vingt minutes plus tard…
— « T’es sûr que c’est par ici qu’il crèche, ce Gérald ? Ou alors, tu voulais dire là-bas, au fin fond du bout de la brousse ? »
— « Mais c’est pas loin, hein ? » nous répond-il, « c’est là-bas ! » dit-il en pointant son doigt en direction du Kenya !

Plusieurs minutes plus tard, on distingue au loin, camouflée au milieu de la végétation luxuriante, un petit abris en feuilles de palmier séchées, ainsi que quelques bidons multicolores, semblant attester d’une présence humaine… Un bidonvillage local ?


Marizette arrivée à la case-départ…

A l’intérieur, quelques « patibulaires » dépenaillés nous accueillent avec de grands yeux « zéblouis » :
— « Mais que viennent donc faire ces deux « tris zouli toubab », l’une blonde, l’autRRRe RRRousse, dans notre bRRRRousse-là dis-donc ? »
— « On les zette dans la maRRRmite et on les cuit à petit feu ? »
— « Non mon fils, on les gaRRRde avec nous et on manzzze ta mèRRRe ! »


Vas-y Francis, explique-leur !…

Heureusement, Francisss-Love, avec sa nouvelle couronne de tresses, leur fait un topo en diola pour leur expliquer le deal : on vient leur emprunter Gérald pendant quelques jours car on a un job dans ses cordes (autour du cul) avec rémunération à la clé… (pas de son cul, hein !… M’enfin !)
Après moult palabres et discussions animées, le groupe se met d’accord et finit par toper-là !
Du coup, une petite cérémonie s’impose et s’improvise…


Allez, les gars, un p’tit sourire !

Nous scellons notre pacte d’un petit rituel devant le fétiche et quelques ablutions,…


Attention de ne pas trop abluter !

… pendant qu’un des lascars est envoyé faire les courses dans la brousse à la recherche d’une bouteille de « bunukab », le vin de palme du matin, sucré et non fermenté, destiné aux femmes et aux enfants… Le vin des « clettes », quoi !


Monika et Francis tout sourire derrière leurs lunettes de soleil.
Aaah mais Francis, ce ne sont pas ses lunettes, ce sont ses naRRRines !

En attendant la collation, Monika et moi, on se regarde avec un petit rictus crispé digne d’un dernier salon de thé où l’on cause qui pourrait signifier un truc du genre : « A vrèèè dire, três chèèêre, ce « bounou-chose » n’est pôôô vraiment notre tâââsse de thé, mais tâââchons de faire bonne figure et de ne pôôô vexer cééé jeunes guerriers, n’est-ce pas mâ chèèêre… » (prout, si vous voyez le genre !)

Là-dessus, voilà-t-y pas que le coursier revient, triomphant et hilare, muni de sa bouteille de Kirène (l’Evian local) remplie à ras bord de la précieuse substance laiteuse en question…
Le hic, c’est qu’elle est aussi garnie de petites mouchettes, de graines diverses et fétus de paille, de bestioles et détritus flottants en tout genre, fort peu ragoûtants…
Bien malgré nous et notre parfaite éducation, nos rictus se transforment alors en grimaces d’effroi. Beuêêêrk !
Sachant que Monika est encore plus délicate que moi, je sors :
— « Bon, écoutez les gars, on vous aime bien, mais là… là… il va falloir faire un effort, parce que là… là, pour nous, ça va pas être possible ! On veut bien vous faire plaisir, mais là… là : c’est non ! »

Un moment interdits devant notre réaction, nos compères finissent par comprendre la raison de notre changement d’humeur et Denis, très serviable et plein d’astuce et de sens pratique, finit par nous dégotter un morceau de treillis métallique qu’il enfonce alors dans le goulot d’une autre bouteille, de Sprite cette fois, afin de filtrer le breuvage et de nous le rendre acceptable !


Un filtrage scientifique !

La potion ainsi obtenue est donc reversée dans le « Kinding » en terre cuite afin de pouvoir enfin trinquer !
Là… là, allez soit, bon d’accord !


A la… la… santé de tous !

Ah ouaaaais… Ainsi donc, Kinding = pot en terre cuite et Kandab = le cerceau pour grimper au palmier.
C’est ainsi que nous comprenons la signification du fameux « Kinding-Kandab », qui signifie en français : « A votre santé ! »

A très bientôt sur nos ondes wi-fi, pour notre prochaine leçon de sénégalais… et pour la démonstration de la fameuse palissade réalisée en feuilles de palmier (voir en début d’article) qui nous éviteront d’avoir un petit problème dans notre plantation… Pourquoi ça pousse pas !

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Posté par admin on février 1, 2012

Hôôô, mon joli vergééééééer ! (Marrosoir)

Nous voici enfin repartis, pleins d’espoir et de rêves… sur le chemin qui nous mènera au but…
Julie, notre locomotive, a repris le collier et le bleu de travail, pour mettre notre petite équipe à la tâche (remorque) et au labeur (salé). Accompagnée d’Abdoulaye, son voisin de Boucotte, la voici à pied d’oeuvre.


Julie et Abdoulaye, prêts à monter au créneau…

L’une des premières étapes, en attendant que les dernières retouches de gros-oeuvre se terminent dans les bâtiments, consiste en la mise en place de notre futur verger.
En effet, lors de son passage à Dakar, Julie nous a ramené de l’Océanium plusieurs boutures d’arbres fruitiers : un fruit de la passion (mmm!), un manguier (miam), un arachide-toubab (me demandez pas ce que c’est), un anacardier (qui produit des noix de cajou), un dattier (sorte de palmier qui produit… des dattes !), un citronnier (pour agrémenter les Mojito), un corossolier (donnant un fruit délicieux), un avocatier (qui nous défendra en justice…).
Ces pauvres petits pieds d’arbres attendent déjà bien patiemment depuis trop longtemps. Il faut donc agir !
Notre plan a donc été revisité afin d’attribuer la meilleure place à chaque arbre.
Au travail !
Après avoir nettoyé la place, il faut creuser des trous assez profonds pour y intégrer, outre la jeune pousse, tous les ingrédients qui l’aideront à grandir et à nous donner des fruits succulents.


Abdoulaye et Alioune, sous un soleil de plomb, se mettent à l’ouvrage.

Rassemblons donc quelques ingrédients qui nourriront notre verger…


Fleur de palmier et caca de vache… Bon appétit !


De la cendre pour le potage… heu non, pour la potasse !

Ensuite, on dépose avec délicatesse le bébé dans son lit…


Dodo, l’enfant do…

Lââââ… Encore une petite couche de paille, pour qu’il n’ait pas froid…


On tasse bien le tout…

Et ensuite… En prrrrrison !


Nos délinquants juvéniles seraient-ils enfermés dans un centre fermé ?

Mais nooon ! Nos amis ont imaginé ce petit montage « en dur » pour protéger nos plantations… devinez de qui, de quoi ?
Des vaches !
En effet, les vaches vaquent ici en vacances et avancent donc en toute liberté ! Pénétrant sans complexe dans tout pâturage, privé ou non, par quelque brèche dans une clôture ou dans une palissade, là où leur oeil exercé détecte au loin une tendre pousse, une fleur odorante, un fruit juteux… Elles n’en font qu’une bouchée, et hop… « au revoir, merci et broute ma chair » rumine la vache qui rit aux laids !

CQFD : Et voici notre manguier dans son joli petit puits, arrosé avec amour, délice et orgue…


Petit manguier deviendra grand !

Bon, vu de l’extérieur, c’est un peu tristounet, mais patience, patience : « Tout vient à point a qui sait attendre… »

Et voilà, on répète l’opération pour chaque bouture, on arrose chaque soir, et on attend que ça pousse…
Quant à ceux qui voudraient venir gâcher notre travail, qu’il prennent garde : Jo le Taxi veille sur ce petit coin de paradis ! ATTENTION !!!…


Taximan Jonas, un curieux mélange de coq wallon et de clown sénégalais toujours prêt à faire le pitre…


Et le pitre rit !

Bon, il est temps pour vous d’aller enfiler gants, bonnet, écharpe, parka et moon-boots…
Lou, où as-tu rangé mon bikini ?

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Posté par admin on janvier 30, 2012

T’es foot ou quoi ? (Pat Trôfort)

Catastrôôôphe !
Le Sénégal, grand favori de la CAN, est éliminé après deux matches et autant de défaites !
La CAN, c’est la Coupe d’Afrique des Nations, grande compétition de football (et pas de lancer de canettes, comme ces initiales pourraient le laisser penser… encore que matches de foot et lancers de canettes interagissent parfois dans l’esprit du supporter de l’équipe qui perd).
En Afrique, plus que partout ailleurs dans le monde, quand deux pays s’affrontent au foot, tous les rouages administratifs et socio-culturels bi-nationaux sont paralysés pendant deux heures.
Ensuite, gloire aux vainqueurs, haro sur les vaincus.
Du vin, du coeur et du cul !… Finalement, le foot est bien plus romantique qu’on ne le dit !

Ainsi donc, Marie et moi passions la soirée au resto « Le Palmier », situé sur la place de Cap Skirring à l’entrée du Club Med. Pour le rendez-vous romantique, c’était un peu raté car le centre du village était envahi par une faune agitée et multicolore (en réalité, la place était noire de monde, mais ce sont les vêtements qui étaient très colorés). Par contre, l’agitation était bel et bien (caco)phonique. Un public surchauffé était en effet venu en masse pour participer aux festivités de Cap Carnaval et applaudir dans un tumulte indescriptible l’élection de Miss Cap Skirring (et non « Miss Capat’ String »).
Courageusement, nous nous installâmes malgré tout sur la terrasse du restaurant au milieu du barouf.
Après avoir partagé le repas les yeux dans les yeux et les oreilles dans les épaules, la perception brutale de la tranquillité qui suit d’ordinaire les tempêtes nous saisit soudain, sur le coup de 21 heures,…

Silence et calme plat consistant (on était quand même au restaurant !)

- « Mais qu’est-ce qui se passe-t-il donc ici ? Où sont-y passés tous ces gens ? » posai-je comme questions (et oui, au pluriel car j’en avais deux !) à Salsa, la serveuse (elle, par contre, non !).
- « C’est à cause du foot… Ils sont tous partis regarder le match », me répondit-elle.
- « Ah ? Et tu es la seule qui reste… sans doute parce que, comme toutes les femmes, tu as horreur du foot ? »
- « Non, non, j’attends que vous soyez partis !… Allez le Sénégal ! On va gaaagner ! Wââââw ! »
- « OK d’accoooord… heu… et bien, l’addition, s’il te plaît ! »

Et bien non ! Le Sénégal n’a pas gagné. Le Sénégal rentre à la maison. La tête vide et la callebasse !
Comment compenser tant d’attente populaire autour d’un événement par un résultat aussi médiocre ? Quel déchirement pour ce pays de footovores qui seraient capables de pardonner au gouvernement les dettes nationales abyssales en échange d’une simple victoire dans un bête match de foot.
Car il est ici notoire qu’une équipe sénégalaise qui gagne est un outilagréable (en un mot parce que ma nounou portugaise m’a toujours répété qu’il fallait joindre l’outil à l’agréable) pour gouverner les doigts dans le nez et les mains dans les poches des citoyens (au prix d’une gymastique subtile digne des politiciens de haut-vol ou des divinités hindoues) mais une équipe qui perd fait basculer les foules dans la contestation civile et l’effervescence publique. Heureusement pour les « Lions de la Téranga » qu’ils évoluent dans des clubs à l’étranger parce que s’ils devaient rentrer directement au pays, ils risqueraient de se faire découper en petits morceaux pour accomoder le Thiéboudienne.

Du coup, les difficultés politiques du pays ressurgissent de manière d’autant plus brutale qu’on approche des élections.
L’actuel Président sénégalais, Abdoulaye Wade, qui a plus de 85 ans (!!!), s’accroche au pouvoir et cherche à se faire réélire pour un troisième mandat, bravant par la même occasion une loi qu’il avait lui-même édictée, le lui interdisant.
Jeune étudiant dans les années 50, il avait fréquenté de nombreuses facultés, mais à son âge canonique actuel, on a plutôt tendance à les perdre ! L’opposition, pourtant dispersée à l’origine, tente de se regrouper pour l’en empêcher.
La superstar locale Youssou N’Dour (tout le monde connaît « 7 seconds », son duo avec Neneh Cherry)…

… avait décidé de se présenter aux élections, mais sa candidature a été rejetée pour de sombres raisons. D’autres candidats se sont faits malmener et le pouvoir en place est en train de multiplier les coups bas pour discréditer tous les opposants. C’est suite à cela que des émeutes ont éclaté dans quelques grandes villes comme Dakar, Thiès ou Kaolak.

Fort heureusement à Cap Skirring, c’est plutôt le…

calme plat

de résistance ?

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Posté par admin on janvier 21, 2012

A bon entendeur… (Pat Bruit)

Il y a quelques temps, Brigitte, une amie de collège et autrefois collègue de Marie, souhaitait piquer une petite pointe de 3 jours en Casamance. Elle partait avec un ami pour visiter le Sénégal et comptait passer plusieurs jours à la Somone et sur la Petite Côte, dans le Nord du pays. Hébergée à son arrivée par une connaissance qui habitait du côté de Mbour, son premier contact avec l’Afrique ne fut pas des plus réussis. Le couple d’accueil belgo-truc (ce n’est pas une faute – la femme était peut-être bien turque – mais en réalité, sa nationalité restait indéterminée) était tellement spécial que notre amie fut vite refroidie par leur accueil peu chaleureux… Tellement refroidie qu’elle en attrapa une bonne crève bien carabinée de chez nous. Du coup, en prenant contact avec elle via Skype, Marie lui proposa de venir nous rejoindre et, par voie de conséquence, de rester plus longtemps avec nous dans le Sud, en Casamance.

Ainsi fut fait : rendez-vous fut pris et Brigitte rappliqua. Elle passa d’abord deux nuitées dans le centre de Cap Skirring à l’hôtel Balafon (18.000 CFA – 27 euro / la nuit) pour se tourner ensuite vers le Fromager Lodge, situé à Cabrousse, et loger dans une petite case bien sympatypique, blottie au milieu de nulle part. Le Fromager Lodge propose une carte de pizzas (et oui, c’est un italien qui a lancé ce resto), ainsi que des salades et autres plats traditionnels, mais on y loue aussi des chambres (15.000 CFA – 22 euro / la nuit). Le décor y est splendide, bordé de fleurs et de cocotiers. Comme son nom l’indique, le centre de gravité du Fromager Lodge est… un fromager (Non ? Si !). Cet arbre centenaire aux racines imposantes et filandreuses surplombe majestueusement le resto-bar ainsi que la (toute petite) piscine. On peut y grimper pour déguster l’apéro à son aise ou pour un dîner tranquille, tout en profitant du panorama. A l’instar des fameux lodges kenyans, la vue est magi-gnifi-que d’en-haut !

Peut-être que Brigitte laissera un commentaire sur ce blog afin de raconter plus en détail ce qu’elle a pensé de son voyage mais une autre anecdote m’a interpellé lors de son départ. En effet, pour regagner notre plat pays, Brigitte devait d’abord retourner sur Dakar pour prendre l’avion à 120° en direction de Tunis, puis bifurquer à 140° sur Istanbul et virer enfin à 270° pour revenir vers Bruxelles. Si on suit le vol sur une carte, le chemin doit être au moins trois fois plus long que de faire Dakar-Bruxelles en ligne droite. Evidemment, cela prend aussi bien plus de temps. L’avion consomme à coup sûr plus de kérozène et comme il se pose trois fois, il faut payer en toute logique trois fois des taxes d’aéroport. Le prix du pétrole sans cesse en hausse et les taxes d’aéroport surélevées étant, d’après les agences de voyage, les raisons du prix prohibitif des vols depuis la France ou la Belgique vers l’Afrique Noire, une candide question fusa immédiatement…

- Nous : « M’enfin Brigeou, ce voyage va te coûter une fortune ? »
- Brigeou : « Non, non, je me suis renseignée sur internet et c’est le vol le moins cher. »
- Nous : « Hein ? Mais c’est pas Dieu possib’ ? »
- Brigeou : « Mais si, je vous assure ! »
- Nous : « Qu’est ce qu’ils nous bassinent là donc tous avec ces histoires de pétrole et de taxes ? »

Du baratin commercial, tout ça ! Oui, ma bonne dame ! Bande de voleurs ! Escrocs ! Pollueurs !

C’est incroyable ! On paie plus cher l’avion pour aller en Afrique tropicale (là où vivent les habitants parmi les plus pauvres au monde) que pour se rendre un peu partout ailleurs !

Comparons ce qui est comparable, soit le prix moyen au kilomètre vers des destinations en dehors de l’Europe (en Europe, c’est beaucoup moins cher, même pour faire des sauts de puces !).

Vous allez voir, c’est assez édifiant…

Bruxelles – Istanbul (2.178 km) : à partir de 86 € le vol sec = 0,039 €/km
Bruxelles – New York (5.881 km) : à partir de 276 € le vol sec = 0,046 €/km
Bruxelles – Mexico (9.242 km) : à partir de 434 € le vol sec = 0,046 €/km
Bruxelles – Hong Kong (9.392 km) : à partir de 435 € le vol sec = 0,046 €/km
Bruxelles – Tokyo (9.450 km) : à partir de 445 € le vol sec = 0,047 €/km
Bruxelles – Bangkok (9.248 km) : à partir de 467 € le vol sec = 0,050 €/km
Bruxelles – Le Cap (9.526 km) : à partir de 534 € le vol sec = 0,056 €/km
Bruxelles – Chicago (6.666 km) : à partir de 397 € le vol sec = 0,059 €/km
Bruxelles – Dubai (5.152 km) : à partir de 313 € le vol sec = 0,060 €/km
Bruxelles – Madras (7.899 km) : à partir de 476 € le vol sec = 0,060 €/km
Bruxelles – Le Caire (3.216 km) : à partir de 241 € le vol sec = 0,074 €/km
Bruxelles – Dakar (4.468 km) : à partir de 546 € le vol sec = 0,122 €/km
(Source : www.prixdesvols.com – comparateur des vols sur internet)

Et oui, voyager jusqu’au Sénégal coûte beaucoup, beaucoup (et même beaucoup) plus cher qu’ailleurs. Les chiffres le prouvent !

On n’est pas en Egypte, mais cela prouve donc bien qu’il y a des compagnies aériennes qui s’en mettent plein les fouilles
 ;-)
On ne salue pas la compagnie !

Ou alors le fuselage des avions est tellement troué que le carburant fuit de partout au-dessus de l’Afrique (« Ah oui mais ouiiiiii, c’est bien ça !… Voilà pourquoi le delta du Niger est tout noir de pétrole !… C’est pas nous ! ») crient en coeur les patrons de Chevron et Texaco).

Pour faire venir quoi que ce soit en Afrique (des touristes, des ingénieurs, des voitures, du matériel, des colis postaux, etc.), il faut payer le prix le plus élevé de la planète.

Conclusion : rien n’arrive et les africains manquent de tout, rien ne bouge et les jeunes veulent s’en aller.

Qu’attendent donc d’autres compagnies (style low-cost), pour venir s’implanter dans la région ? Une aide financière sans doute (c’est le monde à l’envers) ? Que les concurrents chinois rappliquent avant eux ? Que les poules aient des dents ? Que tombe la neige (tu ne viendras pas ce soir) ?

Pourtant, la Casamance recèle bien des trésors… Bien sûr, on ne parle pas vraiment ici de monuments historiques inouïs, de richesses culturelles flamboyantes, de patrimoine artistique d’envergure historique, d’événements de premier plan. On ne parle même pas de beautés naturelles à couper le souffle en comparaison de l’Himalaya, la grande barrière de corail ou la forêt amazonienne, même si la nature est particulièrement belle ici en Casamance, que l’on se ballade sur les grandes plages désertes de sable fin ou que l’on longe les longs bolongs de l’automne en admirant une végétation luxuriante peuplée d’une multitude d’oiseaux multicolores.

On ne parle pas non plus du climat, pourtant exceptionnel puisque la température ne descend quasiment jamais en-dessous de +14° C (la nuit ! Il faut dire qu’en ce mois de janvier 2012 il fait particulièrement frais au petit matin et que le grand vent nous accompagne dès minuit et jusqu’à midi… Pourvou ké cha né douré pas, hé !) et qu’il n’y a pas un seul jour de pluie de novembre à mai.

Non… La grande richesse de cette région, c’est son capital humain !

On y croise des gens qui sourient et qui vous accueillent avec bienveillance. Des gens capables de vous offrir gîte et couvert, même s’ils sont infiniment plus pauvres que vous.

Certes, TOUS ne sont pas aimables dans un monde parfait (comme partout). Et parfois, quelques « marchands » ambulants arpentant les plages des zones touristiques sont-ils trop insistants, agaçants ou pénibles à supporter. Bien sûr, et c’est plus grave, il y a aussi des braqueurs armés qui volent et des fonctionnaires corrompus qui rackettent.

Mais si on oublie ces derniers, les habitants de Casamance sont, en règle générale, éminemment gentils. Nombre de nos connaissances, venues en vacances dans cette partie du monde, ont eu bien du mal à repartir parce que les gens d’ici sont souvent très attachants (n’est-ce pas Manu ?).
Et en cette époque difficile, où les gens de chez nous souffrent tellement de problèmes relationnels à tous les niveaux, le plus grand atout de la Casamance, c’est la profonde et chaleureuse humanité de son peuple.

Il est plus que temps de le découvrir !…

Et nous l’avons encore redécouvert cette année en savourant l’hospitalité de Bouba…

Notre maison « Casamamita » à La Palmeraie étant indisponible pendant deux mois, Bouba nous a proposé de venir loger chez lui. Comme ça, gratuitement ! On était prêt à payer un loyer mais il a refusé…
Bouba est un jeune artiste peintre qui vit dans une maison à un étage, en bordure de la route qui longe le Club Med et qui va vers le village des pêcheurs. Son nom d’artiste est « Benz » mais il est aussi surnommé « Picasso » (il faut dire qu’ici, tous les artistes se font appeler Picasso). C’est un ami de Mamady (kikadi amidemamadi ?) et Julie s’était déjà liée d’amitié avec lui au printemps 2011. Elle nous l’avait alors présenté et, honnêtement, le connaître et le côtoyer est une excellente expérience que nous recommanderons à tous.
Bouba est quelqu’un de très posé, prévenant et affable. A la manière du vieux sage Yoda de la guerre des étoiles, on pourrait dire que « grande est sa gentillesse et riche est sa culture ». Il connaît parfaitement la région et a déjà accompagné Julie et Marie pour leur faire découvrir de nombreux itinéraires d’excursions.

Son métier, c’est la peinture. Et ce que Benz crée ne ressemble en rien à ce qu’on voit par ici. Ni même en rien à ce que nous connaissons. Ses toiles originales s’ouvrent sur un univers particulier, à la fois déstructuré, onirique et flamboyant de couleurs. Chaque jour, nous prenons le petit-déjeuner au centre de sa galerie, entourés par les quelques dizaines d’oeuvres du maître, et, objectivement, observer ces tableaux est un plaisir pour les yeux. On y découvre à chaque fois de nouvelles petites choses, de nouveaux détails. Pour raccourcir, on dirait qu’on part en exploration au coeur de l’exposition. Les images en disant plus qu’un long discours, voici huit reproductions pour vous faire une petite idée de son style :

Avis aux amateurs d’Art avec un grand A et un petit rt, les prix des toiles signées Benz sont particulièrment intéressants et varient selon le format :

30 x 20 cm : 15.000 CFA (23 euro)
30 x 44 cm : 30.000 CFA (45 euro)
33 x 70 cm : 65.000 CFA (100 euro)
50 x 75 cm : 100.000 CFA (150 euro)
75 x 100 cm : 150.000 CFA (230 euro)
100 x 150 cm : 250.000 CFA (380 euro)

Ce sont quand même des prix à la portée de toutes les bourses, non ? De quoi spéculer sur une future valeur en hausse si vous passez maintenant à l’action…

Commandez une toile de Benz dès aujourd’hui ! En plus, recevez gratuitement un cour de Wolof !

Bon c’est vrai, on fait un peu de promo pour Bouba là, mais il est aujourd’hui le gagnant de notre coup de pouce du jour… lauréat, parce qu’il le vaut bien !

Chapeau l’artiste !

Les seuls problème à loger chez notre ami, sont que les nuits de Cap Skirring sont véritablement plus qu’agitées et que les fenêtres de l’habitation en question sont dépourvues de vitres… Il n’y a que des volets en bois à claires-voies et les rideaux en tissu léger pour nous isoler du monde extérieur… Le calme de la « Casamamita » avec le doux gazouillis des z’oizeaux z’au réveil a fait place à des envahissants bruitages en tout genre, qui font que dormir ici relève carrément de l’exploit du yogi en immersion spirituelle… et qu’on se surprend à conclure qu’il vaudrait mieux être sourd que d’entendre ça !

Jugez plutôt…
Le samedi soir, c’est le pompon : soirée disco au Club Med, en compagnie des vieux tubes d’Abba (Vouuuleeez-vouuus ? Aha !) jusque minuit, suivie d’un concert de djembé (Tèbèlèbèlèp Tom Tomomtom Tom Tomomtom) à Cap jusqu’à 3 heures du matin. Une fois les fêtards épuisés et couchés, on respire pendant un petit quart d’heure, jusqu’au moment où les chiens aboient (Ouah-Ouah) et la caravane passe : coqs, chèvres et moutons (Cocoricooooo, Bêêêêê, Mêêêêê), suivis de près par quelques pintades au cri stupide qui ressemble vaguement au raclement d’un clou tordu sur une vieille tôle rouillée (Krrrr Kwâââck Krrrr Kwâââck Krrrr Kwâââck), défilent sous nos murs.

A 6 heures enfin, le muezzin de la mosquée, insomniaque lui aussi, hurle dans son micro (AAAAAALLLLLAAAAAH) pendant une heure. Même sans micro, il réveillerait tout le monde ! Mais sans doute, les voix du Seigneur sont-elles impénétrables !

Hélas, ce n’est pas encore le moment de s’assoupir alors que le soleil va bientôt se lever car les premiers travailleurs du dimanche, au volant de tacots et au guidon de mobylettes d’un autre temps (Pêt Pêt Pêt Pêt Pêt Pêt), se mettent en route, au nez et à la barbe de nos oreilles éreintées, en exploitant au maximum le potentiel sonore de ces anciens moteurs des années ’60 auxquels on aurait oublié de rajouter un peu d’huile.

Au petit jour, le vent souffle en fortes rafales (Whiouwhiouuuuu) et fait s’écouler, le long des feuilles du ronier qui jouxte la maison, la rosée qui tombe sur le toit, nous donnant l’impression qu’une fine cascade d’eau s’écoule sur la tôle ondulée (Klanbadang Klang Kling Klinbiding).

Bref, à tous ceux qui séjourneront un jour dans le coin, il est toujours utile de signaler qu’il est vraiment difficile de bien se reposer (Zzzzz) la nuit à Cap Skirring sauf si on glisse opportunément dans son sac à dos des boules quiès ou une boîte de valium !

A bon entendeur… Silence !
Arrivée d’air chaud !

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